La harpe du driseoc

16 mai 2012

* A cause d'un songe

Appel-Autres-Mondes

Au commencement, il n'y avait rien... Ou si peu de choses...

Il y avait un songe, mais ce songe, comme il n'est pas aisé de le désigner sans le nommer, nous allons le nommer Bah. Comme tous les songes, celui-là, peut-on penser, était enfermé dans un crâne, mais à vrai dire, la chose n'est pas certaine. Que peut savoir de son songeur un songe ? Que peut-il même savoir de sa propre nature de songe ?

Bah était un songe grandiose, exubérant. Il n'avait jamais assez de couleurs, jamais assez d'espace, jamais assez de sons, jamais assez de souvenirs à malaxer, jamais assez de sensations à décomposer et recomposer. Comme un enfant qui arrache les pétales d'un bouquet pour dessiner une mosaïque, il construisait sans cesse de nouvelles merveilles. Comme un enfant qui agite des clochettes et leur préfère encore les fruits secs qu'il a mis dans un gobelet d'argent, il expérimentait tout ce qui lui venait, et il lui venait sans cesse de nouvelles choses.

Bah, comme tous les songes, ne pouvait franchir les murailles du sommeil. Dans cet univers infini qui était le sien, elles étaient la seule entrave à ses jeux, et parfois il se laissait aller un instant à les regarder en y cherchant une porte.

Il n'était pas malheureux, ce n'était pas ça... Mais derrière cette muraille, sûrement, il y avait encore d'autres sensations ! Il y avait certainement un foisonnement de choses avec lesquelles il pourrait façonner le rêve ! Bah, quand il regardait la muraille du sommeil était pris d'une soif dévorante, d'une avidité sans fin, d'un désir rapace. Si seulement il avait pu la franchir rien qu'une fois ! Rien qu'un instant ! Mais elle restait là, infranchissable. Et lui retournait en général bien vite à ses jeux remuants et colorés de sonorités et d'odeurs.

Jusqu'à ce jour où, justement, une porte s'ouvrit sous sa main et où il la passa.

De l'autre côté...

Un vide glacial, terrible, plus froid que cent fois la plus mauvaise des sensations de froid qu'il aie jamais trouvées là d'où il venait. Plus noire que la pire obscurité qu'il y aie jamais connue, aussi. Plus silencieuse, également.

Bah connut l'horrible sensation (mais les songes ont-ils des sensations?) de se trouver en un lieu dénué de la moindre sensation et n'en ayant jamais connu aucune.

Bah sentit quelque chose en lui se serrer, devenir à la fois tout dur et tout mou, et il comprit qu'il était en train d'inventer une sensation, mais il ne savait pas laquelle. Il chercha autour de lui la porte dans la muraille du sommeil, mais ne la trouva pas. Il aurait sûrement pleuré s'il avait eu un corps, mais les songes en sont dénués, alors il cria, comme un enfant perdu. Dans le grand vide glacé et obscur, il cria à faire tomber les étoiles s'il y en avait eu.

Et le dormeur se réveilla.

Car qui dit songe dit dormeur, et Bah, comme tous les songes, avait un dormeur.

Devinant la présence du songe dans le noir, ou bien sentant sa frayeur, le dormeur tourna vers lui le regard de ses yeux mi-clos qui laissaient filtrer un peu de lumière. Bah, bien qu'il sente confusément que la porte dans la barrière du sommeil lui était désormais interdite, s'en sentit tout à coup rassuré.

Puis, s'asseyant, le dormeur fit signe à Bah de venir plus près et se mit à façonner entre ses mains une petite boule de lumière, avec laquelle Bah joua un moment devant son sourire attentif. Quand elle se mit à perdre de sa lumière, le dormeur en fabriqua une autre, puis une autre encore.

Bientôt, pour mieux amuser encore le songe, il se mit à les jeter en tous sens, et elles restaient là où il les jetaient, parce que comme il n'y avait rien, il n'y avait pas de pesanteur pour les faire tomber.

Et bientôt, Bah se mit à battre des mains en regardant les sphères de feu tourner et tourner dans le noir. Le dormeur en avait fait de grosses et de petites. Les petites tendaient à tourner autour es grosses. C'était beau.

Il faisait toujours aussi froid, ou pratiquement, mais les songes n'ayant pas de corps, il suffit de peu de choses pour les réchauffer. La seule vue des globes de feu et de leur lumière faisait oublier à Bah toute envie de retourner de l'autre côté de la barrière du sommeil. Il s'écoula même quelques millions d'années avant qu'il remarque que le dormeur, facétieux, avait façonné aussi des boules de glace.

Puis Bah remarqua que même les boules les plus grosses perdaient de leur lumière, et son entrain s'en vit un peu entaché d'inquiétude, à l'idée que... Que quoi, au fait ? Les songes ont mémoire un peu trouble, il ne savait plus très bien.

- « C'est ainsi...

- Ne peux-tu pas les faire autrement ?

- Tu avais peur du noir ? A présent, que te faut-il ? Joues... Et laisse-moi dormir. »

Mais il n'est pas aisé de dormir quand on a près de soi un songe qui s'évertue à remplir même juste un peu du grand vide intersidéral avec toutes les sensations qu'on a dans la tête.

Le dormeur, bien sûr, aurait pu aller s'installer plus loin, dans l'immensité de l'Univers... Mais lui-même étant infini ça n'était pas vraiment aisé.

Croyez-moi... Si jamais un jour, d'aventure, vous devez vous trouver face à face avec un songe échappé de votre cervelle pendant votre sommeil... Même s'il fait froid, même s'il a peur du noir, ne vous laissez pas attendrir. De toutes façons, il sera bien mieux sous votre crâne.

*

*

Texte créé pour l'Appel à Texte Hiver 2012 du Zine Autres Mondes dont le thème était "Glaces galactiques".

L'un des membres du jury  commenté que Bah est un rêve qu'on aimerait faire au moins une fois dans sa vie... Hem ! Mis à part que ça pourrait devenir encombrant d'un point de vue cosmique, je me demande si Bah n'est pas un peu (quelque part, quand même) le genre de rêve à vous rendre insomniaque jusqu'à la fin du Monde !

Inspiré de la cosmogonie védique (dont j'ai bien du mal à extraire de quoi faire un article mythologique, parce que c'est pas simple du tout !!!)

La liste et le classement des textes réalisés pour ce concours (avec éventuellement les liens permettant d'aller les lire) sont disponibles à cette page.



09 mai 2012

Juste un peu de poussière brillante / ep 6

Mais cela n'eut pour effet que d'attirer sur Sualocin l'attention de Lycaon et celle du poignard que, comme tout pilote, il avait toujours avec lui. L'usage normal de cet objet qui était de trancher des lanières, se trouvant ici détourné comme cela arrivait parfois dans certains astroports mal famés. Le rapport de force physique, entre eux, étant très nettement en faveur de Lycaon, le combat avait débuté en sa faveur.

Et puis l'appentis s'était écroulé, juste au moment où Sualocin, plus agile, et aussi ayant plus de souffle, réussissait à se dégager.

 

Texte-Suolacin

 

La surprise, ou bien l'horreur ont fait perdre à Sualocin perdre le temps qu'il aurait dû consacrer à estourbir son adversaire pour le compte. Par bonheur, celui-ci s'est trouvé encore plus choqué que lui.

L'un et l'autre se sont mis à écarter les moellons... Mais il fallait se rendre à l'évidence. Où qu'il conduise ces gens qui l'attendaient près de l'astroport, les façades, là-bas, n'auraient pas des sculptures de fleurs pour les orner. L'habit que porterait Mirac quand il serait en âge de piloter un vaisseau spatial, ne serait pas brodé des légendes de sa famille.

Les larmes ruisselaient sur le visage de Sualocin, mais il devait retourner vers l'astroport.

Inutile de songer à emmener Lycaon... Après s'être déchiré les doigts à retirer des gravats, il était resté prostré longuement, et maintenant, il oscillait de la tête mécaniquement, l'air hagard, poussant de temps en temps un petit hululement interrogatif.

Il fallait partir avant l'aube, pour que l'ennemi ne s'étonne pas de voir autant de monde entrer dans un si petit appareil.

barque

Son bras lui faisait mal. Rangeant son pisto-laser, et réfléchissant déjà au moyen par lequel il serait possible d'aller discrètement chercher quelques tenues spatiales dans les réserves, afin de constituer un équipage pour un voyage long cours, et surtout de pouvoir effectuer des sorties sur les planètes qui se présenteraient, Sualocin se remit en route.

Minkar et Mirac n'ont rien dit quand il est revenu seul. L'un était trop affolé, sa bouche restait ouverte sur le vide. L'autre parce qu'il avait compris, et qu'il s'efforçait de calmer les inquiétudes pour que le groupe avance en silence.

De rêves flous viennent hanter le casque que Suolacin a fixé sans bien y prendre garde.

Ça n'est pas prudent. Quand son esprit vagabonde, il arrive que d'étranges choses se produisent. Il tient ça de sa mère, sans doute... Et même, en dormant, elle déplaçait toujours des tas de choses.

Une fois, même, un radar brisé par une navette accidentée s'est réparé tout seul...

Un jour, son fils, ou bien son petit-fils, poseront Pégase quelque part... Il sera suivi d'autres appareils... Tous avec des équipages d'hommes et de femmes pleins d'espoir et de bonne volonté... Et là où il se poserait, une cité naîtrait, qui aurait en elle les splendeurs réunies des cités de Taygetos et de Yilduz.

Il avait aperçu, dans les combats, un appareil venant d'Alpha et qui était piloté avec cette même adresse qu'autrefois sa cousine Altaïr mettait à jouer avec les petites navettes à autonomie réduite entre les astéroïdes du secteur minier. Est-ce qu'on lui avait laissé épouser Nunki ? Quand il avait quitté la station, ça n'en prenait guère le chemin... Le pauvre était là-haut plus mal considéré encore que le vieux Minkar dans la cité de Yilduz. Son crime n'était pas grand, pourtant... Seulement d'avoir aidé son frère à s'enfuir vers une cité-satellite rivale, où il désirait se marier. Il n'en avait pas le droit. Il avait à peine achevé ses études, sa dette à la cité n'était pas remboursée.

Les écouteurs grésillent.

Sualocin prend le risque de baisser un peu le bouclier magnétique, malgré les nombreux vaisseaux qui l'entourent, de l'un et l'autre camp. Tous semblent en phase de repos, mais il faudrait sans doute très peu de chose pour que les combats reprennent, et il ne peut pas prendre le risque de se trouver au milieu de ça. Pas avec un appareil surchargé de passagers.

Ce n'est aucune des voix auxquelles il s'attendait. Aucun des pilotes de sa petite escadrille, ni aucun des chefs de la cité. C'est une voix de femme, mais solide et ferme comme celle des pilotes de vaisseau. Presque une voix d'homme. Aucune femme de la cité terraformée ne lui a jamais fait entendre cette voix.

Elle lui dit la direction à prendre.

neige

Et puis, tandis qu'il continue d'avancer, elle se place dans son sillage, avançant à rebours, canons en préchauffage pour tirer sur ceux qui auraient l'audace d'attaquer.

Petit à petit, Sualocin voit se détacher de la masse des combattants en vol stationnaire le silhouettes bien connues de ces appareils auxquels il a donné tant de son cœur et de sa patience : les frères et les fils de Pégase. Puis quelques autres...

Quand, enfin, un gros vaisseau-amiral se décide à ouvrir le feu, les canons d'Altaïr se déchaînent aussitôt. Sualocin a un pincement au cœur. Ce monstre qui vient de se volatiliser sous ses yeux portait le même emblème que le vaisseau de sa mère. Il est trop sentimental... A coup sûr, il doit tenir ça de sa mère. Presque tous les jours, étant enfant, il entendait ses tantes se mettre à quatre pour reprocher ça à sa mère. Le seul fait de se marier, dans les stations spatiales, était un signe de sentimentalisme. L'état normal des choses était qu'un enfant soit élevé par sa mère sans qu'on se préoccupe du père. Cela avait été le cas d'Altaïr. Cet état de choses n'empêchait pas certains couples de rester soudés très longtemps... Les tracasseries de couloir autour de leur union officielle avaient sûrement été pour beaucoup dans la séparation des parents de Sualocin. Personne, dans la station, pas plus que dans la cité terraformée, n'avait apprécié cette union incongrue et superflue.

Mais tout cela est bien loin...

Un jour, Pégase se posera sur une planète terraformable... Son fils, ou bien son petit-fils ancrera dans le sol les patins de l'appareil... Et puis il ira explorer les lieux avec quatre ou cinq compagnons, et ils ramènerons des échantillons. Ensuite, une cité-satellite se construira, pour y fabriquer les éléments de terraformation... Et puis...

Une petite main tire la manche ensanglantée de Sualocin. Une voix rauque et usée pousse un cri.

Déchiré par le couteau de Lycaon, le cheval ailé brodé en blanc sur le bras de la veste de pilotage bleu sombre est en train de prendre une teinte sinistre.

Un jour, les écrans d'analyse de Pégase afficheront des résultats optimums pour la terraformation d'un secteur planétaire... Des résultats tellement parfaits qu'il sera à peine utile d'ajouter quelque chose à l'œuvre de la nature... Il suffira de se poser...

Sur l'écran panoramique face au siège de pilotage, il y a comme une grande toile sombre où on aurait déversé de la poussière d'or et qu'on serait en train de laver.

Le vieux Minkar aimerait bien prendre le temps d'être satisfait de son œuvre. La supra-réaction, l'hyper-bouclier et les convergeo-stabilisateurs se combinent à merveille.

Pégase n'a jamais si bien mérité les grandes ailes blanches peintes sur ses flancs noirs.

 

*

Suite dans 3 semaines

 Episode 1 = cliquer ICI.

 

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02 mai 2012

Carrefour culturel

Il y a... Oh, bon sang ! Déjà sept ans ?Il y a donc sept ans... A l'époque où je visais plutôt à l'animation culturelle qu'au domaine artistique et où je n'avais pas encore rompu les ponts avec ma vocation d'origine, c'est à dire l'Histoire, la belle, celle avec un grand H, celle de la grande famille humaine et qu'il est beau de faire connaître, en ce temps-là, donc, j'ai participé à la mise en place du premier festival  Atakora Festafrika.

Quelque chose de vraiment inoubliable... J'ai participé aussi aux deux autres éditions. Il n'y en a plus eu ensuite. Mais ça reste ancré quelque part...

Pourquoi je parle de ça ?

Peut-être parce que la saison s'y prête... Peut-être parce que j'ai le vague à l'âme et les souvenirs qui reviennent.

gazelle

Ou alors, peut-être parce que chaque fois que je me connecte sur l'Arbre Celtique, je reste un moment pensive devant la mise en garde sur la première page à propos des tentatives éventuelles de propagande et tentatives de récupérations idéologiques.

Il est malheureusement bien vrai que les univers celtes n'ont pas que des amateurs du genre à faire la fête avec tout le monde. C'est fort regrettable. D'autant que l'hospilalité et la fête sont au coeur des cultures celtiques. Cela l'est encore plus si on considère que les celtes sont nés d'une succession d'acculturations.

Passons...

J'aurais bien aimé "décentrer" ce blog... Mais on est ce qu'on est. Je connais mieux certaines mythologies que d'autres. C'est donc autour de celles-là que je concentre mes articles, en allant quand je le peux faire des lancées plus avant dans d'autres univers.

Les oiseaux n'ont pas de frontière. Est-ce pour cela qu'ils sont messagers des dieux ?

*

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25 avril 2012

* Du verglas dans l'espace

Appel-Autres-Mondes

En trente ans (et bien plus) de carrière, on pouvait dire Donatella Rubiaverde avait bourlingué. Ah ! Ça oui, on pouvait le dire ! Et on pouvait dire aussi qu'elle en avait vu, des choses ! Et des vertes, et des pas mûres ! Et des surprenantes !

- « Et des à la rendre rouge comme son uniforme. » disait parfois, en clignant de l'œil, Oliver Stanwellor, l'imperturbable opérateur radio qui la suivait dans tous ses périples depuis maintenant plus de quinze ans. Aucun autre membre d'équipe, quel que soit le poste auquel il aie été nommé, n'avait jamais pu tenir si longtemps. La plupart étaient pris de violents maux de tête ou de douleurs abdominales aiguës au premier voyage et demandaient leur mutation sur un autre vaisseau après le second.

Certains, dans les couloirs et à la cafétéria des services de gestion du personnel de la flotte marchande des Cités Intersidérales Unifiées avaient suggéré que la nature hybride d'Oliver Stanwellor pouvait peut-être apporter une explication à cet état de choses étranges. D'autres avaient objecté que son père supposé étant un être d'une espèce particulièrement connue pour son agressivité, la théorie ne se tenait pas. Ledit « père supposé » étant en fait identifié avec une certitude de laboratoire, on creusait rarement la question très loin. Peu de capitaines, en fait, avaient envie de voler ce merveilleux opérateur radio à la très irascible Donatella. Aucun n'avait envie de savoir à quoi pourrait ressembler son vaisseau après une colère de ce genre d'individu, et le fait qu'il aie des états de service impeccables et qu'on lui reproche seulement son sens de l'humour n'y changeait rien.

Donatella Rubiaverde, donc, avait bourlingué, dans sa chienne de vie. Elle avait causé popotte avec les indigènes d'une planète à l'atmosphère tellement acide que son scaphandre avait failli y rester. Elle avait serré la pince à une entité liquide faite de mercure. Elle avait affronté des bestiaux métalophages. Elle avait même eu droit (non mais?) à une mutinerie consécutive à un épuisement des réserves en chips à la tomate et de nounours en guimauve.

Essayez donc de mener un équipage sans avoir sous la main les trucs que chacun aime grignoter en tapotant sur son pupitre. Vous m'en direz des nouvelles... Tous les employés du service de nettoiement des vaisseaux de la flotte vous le diront: ça grignote sans arrêt dans les vaisseaux au long cours. Y'a qu'à voir les traces de doigts sur les claviers et les miettes sous les tableaux de commandes. Alors forcément, hein, les capitaines embarquent toujours des tas de machins et des tas de trucs et les gars du personnel se renseignent sans arrêt pour savoir ce qu'il faut emmener. Même que le capitaine Ortamanga a dû refaire le mois dernier son équipage parce qu'ils avaient tous envie de glace et que les frigos n'étaient pas assez grands.

Bref... Donatella Rubiaverde avait de la bouteille. C'était pas une débutante, et comme telle, elle n'était pas facile à étonner. Évidemment, si ça lui était arrivé quand elle commandait son tout premier vaisseau ! Tout l'équipage se serait moqué d'elle, en la voyant aussi stupéfaite, et ils auraient eu raison, les bougres. Elle avait obtenu son premier commandement de vaisseau à peine six ans après son premier voyage au long cours. Un record absolu !

Mais on a beau avoir de la bouteille, on a beau ne plus être une débutante, ça fait quand même un drôle d'effet de déraper sur le verglas en sortant du poste de pilotage.

Car c'est très exactement ce qui venait d'arriver à la capitaine au tempérament le plus brûlant de toute la flotte marchande des Cités Intersidérales Unifiées. Sur le coup, elle s'en trouva, je dois dire, un peu refroidie, et cela l'amena à regarder autour d'elle presque paisiblement.

2012-Erik

Le couloir dégoulinait de cascades de glace. Les panneaux de commande d'ouverture des portes, pour la plupart, avaient disparu. Les portes elles-mêmes se trouvaient partiellement obstruées par de fines stalactites brillantes et par une pellicule blanche toute fine dont on devinait qu'elle se briserait si la porte s'ouvrait. Les lampes, prises dans les cristaux de glace du plafond, laissaient passer une lumière d'arc-en ciel, mais aucune ne semblait en danger immédiat de court-circuit. Il faisait froid, à l'évidence, mais ce constat, elle le déduisit plus qu'elle ne le ressentit. Donatella n'avait pas vraiment l'habitude de craindre les températures extrêmes. On l'avait entraînée au pire.

Restait, quand même, qu'elle avait à peu près tout vu dans sa longue carrière, ou du moins le croyait-elle... Mais que ça, elle ne l'avait encore jamais vu.

Oliver avait, à sa suite quitté le poste de pilotage, sans doute parce qu'elle avait poussé un cri de stupeur. Cela n'apporta aucun élément nouveau, car il se mit aussitôt, après avoir poussé un cri de joie, à faire des glissades d'un bout à l'autre du couloir. Il y était particulièrement habile et offrit là un spectacle des plus hardis que Donatella aurait aimé avoir le temps d'applaudir, mais... Crénom d'un eskimo glacé ! Il y avait sûrement un problème quelque part ! Il fallait le trouver et le régler ! Vite ! Plusieurs membres de l'équipage imitèrent Oliver plus timidement et avec moins d'adresse avant que le petit Francis (qui était plutôt grand mais tout maigre) se hasarde à suggérer une panne du système de climatisation.

Personne n'aimait beaucoup Francis Bopalder. C'était un bon à rien notoire, et qui restait un temps fou dans la salle de bain en plus, mais ses deux oncles et son grand-père occupaient des postes importants. Alors forcément... Forcément, Donatella avait juste pu lui interdire les après-rasages à l'odeur trop forte. Elle y avait été aidée par Jones et Fred qui avaient, un matin, jeté un seau de glaçons à la figure de Francis. Après ça, il avait un peu compris.

Donatella glissa un regard distrait vers l'emplacement supposé d'une grille de climatisation.

- « Oui, ça se pourrait... »

Puis, calculant bien son élan, elle s'élança sur la glace.

*

 

Texte créé pour l'Appel à Texte Hiver 2012 du Zine Autres Mondes dont le thème était "Glaces galactiques"

L'un des membres du jury ayant commenté que le texte est incomplet parce qu'on ne sait pas ce qui se passe après = non !  GIF-smile-vert On a dérapé dans le décor, y'a plus rien d'autre après ! La question de savoir qui réparera la clim' et comment, c'est sans intérêt. Du moins, pour moi.  Vous êtes (c'est compréhensible!) tout à fait libres de vous poser cette question ! Mais le texte est effectivement incomplet parce que je n'avais pas le droit de dépasser les 6000 caractères et que du coup, j'ai dû raccourcir la prose première. Hé oui, hé oui, ça dépassait !

Le type même de texte où je m'amuse comme une petite folle et où... Zut y'a une limite de longueur ! Sans ça, j'aurais déliré sur les astéroïdes glacés des environs de la planète Brrup et les monstres frigorifiants et les bestioles velues de la planète Chosablue. La réparation de la clim' du vaisseau ? Ca, par contre, ça m'est pas venu à l'idée un seul instant; je vous le jure ! Et telle que je me connais, ça n'y serait pas venu...

La liste et le classement des textes réalisés pour ce concours (avec éventuellement les liens permettant d'aller les lire) sont disponibles à cette page.

21 avril 2012

Le renouveau de la "Harpe"... Et le mode "avancé"

Le passage au mode avancé est presque fini.

Ca fait déjà un moment que le blog est en "avancé" et que l'indispensable, c'est à dire le coup des vignettes de marge renvoyant sur des catégorie du blog est réglé...

Mais j'ai créé un deuxième modèle pour la suite, c'est à dire pour la décoration. Je viens de passer la journée à mettre en place des ornements de marge... Dans la marge de droite !

Oui, oui, la marge de droite.

Pour le moment, on ne voit rien, car j'ai fait ça sur un autre modèle, qui n'est pas encore en place.

Il reste encore, avant que je l'installe, un petit point de détail à régler : la nouvelle bannière.

Elle sera installée sur cet autre modèle... Vous voilà avertis : un de ces quatre, le blog changera de tête.

Mais vu que j'ai un peu de mal à réaliser les dessins de ladite bannière, ça risque de prendre du temps.

Pour le moment, je l'ai, dans mon ordi, en "brouillon", avec des éléments provisoires, pour disposer les morceaux... Mais je ne peux pas mettre ça, hein ?

*

Reste aussi le rangement des catégories, qui traîne, pour certains articles un peu vieux, depuis un bout de temps. Je devrais m'y atteler plus souvent, mais... Ca n'est pas très réjouissant. Alors, forcément, ça traîne... Et puis, qui clique sur les catégories du blog, de toutes façons ? Hein ?

Posté par SeleneC à 20:42 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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