La harpe du driseoc

Krrrââââââ !!!! On disait autrefois que les corbeaux étaient messagers des dieux... / Puck-le-Fou vous présentera, sur ce blog, la naissance d'une BD celtique et pourquoi pas, quelques vieilles légendes.

05-07-09

Blanc Corbeau, Truie blanche et Blanc Cerf.

Qu'est-ce qu'ils ont donc à être blancs, tous ces bestiaux ?

Je me suis longtemps contentée de l'explication "c'est une couleur pas courante, chez les animaux, alors on la cherche". OK, quand il s'agit de vaches ou de chevaux... Passe encore pour le cerf ou la laie (la truie blanche est en sanglier)... Mais le corbeau ? Bon... Bien sûr, il y a ces sublimes corbeaux freux, avec un bec  dégarni et une face toute blanche... Il y a même (j'ai déjà vu) des corvidés normalement noirs qui écopent on ne sait comment d'une plume blanche (ça fait tache!).

Voilà pour les explications terre à terre se rapportant à ce fameux "corbeau blanc"... Mais comme les légendes celtes sont toujours à  plusieurs niveaux d'explications, il y en a pour tous les goûts et je vais donc vous emmener un peu plus loin...

Voire beaucoup plus loin...

Tout d'abord, il faut se souvenir que, si le blanc est omniprésent dans les légendes celtes (noms basés sur le mot "blanc" ou créatures blanches) bien plus que d'autres couleurs (rouge, noir, vert, surtout, sont récurrents), il figure aussi en place d'honneur dans les cultures grecques et latines, dès la période archaïque. Je n'en prendrai qu'un seul exemple, pourtant : Albe, la ville fondée par Ascagne, fils d'Enée, ancêtre de la gens Iulia (voir Enéide de Virgile pour les explications et carte de la Rome antique pour la localisation). Albe, donc, dont le nom veut dire "blanc", mais pas n'importe quel blanc (car le latin a plusieurs mots pour le blanc) : un blanc brillant. C'est ce même blanc qui est à l'origine de "Albion", pour l'Angleterre (les falaises de craie brillant sur la mer).

Corbeau ou laie, cerf dans les romans tardifs, l'animal recherché est blanc. Est blanche aussi la dame-fée qu'on rencontre de façon pas forcément agréable et qui est toujours très puissante. Ce blanc, j'en suis convaincue, est à prendre dans le sens de "lumineux".

01-07-09

Autour de notre bonne vieille Terre ...

Il y a bientôt quarante ans, les "Frères Jacques" entonnaient "La lune est morte ce soir (...) un homme marche sur le sol de ce vieux miroir aux merveilles".

Le 20 juillet 1969, on marchait sur la lune.

Bon... Qu'est-ce que ça vient faire sur un blog celtisant, cette info (qui n'est pas de première fraicheur, en plus) ? Pas grand-chose, je vous le concède.

Sinon que les astres étaient très importants pour les celtes et qu'un tel évènnement, quand même, ça n'est pas à négliger. D'ailleurs, il a surtout été symbolique, cet évènnement. Après ça, la conquête de l'Espace n'a pas tenté d'implanté une base ou une ville lunaire, comme ça se voyait pourtant dans les romans de science fiction.

L'homme sur la lune... Il y a, de par le monde, des tas et des tas de légendes évoquant une créature vivant sur la lune et la dévorant périodiquement. Parfois, c'est un homme, parfois un lapin, parfois un renard... Ce drôle d'astre qui disparait et repousse chaque mois semble avoir inspiré à peu près de la même manière toutes les mythologies.

Quoique ? Non... Pas vraiment toutes. Il y a des exceptions. Parfois, aussi, la lune est un miroir, ou tout simplement une petite lampe (ça n'explique pas ses changements de forme), ou bien le visage d'une femme sui se tourne (et qu'on ne voit pas quand elle est de dos).

Actuellement, clairement et précisément :

Eclipse totale de soleil, visible en Asie (Inde, Chine), le 22 juillet 2009. La plus longue éclipse de la décennie, y paraît (plus de 5 minutes de totalité)... Rien que pour ça, ça méritait d'en parler.

Et pour ceux qui n'y seront pas parce que, comme moi, ils sont en France, il y a un lot de consolation:

Eclipse de lune par la pénombre, visible en France, le 6 août.

*

Pleine Lune = 7 juillet

Nouvelle Lune = 22 juillet

Peine Lune = 6 aout

Nouvelle Lune = 20 aout

*

27-06-09

Uther Pendragon

Aux 1° pages de GRISANDOLE, il a 32 ans... Et déjà un très long passé que je compte raconter dans d'autres épisodes de la "Geste". Profession: Haut-Roi. Situation de famille: célibataire.

On le voit à plusieurs reprises dans cet épisode, mais il serait plus juste de dire qu'on l'entrevoit.

Les faits dont il est question dans cette histoire sont de trop peu d'importance pour l'intéresser... Il a bien autre chose à faire.

Uther est devenu Haut-Roi alors que la Celtique était livrée non seulement aux saxons et à des luttes internes. Il faut croire qu'il a bien oeuvré car durant la majorité de GRISANDOLE, c'est la paix qui semble dominer.

Ayant déjà évoqué Uther, sur un autre article (cliquez ici) et du fait qu'il est, finalement, un personnage de second plan dans cette histoire, je n'ai pas grand-chose à ajouter à cette fiche...

Ygerne, peut-être ? Qu'il a épousée quelque part entre le tout début et le moment où l'action se met en route...

3° page du 2° épisode

24-06-09

St jean

Encore une fête du feu, comme Belteine... Encore une fête de soltice, comme le précédent article. La date est un peu décalée par rapport à la date astronomique, mais à l'évidence, c'est une fête de solstice quand même.

Que dire de la St Jean d'été ?

Déjà, que c'est la "St Jean d'été", justement... En effet, il y a dans le calendrier pas moins de 5 dates où on fête St Jean (vérifiez donc sur le calendriez que vous avez au mur !). C'est beaucoup, quand même... Les plus connues sont la St Jean d'été (Jean Baptiste) et la St Jean d'hiver (Jean l'Evangéliste)... Ca fait tout de même un peu beaucoup, non ? Et après ça on s'étonnera que ça soit le prénom masculin chrétien le plus porté au monde ! Halalalalaaaaa ! Enfin...

Revenons à notre St Jean d'été et aux feux que, traditionnellement, on allumait à cette date.

Dur de prétendre que ces feux soient de pure tradition chrétienne, je crois... D'autant qu'ils s'accompagnaient de danses autour du feu, voire de sauts au-dessus (si, si !), et de jets d'objets tressés en paille dedans (coeurs, soleils, etc.)

20-06-09

Solstice

Aujourd'hui, à 5 heures 45, GMT, c'est le solstice d'été.

Bon, ça n'a pas l'air de grand-chose, dit comme ça... Ca fait un rien formel, même... Et ça perd toute poésie, du même coup.

Le solstice d'été, c'est pourtant une date éminemment magique... Allez savoir pourquoi, mais c'est au cours de la nuit la plus courte de l'année, parait-il, qu'il faut aller cueillir les simples (herbes médicinales) pour qu'elles soient le plus efficaces posible... Et bien content, encore, si le grimoire que vous avez consulté avant de partir ne vous a pas, en plus, conseillé de les cueillir en marchant à reculons.

Décidément, rien n'est simple, avec les simples et encore moins quand les alchimistes du XV° siècle s'en mêlent... Vous voulez savoir ? J'me demande bie d'où ça sort, cette histoire qu'il faut cueillir les herbes en marchant à reculons... Est-ce que ça ne serait pas une histoire que le diable peut rôder dans le secteur et qu'on pourrait le croiser ? Mouais...

En tous cas, c'est bien compliqué et je me demande si au temps des druides, on ne faisait pas plus simple que ça !

En plus, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais marcher à reculons, surtout la nuit, c'est un bon truc pour se casser la binette en se prenant le pied dans un terrier de lapin.

<<<<< ci-dessus, le marque-page "de démonstration" que j'avais réalisé pour mon stand à St Apollinaire... Réalisation au calame, avec encre de chine, sur papier "vieilli" par mes soins au préalable...

Posté par SeleneC à 06:45 - C- Temps et Fetes celtiques - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17-06-09

Contes d'ici, d'ailleurs et d'autrefois ...

Tout d'abord, de la lecture sérieuse =

La Nuit au Moyen-Age, de Jean Verdon.

Quoique les anecdotes et références aux textes et archives médiévaux se suivent parfois de façon un peu trop systématique, ce qui tend à faire perdre le fil du raisonnement général (des "encadrés" sur la page d'à côté, pour certains, auraient peut-être été mieux), l'analyse de la perception de la Nuit, via ses aspects démoniaques, humains et divins est très intéressante et très instructive, même quand on a déjà plus qu'un pied dans le Moyen-Age... Et pourtant, je pense que ceux qui ne sont pas très médiévistes y trouveront quand même de l'intérêt, quand ça ne serait que par les références qui émaillent l'ouvrage et dont certaines sont des anecdotes assez délicieuses.

Ensuite, un petit voyage loin des terres celtes...

avec un recueil de contes vietnamiens = "le Lac né en une nuit"

*

Que viennent faire ces contes-ci dans un blog d'univers celtique ?

Cela pourrait tenir aux nombreuses fois où j'ai la sensation que la pensée celtique païenne (celle dont on n'a plus que de vagues indices) et la pensée extreme-orientale ont des points communs, mais ça n'est pas ça... Non, pas du tout.

Outre que j'ai été charmée par ces contes, ce qui est le cas de bien des lectures (et je ne peux pas toutes les reporter ici), j'ai été assez amusée de retrouver dans certaines de ces histoires des airs de vieux contes ou légendes de par chez nous.

Celle-ci évoque très nettement Cendrillon, celle-là a un air de parenté avec l'épée Excalibur et la Dame du Lac (en plus élaboré)...

Les mêmes esprits auraient-il soufflé à l'oreille des conteurs, en des lieux tellement éloignés ?

*

Et tant que j'en suis à faire un petit voyage en orient...

Le sumo qui ne pouvait pas grossir...

D'abord parce que j'ai aimé ce livre, qui parce de différences et d'acceptation de soi, ensuite parce que même si c'est une impression trompeuse, il y a, au premier abord (au tout premier!) quelque chose, entre la lutte celtique, la lutte scandinave, la lutte mongole et le sumo... Par la posture de départ qui place les lutteurs appuyés l'un contre l'autre. Posture qui n'a rien de bien extraordinaire, après tout... Mais les règles et les techniques diffèrent énormément, et de façon peut-être révélatrice.

J'avais, dans un article de l'ancienne forme de mon site, parlé de ces choses. Il faudra que je revienne dessus ici-même, un jour.

Posté par SeleneC à 05:48 - A- Festivals, rencontres, lectures ... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

13-06-09

. Il était une fois... (4° épisode)

Penché sur le sol gelé, Lamios cherche les traces qu'on a perdues depuis déjà un bout de temps. Semias a renoncé pour souffler dans ses doigts avec acharnement. Bréa regarde tout autour d'eux. Il n'aime pas la forêt. C'est trop facile pour les bêtes dangereuses de s'y cacher et pas assez facile d'y avancer à cheval.

Il préfère les herbes hautes et les buissons. Là, lui et Cheval-Soleil sont les maîtres, et quand il a une pique au poing, ils sont plus forts que le sanglier ou le loup. Ici, c'est différent. C'est leur domaine. Ils sont peut-être là, tout près, et on ne les voit pas. Ils sont sûrement tout près. Bréa a la sensation de regards braqués sur lui. Des tas de regards. Il en est sûr, parmi ces regards, il y en a un qui est plus perçant, plus mordant. Est-ce que c'est le cerf qu'ils ont poursuivi, ou bien une louve qui aurait sa tanière près d'ici ? ou bien, pire encore, est-ce que ce c'est l'esprit de la forêt qui les regarde, eux qui viennent de là où le vent souffle et sont entrés dans son domaine ?

-" On le trouvera pas... Faut faire demi-tour. J'ai pas envie de passer la nuit ici."

Lamios se détache enfin du sol trop gelé. Semias, le poing serrant la bride de son cheval, a un air qui ne laisse pas prise à la discussion, et de toutes façons, les mèches blanches qui partent à l'assaut des cheveux roux sont une interdiction absolue de discuter. Pourtant, Lamios regarde son frère, quêtant de sa part un soutient, mais Bréa, lui aussi, est pressé de repartir. Même les chiens ont l'air d'avoir peur.

-"C'est quand même dommage... Il est blessé... Et on a besoin de gibier."

Semias ne répondra pas. Il est déjà reparti. Bréa sait que son frère dit vrai. Il sait aussi que rester ici pour la nuit serait se mettre à la portée de tous les dangers de la forêt. Il faut repartir, avant qu'il fasse trop sombre pour avancer.

Les arbres qui restent garnis en hiver, ça n'est pas normal. Il y en a pourtant beaucoup dans cette forêt. Bréa en est de plus en plus sûr, ça n'est pas une forêt normale. Il en est de plus en plus sûr, le regard qu'il sent fixé sur eux est celui d'un être de l'Autre Monde.

C'est l'heure où les oiseaux de nuit se réveillent. Ces bêtes-là non plus, elles ne sont pas bien normales, de pouvoir se passer de la lumière du jour. Il ne fallait pas venir chercher le cerf blessé dans la forêt, surtout que, pour ça, il a fallu, d'abord, passer une rivière. Il ne fallait pas. Cet endroit est un autre monde. C'est dangereux d'y rester, mais sûrement pas à cause des loups. 

Les loups, encore, ça n'est jamais que des animaux. On peut en tuer quelques-uns et espérer que les autres vont reculer. Les esprits, ça ne se tue pas. Bréa n'est pas seul inquiet. Cheval-Soleil tire sur sa bride. Il faut le retenir, sans quoi, il va dépasser Semias, et ça, Bréa n'y tient pas.

Finalement, entre les branches, un ciel déjà enflammé s'entrevoit. Enfin. Bréa, de soulagement, a un temps de ralentissement, et puis presse un peu le pas. La lumière du soleil couchant entre les dernières branches... Il s'en remplit les yeux, en tapotant déjà l'encolure de Cheval-Soleil.

Et là, en sortant de la forêt, juste devant eux, dans le soleil, il y a un jeune sanglier dont le poil roux brille à en paraître, par endroits, presque blanc.

Sémias a levé sa pique. Lamios, qui marchait un peu en arrière, lâche sa monture pour accourir. Bréa pousse un peu Semias, qui se laisse écarter pour laisser passer ce garçon dont la jeunesse a déjà prouvé qu'elle alliait force et habileté. Lui-même sent venir le moment où il ne sera plus guère prétendre qu'à l'expérience et peut-être à la sagesse. Il fait asseoir le chien-chef tout près de sa jambe, où il pourra le surveiller. Les quatre autres, du coup, n'avancent pas plus. Il retient Lamios, dont le pas trop brusque risque de donner l'éveil à l'animal en train de briser la croûte gelée pour se nourrir de ce qui est dessous. Ils regardent Bréa monter à cheval sans un bruit, masqué par les branches de l'un de ces arbres de l'hiver qui ne perdent pas leurs feuilles. Ils serrent leurs piques au moment où Cheval-Soleil s'élance comme une flèche. Au moment où l'arme de Bréa reste fichée dans la bête ils s'élancent à leur tour. Bréa, lui, à sauté à terre, le grand poignard qu'il a au côté, bien en main. Plus âgé, le sanglier aurait chargé, mais il cherche plutôt à fuir.

Sur un côté, il y a la bête à grands sabots qui bat l'air pour le frapper quand il approche. Sur deux autres, des deux-pattes avec des choses brillantes et qui piquent comme celle qui est plantée dans son côté, brandies en avant. Il y a des bêtes à crocs avec eux. Sur le dernier côté, il y a encore un deux-pattes, qui a lui aussi une chose brillante, mais qui la tient tout contre lui, sous lui, même, car il est penché. Il fait moins peur. C'est ce côté que le mangeur de racines et de vers choisir pour s'enfuir. Le grand poignard jaillit en avant et se plante dans son cou.

Bréa se redresse, un peu étourdi. Lamios et Semias le regardent sans avancer. Derrière lui, le soleil est devenu rouge, et le vent soulève ses cheveux. Ils ont l'impression que quelque chose vient de se passer qui n'était pas tout à fait une chasse ordinaire.

Cheval-Soleil fait le tour de la bête abattue, prudemment. Il va, se placer près de son maître qui se laisse envelopper par le vent. Bréa sent un souffle chaud remplacer le froid, du même côté. Lui, Cheval-Soleil, le vent, ils font partie du même monde. Celui où il y a le ciel au-dessus, avec le soleil le jour et la lune la nuit. Le vent est la course des chevaux, la vie qui parcourt les herbes quand elles sont hautes et le manteau de givre des buissons. Là, à terre, il y a ce que l'esprit du monde sombre de la forêt a bien voulu leur donner.

Quand Semias, enfin, s'approche de lui, avec bien plus respect qu'un homme de cet âge et de cette expérience n'en donne à un si chasseur, aussi habile soit-il, le soleil est passé sous l'horizon.

Sémias a levé sa pique. Lam, qui marchait un peu en arrière, lâche sa monture pour accourir. Bréa pousse un peu Semias, qui se laisse écarter pour laisser passer ce garçon dont la jeunesse a déjà prouvé qu'elle alliait force et habileté. Lui-même sent venir le moment où il ne sera plus guère prétendre qu'à l'expérience et peut-être à la sagesse. Il fait asseoir le chien-chef tout près de sa jambe, où il pourra le surveiller. Les quatre autres, du coup, n'avancent pas plus. Il retient Lam, dont le pas trop brusque risque de donner l'éveil à l'animal en train de briser la croûte gelée pour se nourrir de ce qui est dessous. Ils regardent Bréa monter à cheval sans un bruit, masqué par les branches de l'un de ces arbres de l'hiver qui ne perdent pas leurs feuilles. Ils serrent leurs piques au moment où Cheval-Soleil s'élance comme une flèche. Au moment où l'arme de Bréa reste fichée dans la bête ils s'élancent à leur tour. Bréa, lui, à sauté à terre, le grand poignard qu'il a au côté, bien en main. Plus âgé, le sanglier aurait chargé, mais il cherche plutôt à fuir.

Sur un côté, il y a la bête à grands sabots qui bat l'air pour le frapper quand il approche. Sur deux autres, des deux-pattes avec des choses brillantes et qui piquent comme celle qui est plantée dans son côté, brandies en avant. Il y a des bêtes à crocs avec eux. Sur le dernier côté, il y a encore un deux-pattes, qui a lui aussi une chose brillante, mais qui la tient tout contre lui, sous lui, même, car il est penché. Il fait moins peur. C'est ce côté que le mangeur de racines et de vers choisir pour s'enfuir. Le grand poignard jaillit en avant et se plante dans son cou.

Bréa se redresse, un peu étourdi. Lam et Semias le regardent sans avancer. Derrière lui, le soleil est devenu rouge, et le vent soulève ses cheveux. Ils ont l'impression que quelque chose vient de se passer qui n'était pas tout à fait une chasse ordinaire.

Cheval-Soleil fait le tour de la bête abattue, prudemment. Il va, se placer près de son maître qui se laisse envelloper par le vent. Bréa sent un souffle chaud remplacer le froid, du même côté. Lui, Cheval-Soleil, le vent, ils font partie du même monde. Celui où il y a le ciel au-dessus, avec le soleil le jour et la lune la nuit. Le vent est la course des chevaux, la vie qui parcourt les herbes quand elles sont hautes et le manteau de givre des buissons. Là, à terre, il y a ce que l'esprit du monde sombre de la forêt a bien voulu leur donner.

Quand Semias, enfin, s'approche de lui, avec bien plus respect qu'un homme de cet âge et de cette expérience n'en donne à un si jeune chasseur, aussi habile soit-il, le soleil est passé sous l'horizon.

*

Cinquième épisode dans 6 semaines (environ).

Tous les épisodes parus sur le blog = ICI.

L'histoire est lisible aussi sur le site.

*

*


Découvrez Dan Ar Braz!

billet d'avion

*

10-06-09

Travail estival

C'est l'été (pas sur le calendrier, mais niveau météo, si).

Y'a des jours de grand soleil, des jours orageux, on peut dire que c'est l'été.

Du coup, j'ai ressorti mes aquarelles et mes pinceaux, et tant que j'ai pas, pour telle ou telle raison, à courrir à droite et à gauche, je colorise.

J'ai un peu l'impression de ne pas avancer, mais à en juger par le niveau de certains de mes godets, ça doit être une impression fausse.

J'ai aussi décidé de mettre à profit le beau temps qui permet d'aérer pour finir le panneau magnétique que j'ai décidé de peindre chez moi.

Cet hiver, je n'aurai pas de lumière, et je reprendrai les travaux de gestion du site... C'est drôle, finalement, comme même à notre époque, on peut être dépendant du cycle des saisons.

Et c'est pas désagrable de se rendre compte qu'on est pas encore complètement affranchi de ça via les miracles de la modernité.

Suis allée, vendredi 5 juin, aux Etats Généraux de la BD, à Lyon...

Hyper-intéressant, mais, hélas, ça serait trop long et trop compliqué de tout raconter.

Par contre, si ça vous intéresse, il y aura sûrement dans les temps à venir un compte-rendu sur le blog de l'Epicerie Séquentielle (cliquez ICI).

*

Extrait tiré de la planche présentée en vignette cliquable (2° page du 2° épisode)

*

*

Une "maquette provisoire" ayant été réalisée en mars-avril, pour le 2° épisode, afin de pouvoir donner "une idée de" ce que sera le résultat, j'ai décidé de mettre désormais des planches en cet état sur le blog...

Je pourrais mettre des planches du 1° épisode, vous me direz... Mais décidément, la phase de colorisation me donne une impression de frustration.

Vu que je colorise par touches de couleurs successives et toutes les planches en même temps, je n'ai même pas l'impression d'avoir des images qui avancent plus vite que d'autres (scrogneugneu!)...

Posté par SeleneC à 05:49 - - Sous le crayon - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06-06-09

Les deux Yvain

Les romans arthuriens font très clairement mention de DEUX chevaliers nommés Yvain, et étant frères.

Je n'ai pas inventé ce point de détail original, et vous admettrez qu'il aurait été dommage de passer à côté.

L'un des deux est dit "Yvain au lion", l'autre est dit "Yvain Gwri". Parfois, il est spécifié que l'un des deux est un bâtard (ce qui explique un peu le doublon sur le prénom, puisqu'alors, ils n'ont pas la même mère).

Dans mon histoire, le coupable dudit doublon est Uriens, leur père... Mais ils n'ont effectivement pas la même mère. Ceci dit, j'ai fait là une entorse aux coutumes celtes, qui veulent que le nom soit donné par la mère (et uniquement par elle). Dans un monde qui a connu la romanisation (nom donné par le père), ça ne doit pas être trop grave !

Quittons un peu le 1° degré...

Que veut dire "Gwri", tout d'abord ? Je me suis, je l'avoue, beaucoup creusé la tête, a cause de ce mot.

On peut le rapprocher de "gwr" (homme). C'est déjà un sens qui vaudrait d'être retenu, et c'est d'ailleurs celui que j'ai donné au surnom reçu par la premier Yvain, dans ma BD (je lui réserve un bel avenir initiatique, à ce petit Gwri). On pourrait donc s'en tenir là...

Mais, et c'est sûrement beaucoup plus intéressant au point de vue de l'étude du mythe (arthurien?) du chevalier au Lion, Gwri peut aussi, tout simplement, se rapprocher de "gwriffret" (lion).

Un autre chevalier de la Table Ronde s'est nommé Gwriffret (encore un ?). Il s'agit de l'un des cousins de Lancelot. On l'appelle aussi "Lionel". Chez moi (trouvez ça bizarre si vous voulez), cette manie de coller des lions partout a eu pour effet que j'ai évacué autant que possible les noms ayant rapport au lion. Seul épargné : le surnom "Yvain Lion" (reçu tardivement). Une petite allergie à ces gros félins envahissants, en somme !

Et puis, bon sang, qu'est-ce que des lions viennent faire dans les légendes celtes ? Ben non, pourtant... C'est pas une erreur, c'est pas un apport tardif. Ils y sont arrivés très tôt.

Sûrement un résultat des nombreux échanges que les celtes ont eu avec des régions un peu plus chaudes (commerce, pillages, ou envoi de mercenaires...). Le lion, donc, s'est importé dans les légendes, comme le font les animaux fabuleux. Il y est au même titre que le dragon. C'est une créature dont on parle mais que bien peu ont vue. Autant dire : une créature d'Outre-Monde. Plus tard, il détrônera le roi des animaux, l'ours, mais ce temps n'est pas encore venu.

Quand aux "deux Yvains", on peut supposer qu'ils résultent des différentes traditions qui se sont faites dans une langue (celte) ou dans l'autre (normand), et de la volonté d'un auteur, un jour, de réunir les deux personnages.

*

03-06-09

Evolution d'un dessin

Morrigan... Premier passage sous mon scanner.

Déjà bien avancé, la dame des Batailles.

Je regrette un peu de ne pas l'avoir scannée à l'état natif, c'est à dire, à l'esquisse "état brut"... Mais on aurait sans doute pas vu grand-chose, ou alors, en fonçant les traits ?

2° scann'... Assez peu de temps avant le suivant.

Ca se précise.

Là, j'avais cru que c'était fini, mais je me suis rendue compte après coup qu'il y a un point de déséquilibre à rectifier. Une abominable ligne pas harmonieuse du tout... Et aucune des personnes à qui j'ai montré ça ne m'en a fait la remarque. On m'a dit d'autres trucs (par exemple, sur la jambe qui n'apparait pas), mais cette ligne qui me choque... Ben non, personne n'a vu !

Bon, ben, je file rectifier ça, moi !

Posté par SeleneC à 05:52 - - Sous le crayon - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
Page suivante »