La harpe du driseoc

Puck-le-Fou vous présentera, sur ce blog, la naissance d'une BD celtique et pourquoi pas, quelques vieilles légendes.

09-12-09

Voyages en des contrées qui ne sont lointaines qu'à qui le veut

Les Terres de Sienn

Scénario : Jean-Luc Istin et Nicola Pona

Dessin : François Gomès

Couleurs : Stambecco

Préparation des couleurs : Camille Bricod

C'est de la "Fantasy" toute pure et brute sortie de la mine...

Mais attention ! Pas des petites paillettes ou bien des mauvaises pépites remplies de choses noirâtres et indéfinissables. Non... Tout au plus pourra-t-on accuser ce minerai-là d'être un rien mêlé de faérie, mais l'alliage obtenu à la fusion se révèle joyeux et brillant, et cependant, les scènes qui s'y sont moulées ne le sont pas toujours, elles.

Je vais essayer de résumer...

Vous mettez un nain dans le rôle du truand, un ogre de pierre dans celui de la brute et une demi-elfe dans celui du bon.

Vous placez au point de conjonction des destins de ces trois oiseaux qui n'ont rien pour s'entr'aprécier une puissante et rare relique issue des âges les plus anciens et les plus terribles.

Ajoutez pour pimenter tout ça que chacun de nos trois zigotos a une furieuse envie de changer son destin du tout au tout.

Et vous l'aurez compris, ça fera une équipe en parfait état de marche pour partir en quête aussi loin qu'il le faudra et prêts à affronter tous les dangers qui auront l'idée de se présenter en chemin.

L'Eveilleur

Auclair & Riondet

Ca n'est pas une parution récente, au contraire. Ca serait même déjà vieux, à la vitesse où le sable coule dans le sablier... Mais pas tant que "Prince Valiant" dont il a déjà été question sur ce blog, ni même que le Corto "Les Celtiques".

Dès le début, on devine qu'il y a quelque chose de difficile à placer. On comprend mal si on est dans le passé ou dans l'avenir... On est peut-être dans les deux à la fois ?

Stoneage a encore toutes ses pierres.... Mais hormis un étrange cavalier qui parcours les pages, et ne dira jamais rien, ni ne sera jamais vu de personne (sauf de Simon du Fleuve et de sa famille, à qui il raconte cette histoire), il semble, au début, n'y avoir sur Terre que 7 personnes humaines. pas une de plus. Ils sont venus du nord, du sud, de l'est, de l'ouest... Certains ont fait ensemble un peu de route. D'autres se sont recontrés là, dans le cercle de Stonage où l'oracle leur a donné rendez-vous.

A nous, lecteur, on ne nous dira pas ce qui s'est passé, d'où ils sortent, pourquoi ils devaient se rencontrer... Mais on devine que la situation est grave. On devine que ces 4 hommes et ces 3 femmes sont l'espoir du monde... Mais il en manque un. Une plutôt. Ils auraient dû être 8.

Sur son chemin, "Petit Ouest" celui qui n'a pas trouvé sa parèdre, va rencontrer des êtres bizarres, à peine humains, voire plus humains déjà. Est-on dans le passé, au temps où Stonage était entier ? Dans l'avenir, en un temps post-apocalyptique ? Les deux peut-être...

Finalement, "Petit Ouest" trouvera "Grand Ouest" et le cercle des transformations sera entier et pourra s'accomplir.

Dans le décagramme chinois, le frère aîné est associé à l'ouest et au tonnerre. On le nomme aussi "Eveilleur"

Mais ici,  l'Eveilleur est peut-être ce cavalier muet impassible qui traverse toute l'histoire, bâton en main comme s'il devait marcher.

Beaucoup de références aux symboles amérindiens ou asiatiques, qui trouve à se rassembler sur des choses simples, comme par exemple, la force du cercle.

Un trait net, avec un bel usage des ombres. Des personnages à la psychologie soignée et bien mise en avant, mais pas exacerbée pour autant. Et au final une sorte de magie qui demeure jusqu'à la fin...

Des travaux sont en cours sur mes blogs. Il se peut que vous vous en rendiez compte en vous connectant...

Ici (sur la Harpe), cela aura pour effet principal de faire disparaître les risques de voir apparaître plusieurs playlists sur une même page (en cliquant sur un tag ou une catégorie).

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05-12-09

La taverne de Diogène -VI et Fin-

Retrouver l'épisode 1

Etait-ce un rêve ou bien un cauchemar ? N'en sachant trop rien, et ne sachant pas quoi décider, il décida de laisser le père Moniot prendre toutes décisions qu'il faudrait prendre. Après tout, c'était lui le chef de famille. Il en résultat que le père Moniot ne décida rien et confia à sa femme le soin d'employer au mieux les forces un peu brutes du « Chevelu » et du « Pelé », quand à la petite princesse, qui devait avoir trois ou quatre ans, elle partagea très vite les jeux de Diogène et de ses soeurs. Véritable championne de marelle, de saut à la corde et de jeux de balle, jamais en retard d'une farce, mais incapable d'apprendre à lire ou à coudre, elle aurait fait le désespoir de Margot si elle n'avait pas, à chaque halte, à chaque feu de camp, entonné des ballades et des rondes avec une voix qui tenait du ruisseau et du rossignol.

Marjolaine s'accoutuma plutôt bien que mal, à la nouvelle teinte de cheveux de son prétendant. Il avait acquis, avec ce nouvel aspect, un charme fou, qui faisait à chaque village, bien des jalouses, et ce d'autant qu'il n'avait de cesse de chercher des fleurs (surtout de couleur vive) pour les lui offrir. C'était vraiment un galant comme on en trouve qu'en rêve, et de plus, il ne prenait plus jamais sa petite taille que quand cela pouvait aider à nettoyer un petit objet, ou bien à enfiler l'aiguille à coudre de la mère Moniot ou de la petite Amandine. Décidément, quoi qu'en dise Margot, pour qui cet habit plus sombre que nuit sans lune était une offense aux droits vestimentaires de son époux, Alban, ainsi vêtu, était le plus beau des princes, sortis ou non d'un livre enchanté. Théophile, lui-même, bien que sa cotte défraîchie fasse un peu grise mine comparée au superbe habit de son futur gendre, devait admettre la chose. Un peu dépassé, sans doute, il admit même l'idée d'un mariage. Marjolaine en fit tel saut de joie qu'elle manqua heurter le haut du tonneau.

Comme on ne pouvait continuer à les nommer « le Pelé » et « le Chevelu », les deux ribauds reçurent de Rolande et Edmonde les doux prénoms de Chrysostome (« le Chevelu ») et Gundovir (« le Pelé »), après quoi Théophile les pria d'accompagner Alban (que Marjolaine ne voulait ab-so-lu-ment-pas entendre parler de nommer autrement, en dépit de son habit désormais noir) dans une toute petite quête qu'il entendait lui confier avant ses épousailles. Simple formalité, n'est-ce pas ? Ils s'en acquittèrent très bien, et en un temps record, messires et gentes dames, sachez-le.

Le soir n'était pas tombé que le scribouilleur qui avait commis la faute de remettre au seigneur Théophile le livre cause de toute cette histoire, lui était livré pieds et poids liés. Il s'étonna fort de se trouver en présence d'être sortis des pages écrites par lui et s'étonna plus encore quand, sous ses yeux émerveillés et sous ceux de toute la famille réunie, Constance et Bernardine s'étant une fois de trop plongées dans le fabuleux roman, on en vit sortir un vieil homme à barbe blanche, une belle dame à queue serpente et un griffon.

Le père Moniot, le premier moment de vacarme paniqué et d'héroïsme des héros du livre passé, décréta tout net que cet animal et cette femme ne pouvait pas rester et qu'il devaient retourner dans le livre. Le vieil homme, l'air grandement peiné, expliqua qu'il n'avait pas grande envie d'y retourner, mais que sa vie sans eux serait fort triste, et demanda si, en changeant juste un peu, par quelque illusion, leurs apparence, il ne serait pas possible qu'ils restent.

La mère Moniot ayant déjà commencé d'échanger des recettes de cuisine et des bavardages en tous genres avec la fée, et les enfants s'étant pris d'affection pour le griffon, Théophile ne fut pas consulté et c'est avec un peu de surprise qu'il constata qu'Alban se trouvait, comme lui empêtré dans une confuse impression que personne n'écouterait ce qu'il avait à dire, quoi qu'il dise.

Gundovir et Chrysostome, plus encore que les enfant s'attachèrent au griffon et si jamais il y eut animal bien toiletté dans une taverne ambulante, sachez-le, messires et gentes dames, c'est bien notre Bodolomi. Regardez-le, comme il est beau ! Regardez comme il se laisse gentiment mener par dame Sirana, pour vous être présenté !

Oserez-vous, messires et gentes dames, prétendre qu'il existe quelque part autre taverne constituée de nombreux charriots dont le premier porte un tonneau immense, et défendue, pour le bien de ceux qui s'y veulent reposer, par tel animal ?

Tout cela, messires, se déroulait au temps où Maître Diogène était un petit enfant. Voyez-vous, gente-dames, le livre lui a donné épouse et à ses soeurs des époux selon leurs caractères.

Voyez, tous, ce grand cercle, réuni ici pour la dernière fois! Demain, messires et gentes dames, maître Diogène en a décidé ainsi, menés par lui-même et par ses soeurs, les morceaux de la taverne s'éparpilleront au monde entier, et il en a décidé ainsi: quand le jour en sera venu, les fils et filles des enfants qu'ils ont eu partiront à leurs tour.

Constance, qui fut pour tant dans cette histoire, n'ira en nul lieu, mais en cet instant, dans le château où elle est dame de compagnie d'une toute jeune princesse, une plume tenue de sa main enferme la magie de ses souvenirs dans un parchemin.

Qui sait, messires et gentes dames, qui peut savoir, qui lira ce grimoire ?

FIN ?

02-12-09

Une chose à la fois ...

Toujours pas bossé au re-découpage de GAL'HOR en deux épisodes... Quelle fichue parresseuse, hein ?

Pas avancé des masses non plus sur le front des mythes celtes. Un peu plus sur celui de la musique, mais ça n'est pas la seule chose qui m'a accopée ces temps-ci.

J'ai eu beaucoup de préoccupations éloignées du dessin... Et puis, j'ai avancé sur les fronts "NESTOR" et "livre de contes".

Une chose à la fois... On ne peut pas tout faire d'un coup.

J'ai donc obligation à choisir des priorités, ne disposant d'aucun engin à distordre les journées pour qu'elles fassent 36 h au lieu de 24 !

Un peu fatiguée, je dois dire... Et d'ailleurs, va falloir que je revienne vite fait en "mode celte", parce que la programmation du blog a pris un sérieux retard et que si je traine encore, ça va commencer à faire des trous ! Je pourrais ralentir son rythme, bien sûr, mais le panneau de statistiques est encourageant.

Fin octobre, la barre des 60 pages vues en une journée a été franchie, et la moyenne de pages par visiteurs reste correcte? Corecte, mais pas pharamineuse non plus. Elle est meilleure sur l'Atelier et je préfèrerais qu'elle soit vraiment bonne, mais enfin... Crachons pas dans la soupe ! Pas des masses de commentaires, en comparaison, mais c'est toujours agréable de savoir que des gens passent, non ? Dommage seulement que, pour je ne sais quelle raison, il me soit devenu impossible de savoir par quelle image, auguste, pardon, au juste, les entrées "Google Image" se font. C'était bien commode, étant donné le peu de comm', pour savoir quelles images ont des succès récurrents.

Je suis un peu déçue, je dois dire... J'espérais un peu, quand même, en programmant une histoire à suivre pour le Samain, que les visiteurs y déposeraient un petit mot, ou tout au moins y reviendraient voir la suite. Je n'ai pas tellement eu la sensation qu'on essayeit d'en lire tous les épisodes, quand aux commentaires, y'en a pas eu.

J'ai un peu l'habitude...

Heureusement que en d'autres lieux internautiques, j'en ai un peu plus, parfois, sans ça, je pourrais supposer que c'est nul et puis c'est tout, et que ça n'intéressera jamais personne et que c'est pas la peine d'essayer d'en faire un bouquin.

Vrai quoi... A quoi ça sert les commentaires, panlol sacrebleu ?

6° et dernier épisode de la Taverne de Diogène samedi...

Peut-être que j'aurais dû moins les espacer, mais j'y crois pas. J'ais mis tous les liens qu'il faut entre les épisodes pour aider à suivre, si on prend en route. Personne n'a lu d'affilée deux épisodes, ou tout au moins, ne l'a fait par ce biais. Pas l'impression que ça aurait changé grand-chose.

C'st comme la série " Il était une fois" (celle-là je ne l'ai pas conçue pour être suivie de toutes façons).

C'est pas ici qu'on me donnera des avis.

Et basta !

La solution pourrait être de concentrer les articles sur mes contes et écrits pour les mettre en avant ...

Mais les entrées sur le blog se font pour beaucoup via des recherches sur le monde celtique ou athurien. Il y a bien, parfois, une surprise ici ou là, mais en général, les mots-clés sont pertinents. On n'arrive pas chez moi trop par hasard.

Quand à ceux qui entrent par Google image, j'ose espérer qu'ils n'ont pas cliqué sur la première vignette venue.

Alors ????

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28-11-09

L'heure des ombres

Ryan n'a jamais très bien su quoi penser de cette heure étrange où les ombres s'allongent jusqu'à prendre possession du désert. Il n'a jamais très bien su quoi penser de rien, d'ailleurs, quand il y pense... Et il n'a pas envie d'y penser, de toutes façons.

Depuis quand erre-t-il, comme ça, entre les monts navajos et cette fichue civilisation qui le traque maintenant à grands renforts de chemin de fer ? Il ne sait plus bien... Une bonne dizaine d'années, sûrement.

Non. Plus que ça. C'est facile, d'ailleurs... En ce temps-là, Chico était au berceau. Personne, dans le saloon où sa mère travaillait, ne faisait attention à lui. Personne ne se demandait de qui il était le fils. Personne ne faisait mine de se souvenir qu'Olivia, avant d'échouer là, avait eu un amant apache. Un gars qui dressait les chevaux rétifs et parfois, donnait un coup de main pour éloigner les pilleurs de bétail. Jusqu'au jour où il s'était cogné à une balle échappée d'on ne sait trop où, mais de toutes façons joliment bien visée.

Quand à lui, Ryan, qui arrivait à peine de son Irlande natale, avec pour toute richesse ses dix-sept ans et tout ce qui va avec, c'est à dire de l'énergie et des rêves... Hé bien, lui, il l'ignorait, tout simplement.

Ignorant la chose, il s'était attaché au gamin plus facilement, peut-être ne l'auraient fait les autres cow-boys de son âge.. Il était mignon, ce gosse rampant sous les tables et jouant avec des cartes tombées à terre.... Et puis, il s'était laissé aller à s'attacher aussi à Olivia. Pas correct, ça. C'était pourtant pas une fille bien. Sa mère, là-bas, au pays, aurait pas été contente. Ca aurait rien pu donner de bon, cette histoire. Il le savait pourtant bien. Ouais... Mais il avait pas vu le mal venir d'où il était venu.

Ca avait commencé quand ces gros dégueulasses avaient commencé à reprocher à Olivia son fils à moitié indien. La faute aux dernières attaques des apaches, ça, et franchement, vu que c'était même pas dans le coin et qu'on en avait juste entendu parler par les voyageurs arrivés en diligence, hé ben, lui, Ryan, il n'avait pas trouvé ça juste, et il avait osé le dire. Après, plus moyen de reculer. Il était devenu « du même camp qu'eux » et par malheur, ça n'était pas le bon camp. En très peu de temps, autour d'eux, ç'avait été le désert. Personne ne leur parlait. A peine si on acceptait de leur vendre à manger. Plus moyen de trouver du travail. Alors, de cow-boy, il était devenu voleur de bétail. C'avait été le début de la dégringolade. Quand à Olivia, bien simple: sans le colt dont Ryan avait bien pris soin que personne ne se rende compte qu'il était incapable de s'en servir correctement, elle aurait été fichue dehors du saloon.

En ville, plus que des regards hostiles... Et si ça n'avait été que ça ! Mais ça ne s'était pas arrêté à des regards... Oh non... Y'avait eu un salaud pour montrer sa haine autrement.

Plus de dix ans après, Ryan a encore envie de vomir en pensant à ce qu'il avait découvert en allant rejoindre Olivia, ce jour-là. Il n'avait même pas eu le réflexe de se demander quels étaient les lâches qui s'en étaient pris à elle. Il avait pensé à Chico. Où pouvait-il être ? Ce sacré gamin avait le chic pour se fourrer dans les recoins les plus improbables du saloon. Il fallait le trouver vite, et le trouver sans attirer l'attention... Quel calvaire ç'avait été... Avec en tête l'idée qu'il était sûrement lui aussi cherché par ceux qui avaient tué Olivia, et dont il ne savait pas qui ils étaient !

Qui donc pouvait bien avoir fait ça ? Il n'était pas sûr d'avoir envie de le savoir. S'il avait su, il aurait dû se demander si, par hasard, ça ne serait pas dans les règles de venger la mort de celle qu'après tout, il avait peut-être aimée... Et ça l'aurait mis dans la fâcheuse situation de s'opposer à un mec pire que sauvage et pire que dangereux. Il n'était pas sûr d'avoir assez de courage pour ça.

Tout de suite, il avait su qu'il devait quitter la ville. Tout de suite, il avait pensé aux indiens. Impossible de se cacher longtemps dans un village ou un autre, mais c'était mieux que rien.

En ce temps-là, Ryan n'avait pas encore vingt ans et Chico venait d'en avoir trois. Il n'avait jamais su qui avait tué Olivia. Pas faute d'avoir cherché des indices... Il savait juste que, depuis onze ans, c'était lui qui était recherché pour ça, et qu'en onze ans, il avait appris à tirer suffisamment vite et bien, même avec le soleil en face, pour que n'importe quel chasseur de primes puisse emporter de leur rencontre un petit souvenir.

Non... Ryan, décidément, ne sait pas quoi penser de ce moment bizarre où le désert va devenir sombre et froid. Un gila a glissé sur les pierres, tout près de lui. Il a retenu son envie de lui tirer dessus, juste pour s'entraîner. Il n'aime pas ces bêtes-là, mais des indiens voyageant pour négocier des turquoises lui ont signalé deux « gringos » aux allures pas nettes et un peu charognardes. Des chasseurs de primes.

Plusieurs fois, déjà, Ryan a conseillé à Chico de détacher son chemin du sien. Le gamin a toujours refusé, jusqu'à présent. Ca peut se comprendre. Mis à part quand ils font halte dans un village hopi, pour quelques jours ou quelques mois, c'est lui, Ryan, et lui seul, depuis onze ans, qui s'occupe de lui. Ca compte... Faudra, un jour ou l'autre, que le gamin devienne un homme, mais sans doute, il n'est pas encore prêt ?

Il a peut-être peur, aussi, qu'on l'envoie vivre dans une réserve indienne... Celles des hopis ne valent pas les belles terres des blancs, déjà, mais lui, qui est apache, est-ce qu'on ne va pas l'envoyer dans cette terrible terre qu'on leur a donnée et qui ne vaut même pas rien ?

Ryan a tendu la main vers sa selle, posée à terre et sorti la carabine à canon scié des fontes. Il a senti quelque chose d'anormal. Quelque chose de mal définissable. Quelque chose de pas normal. D'ailleurs, il n'y a plus un gila, ni un serpent dans le secteur. Les pierres sont parfaitement silencieuses. C'est pas normal. Ryan prête l'oreille et il sait que derrière lui, le gamin en fait autant. S'il avait un peu plus de réflexe, d'ailleurs, il aurait sorti son colt et l'aurait armé... Mais bon, Chico n'est pas encore un homme. La preuve ! Et c'est pas une surprise qu'il n'aie pas sorti son arme, en plus... Même pour manger, c'est à peine s'il est capable de tuer un oiseau.

Les ombres ont l'air de s'être figées sur les pierres. Il y en a juste une qui semble approcher. Cette ombre-là, Ryan a l'impression de la connaître depuis toujours. Il ne voit pas son visage, sa démarche lui est rendue floue par le soleil couchant, et pourtant, il est sûr de connaître cet homme qui le tient en joue. Encore un chasseur de primes qui va finir les bottes aux pieds dans le désert...

Plus rapide qu'un crotale, le canon scié s'est tourné vers sa cible. Chico, derrière, a eu un cri. Ryan n'a pas compris. Pourquoi « non » ? Il a tiré.

Il y a eu un grand silence, et les ombres, tout à coup, se sont remises à tomber, plus vite, plus grandes, plus profondes, et plus froides que jamais.

Le chapeau de l'homme s'est envolé. Ryan a senti qu'il était en train de mourir. Il a levé les yeux. Il a vu que l'homme avait son visage. Son visage à lui.

Il a cherché Chico des yeux. Il a seulement vu, dans la main de l'homme, le couteau rougi et le scalp pour la prime.

Combien de temps, déjà, depuis que le grand Cochise a brisé la flèche ?

Maudite guerre apache...

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25-11-09

Quoi de Neuf ?

Ce jeudi 31 décembre, la terre a rendez-vous avec la lune...

Décidément, le calendrier astral de l'année est chargé ! Après la plus longue éclipse de soleil de la decennie, voilà que nous arrive la plus ponctuelle et fidèle aux fêtes de fin d'années des éclipses de lune !

Ca, c'est la faute à la 13° Pleine Lune de l'année 2009, et par la même occasion, vous l'aurez compris, nous n'aurons pas droit à ladite Pleine Lune, ou en tous cas, elle ne sera pas ce qu'elle aurait pu être, puisque, attendue comme une star, elle se cachera comme elles pour ne pas être vue.

Bon, d'accord. pas toute la nuit... Heureusement ! Et pis, c'est qu'une éclipse partielle. Quand je vous dis qu'elle fait sa starlette, notre 13° pleine lune !

Maxiumum de l'éclipse le 31 décembre à 20 h 25.

Plus de précisions sur le site "calendrier lunaire"

Préparez vos lunettes pour le réveillon !

Une statue dans un puit... Les romains ont-ils ont mal ?

On a découvert cet été en Allemagne des restes d'une statue équestre peut-être d'Auguste... Dans un puit. Il était jusque là considéré qu'aucune implantation romaine ne s'était faite de façon durable dans la région. Cette statue de l'empereur semble indiquer le contraire !

Cliquez ICI.

(Au passage, je me permets un rectificatif léger et marginal à l'article de Futura Science = Auguste n'était pas le "premier empereur depuis Jules César", pour la simple raison que Jules César n'a jamais été empereur au sens politique du terme mais seulement "imperator" c'est à dire général triomphant).

A propos de l'ancêtre des premiers singes (donc un arrière-grand-père à nous) ...

C'est en Asie que ça se passe...

Sur Futura Science, ça a l'air de les étonner... Moi pas. Quand j'étais mioche, dans "Il était une fois l'homme", j'avais remarqué que les premiers grands singes (nos ancêtres, un peu) dont on nous parlait, ils étaient de par là-bas... Alors pourquoi on devrait s'étonner que leur pépé à eux ne soit pas en Afrique ? En même temps, je suis pas très attentive à tout ce qui s'est découvert en paléonthologie depuis le temps où j'avais 6-7 ans.

Cliquez ICI.

Astérix a 50 ans.

Et ça se fête un peu partout...

Comme je suis en Bourgogne, je mets l'exposition qui est à Cluny (cliquez ICI) du 28 octobre au 3 janvier, mais je suis bien certaine que vous en trouverez d'autres facilement, du côté de chez vous de préférence !

Par là (cliquez ICI), je vous mets une conférence à la cité de la BD.

Je vous conseille aussi, à ce sujet, le très bon dossier hors-série du magazine "Beaux-Arts... Surtout si vous avez envie de découvrir les trucastuces de deux grands maîtres de la BD !

*

Pleine Lune = 2 décembre

Nouvelle Lune = 16 décembre

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Petit rajout

Décès du professeur Kerlouégan, spécialiste de l'hagiographie bretonne

ce 22 novembre 09... Cliquez ICI.

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21-11-09

La taverne de Diogène -V-

Retrouver l'épisode 1

 

On en était à peu près là, quand une petite voix suraiguë et surexcitée se fit entendre et que jaillit du tonneau-taverne (et de nulle part ailleurs, soyez-en assurés, messires et gentes dames), une petite fille tout de rouge et d'or vêtue, le cheveu blond et le nez retroussé, une couronne de fleurs dans les cheveux, et un bilboquet à la main.

Son premier soin fut de jeter le bilboquet sur Alban. Son deuxième fut d'arracher son bol à Ermengarde et d'en renifler le contenu. Son troisième fut de jeter ledit bol avec une moue dégoûtée.

Margot n'eut pas le temps d'intervenir, la mère Moniot l'avait déjà fait. La gamine, si bellement vêtue qu'elle fut se trouva soulevée du sol sans ménagement et jetée dans un crottin de mule. Alban, toujours galant, alla l'aider à se relever, ce qui lui valut aussitôt les hurlements de Marjolaine, au point qu'il dû aller se réfugier derrière les deux brigands et que Théophile y vint lui demander qui était cette jeune fille.

- « Là d'où je viens, et d'où nous venons tous, messire, elle est ma promise... Celle que ces honorables seigneurs sont sensés enlever, chose dont je serais fort aise, à cette heure. »

Théophile regarda les deux ribauds. L'un se grattait son crâne presque chauve. L'autre tiraillait sa barbe abondante. Aucun n'avait l'air bien convaincu. L'un et l'autre, par contre, louchaient horriblement car ils essayaient de se concentrer en même temps sur la fillette et sur... Sur quoi, au fait ? Suivant les regards des deux choses humaines, Théophile constata avec stupeur que Rolande souriait béatement au « Pelé » et qu'Edmonde en faisait tout autant pour le « Chevelu ».

Ah non ! Passe encore pour Edmonde, grande fille de quinze ans bien sonnés, même si elle avait ordinairement la tête mieux lestée que ça. Mais Rolande ? Pas question ! Il les arracha donc l'une et l'autre de là où elles étaient et les envoya rejoindre le reste de la famille avant que le repas aie fini de refroidir. Non mais sans blague ?

Et il enchaîna aussitôt sur une tirade véhémente, lancée d'une voix qu'il aurait voulue telle celle du héros Stentor, mais qu'on aurait malheureusement plus vite fait de comparer à un essieu mal graissé.

- « A présent, messieurs, veuillez répondre au sieur Alban ou bien au sieur Ignacio, je ne sais plus trop... Pouvez-vous, oui ou non, puisque l'objet de votre quête se trouve ici, le prendre et vous en aller avec ? »

La comparaison exprimée ci-dessus fut immédiatement formulée par Germaine, à l'oreille de Louison, laquelle se hâta de demander son avis à Jacquette, par-dessus l'épaule de Diogène, qui comptait pour des nèfles, vu que c'était un garçon et que les garçons, chacun le sait, n'ont jamais les mêmes avis que les filles,. Jacquette, ne sachant que penser, interrogea Bernardine, qui à son tour consulta Constance, laquelle émit que le cri paternel ressemblait plutôt au chant d'un coq enroué. L'information fit alors le chemin inverse. Pendant ce temps, les deux brigands, avec une hésitation visible, et ne sachant sans doute que répondre, avaient entamé une espèce de danse, se portant chacun d'un pied sur l'autre, avec la même cadence, et de manière telle qu'ils se penchaient l'un vers l'autre presque à se cogner, puis s'écartaient.

Finalement, et peut-être parce que leur manège commençant à lui donner le vertige, Théophile s'était mis, lui aussi, à osciller, le plus chauve des deux se décida.

- « Ben... Ca se discute...

- Ouais... Elle a pas l'air commode, la gosse...

- On voudrait pas en être embarrassés, vous comprenez.

- Faudrait être certains qu'il nous donnera la chasse pour la reprendre.

- Vrai, ça... Vu comment qu'y regarde votre fille, j'me pose des questions.

- Pis il a pas l'air bien amoureux de la princesse, en plus. »

Poussant un très profond soupir, Théophile se tourna vers Alban, qui était justement en train d'enlacer Marjolaine, chose qu'on ne l'avait encore jamais vu faire. Hoquet. Deuxième soupir. Regard en direction des enfants en train de manger, juste histoire de ne pas voir ça. Impression de charrette qui dérape sur un sol gelé un jour de canicule. Vite, un tabouret !

Retenu dans sa chute par le Chevelu, et remis debout par le Pelé, Théophile eut la surprise de réaliser, l'instant d'après, que Diogène était en train de partager son bol de porée et son hareng grillé avec la petite princesse capricieuse et que celle-ci avait perdu son ton hautain et ses vilaines mines, pour des sourires et une voix mielleuse.

Comme il ne savait quelle attitude adopter, comme le père Moniot venait de proposer aux deux ribauds places de valets en la taverne, comme Diogène et la princesse riaient aux éclats, comme Marjolaine venait de donner son bonnet à Alban parce qu'il avait déclaré (encore?) vouloir accomplir une quête avant leurs épousailles, et vouloir le faire tout de suite pour être de retour plus vite... Théophile se demanda s'il ne serait pas de bon aloi de s'évanouir, histoire de retrouver quelques forces. Il en fut empêché par Margot, désireuse qu'il l'invite à danser. Le pelé, en effet, venait de sortir de sa poche une petite flûte, et le Chevelu s'était mis à chanter avec un fort bel entrain qui fit jaillir de table toute la famille.

C'est au milieu de tout ce désordre qu'il entrevit Constance en grande occupation de lecture du fameux roman.

Episode 6

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18-11-09

En ce moment

La série de dessins sur le thème des mythes celtes avance... Pas bien vite, car j'y accorde beaucoup de soin, mais elle avance.

Avance aussi une autre série : sur le thème de la musique. Un des éléments en sera une harpe celtique, ou plutôt deux, car l'image présente deux harpistes: un enfant et une vieille femme. C'est l'étape "transmission entre les âges".

Le livre de contes que je prépare me travaille bien la tête en ce moment.

Je dois penser au nombre de pages, au nombre de caractères pas page, faire le bilan du nombre de caractère pour chaque conte et du nombre de pages que ça fait, si on y ajoute une page illustrée.

Faut aussi chercher un éditeur...

Et puis, j'ai encore des contes à ajouter à la liste... Ca serait trop simple s'il suffisait de les jeter tels tels sur le clavier !

Mais ça ne suffit pas... Faut les polisser, les fignoler, traquer les échardes...

Et quand c'est fini, ça n'est pas encore bien net, d'ailleurs... Mais il arrive toujours un moment où on n'arrive pas à faire mieux.

Ma santé allant mieux, je suis un peu sortie cet automne.

J'ai, en particulier, profité du festival de musique mécanique dans ma ville pour faire des croquis d'orgues de barbarie. Je croque aussi quand je vais au spectacle, mais si vous visitez mon blog Crayombre, ces croquis-là, du fait qu'ils sont sur mon carnet, ne sont pas encore en ligne pour la plupart.

Faudrait que je prenne le temps de scanner quelques pages dudit carnet...

Pas beaucoup de temps à perdre. Des tas de problèmes à régler... Mais y'a des petits plaisirs comme ça qui ne sont pas de la perte de temps. Ca remplit l'âme de trésors... Et après, y'a plus qu'à laisser l'alchimie se faire.

Dessin réalisé au calame lors de l'une de mes démonstrations à l'occasion de mon exposition au café des 3 coups.

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14-11-09

Entre chien et loup

Petites méditations sur la 

Depuis la nuit des temps, il y avait Canis Lupus. Le loup.

Et puis, il fut une fois Canis Canis. Le chien.

Dans les textes celtes, ces deux animaux sont étoitement liés à la guerre. Je parle de la spiritualité guerrière, bien sûr, et non des techniques. L'une des formes de la Morrigan est une louve rouge. Le chien est animal de courage et de fidélité, des héros portent son nom (Keu, Ké, ou Caius).  Quand il est noir, c'est un animal de la nuit, de l'ombre et de la lune (Ké Du, le Chien Noir). Les croyances tardives et superstitions populaires en ont fait une créature néfaste et diabolique. Il a, il faut le dire, plusieurs significations, et sa couleur est importante. Un chien noir n'a pas la même signification qu'un blanc ou un rouge. Mais les valeurs du coeur ("coraige" médiéval) restent. Voir Cuchulainn.... Dont la vie est un cycle marqué en début et en fin par deux chiens (il meurt d'avoir mangé du "chien d'eau").

Dans l'iconographie et la littérature médiévales, le chien reste symbole de fidélité et de courage. Le loup, à l'inverse, représente le danger, la force brute et cruelle, et est volontiers moqué. La force brute et cruelle ne saurait être intelligente. L'Eglise, d'ailleurs, veille à diaboliser ou sanctifier les anciens cultes. Le loup est associé à certains aints, soit dans la légende, soit par le nom (St Loup!). Lié au monde profondément sauvage, cet animal est forcément un danger pour la société humaine (et chrétienne).

L'harmonie entre l'homme et la nature n'est pas vraiment à l'honneur en ce temps-là...

Gaston Fébus, lui-même, n'est guère élogieux avec le loup. Il propose de multiples façons de le piéger, comme il se doit d'être fait d'un animal aussi dangereux. On notera pourtant qu'il s'agit de pièges à disposer aux alentours des endroits plus ou moins fréquentés par l'homme (sentiers forestiers, voire jardins enclos par des haies)

Pourtant, quand on se penche sur l'alchimie et les remèdes médiévaux, le loup retrouve une place d'honneur... Certes, celle d'ingrédient pour potion ou pour porte-bonheurs, mais quand même. Ca n'est pas le chien, c'est le loup qui est mis à contribution... En particulier quand il s'agit de fertilité masculine et de courage.

Tiens donc ?

Est-ce simplement parce que l'animal est une figure quotidienne, familière, pour ainsi dire ordinaire et incontournable ? Ce pourrait... Mais ça serait un peu rapide.

Le chien reste chien, en général. Il y a bien le cas du "Corps sans Tête" qui serait né d'un père loup-garou ou chien-garou (faites excuses, je ne connais pas le texte par lequel est connue cette légende), mais de façon générale, le chien est et reste un chien. Dans des mythologies d'Europe de l'Est, c'est différent, et cela méritera un article particulier sur les "garous" en tous genres... Mais ici, je vais rester large.

Et parce que je reste large, je fais une incursion en domaine germano-scandinave : là, on trouve les "guerriers-chiens", à la fureur guerrière terrifiante.

Au temps de César, la majeure partie de la Gaule était déjà "adoucie de moeurs", si j'ose dire, les belges faisant exception et rejetant de leurs coutumes tout ce qui pouvait les amollir. Je vais me permettre de supposer que c'est ce "traditionnalisme" qui les a rendus si difficiles à vaincre... Il y a quelque chose d'effrayant à imaginer un peuple faisant de la guerre un art de vivre et une religion, et pourtant... Des peuples comme ça, il y en a eu beaucoup, dans l'histoire du monde ! En écrivant ces lignes, ce sont les sikhs qui, dit-ont, honoraient Kali la Destructrice, qui me viennent en tête... Une autre "dame des Batailles", comme la "Louve" dont je parlais plus haut, mais décidément, ça va encore m'éloigner de mes meutes de chiens et de loups, ça, et de très loin !

Est-ce que "guerrier-chien" est la traduction correcte ? Pas sûr. Il y a d'autres hypothèses... On dit aussi que c'est de leur chemise en peau d'ours (gilet serait plus juste...) que les berserks tiennent leur nom. Cet habit, porté à même la peau, devait leur donner la force de l'animal.

Ici, j'ai une question à poser : les auteurs qui parlent de chemises d'ours évoquent-ils d'autres animaux pour le même usage ? Je pense au sanglier ou au loup, à cause de l'épaisseur du cuir et de la nature sauvage...  Les seigneurs, au moyen-âge, portent facilement sans nécessité autre que l'apparat et la symbolique, la peau de leur animal fétiche, et l'alchimiste Albert Grotus cite le loup pour des utilisation en rapport avec la force physique et le courage (en rapport aussi avec la fertilité, mais c'est un tout autre contexte!).

Nouvelle Lune = 16 novembre

Pleine Lune = 2 décembre

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11-11-09

Ygerne

Encore un personnage dont la fiche n'était peut-être pas indispensable... Elle apparaît en effet assez peu. On la voit, à l'arrière plan, d'abord, et puis, sur une scène, on la voit mieux et elle est même amenée à prendre la parole et en public encore (chose que n'aurait jamais pu faire Belsen).

On la voit tout de même assez, au cours de GRISANDOLE, pour que j'en parle.

Au début de l'épisode, Uther est encore célibataire, mais l'histoire se déroule sur plusieurs années. A la date de l'action principale, elle est à ses côtés et un petit Artus de quatre ans joue dans les couloirs du palais.

La première chose qui frappe, chez elle, c'est sans doute ses cheveux, les mêmes que ceux de ses soeurs Morrha et Morgause, d'un rouge éclatant. La seconde, ça sera peut-être son calme et sa majesté, car à la différence d'Uther, elle est princesse jusqu'aux dernières fibres de son être.

Encore que ? Uther, si peu "royal" qu'il soit, est tout de même "premier", même s'il n'épprouve pas besoin de le montrer... Mais ça, ce sera dans des épisodes ultérieurs que ça sera dévellopé.

GHT-1, sur le site = cliquez ICI.

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08-11-09

La taverne de Diogène - IV -

Retrouver l'épisode 1

Cette terrible journée resta ancrée dans la mémoire de chacun des enfants de Margot et Théophile pendant des années, y compris dans celle de Marinette, qui n'avait pourtant pas encore deux ans pleins. Seule Gatienne, qui dormait paisiblement dans son couffin et ne s'était rendue compte de rien eut le désespoir d'avoir été présente et de ne pas se souvenir.

Tandis que la mère Moniot examinait d'un oeil soupçonneux les deux arrivants en se demandant s'il fallait les inviter à partager le repas du soir ou bien les envoyer se faire cuire un oeuf à l'auberge du village le plus proche, que Margot faisait montrer à toute sa marmaille des mains plus sales que propres mais qui le resteraient parce qu'il n'y avait ni source ni ruisseau près de ce charmant pré où la taverne s'était arrêtée pour la nuit et pendant que le Père Moniot et Théophile achevaient d'enfoncer dans le sol les piquets pour attacher les mules (toujours à s'ensauver ces bêtes-là!), lesdits arrivant, l'un saisissant un gourdin (que personne n'avait remarqué jusque là), l'autre arrachant du sol un jeune arbre et le débarrassant de ses branches (même ustensile, au final, mais au moins, comme le fit immédiatement remarquer Constance à Bernardine, on sait où il l'a trouvé). Ceci fait, ils eurent, ainsi que le souligna Constance (encore elle) un instant d'hésitation, se penchant (se penchant même beaucoup, en raison de leur très grande taille, nota Bernardine) sur Edmonde, puis sur Marjolaine, puis sur Rolande, puis encore sur Edmonde, et ainsi de suite, avant, finalement, de se regarder l'un l'autre, puis de chercher aux alentours.

Ici, Armande fit à l'oreille d'Ermeline la remarque qu'ils devaient être en train de chercher Alban et qu'il était heureux qu'il soit encore dans le sac à couture de Marjolaine. S'étant grattée le nez pour marquer que la chose méritait d'être réfléchie, Ermeline se haussa sur la pointe des pieds pour répéter la chose à l'oreille de Constance, parce que Constance était la plus maligne de la famille et qu'elle saurait lui dire si c'était bien comme ça. On vit alors une paire de petits yeux toujours plissés s'agrandir, puis Constance, tiraillant ses deux nattes en même temps, consulta Bernardine, qui fit appel à son tour à Jacquette, laquelle fut empêchée de consulter Diogène par Théophile qui entendait, attaque de malvoulants ou pas, voir ses enfants manger leur repas chaud.

Pendant ce temps, les deux individus armés de gourdins mais dénués de cervelle (même d'une seule pour deux) avaient pris le parti que l'un d'eux empile Edmonde, Marjolaine et Rolande comme des assiettes sur les bras solides de l'autre et dépose le gourdin désormais non tenu par-dessus la pile.

- « Je vous de m'excuser, messieurs, mais si vous avez envie d'enlever mes filles, faites-le après le repas, ça vaudra mieux... Sinon, vous allez devoir leur trouver à manger, et je vous préviens, celle-là, elle est difficile. »

Edmonde, se sentant sans doute visée, rougit, ce qui eut pour effet que le plus chevelu des deux monstres, arrachant Marjolaine et Rolande des bras de son compagnon, les jeta à terre sans ménagement, l'air d'être sûr que c'était bien celle-là qu'ils cherchaient.

- « Je me demande s'ils savent parler autrement qu'en grognant » lâcha Constance entre deux cuillers, sur un ton un peu évaporé, qui fit craindre à Margot qu'elle oublie de manger et lui fit, par conséquent, venir reverser de la porée à la savante de la famille (on ne sait jamais).

Tandis que Rolande et Marjolaine se relevaient en se débarrassant l'une l'autre des épines de pins restées accrochées à leurs robes (a-t-on idée de jeter les gens dans des épines!), un grondement se fit entendre dans l'un des sacs à ouvrage. Celui de Marjolaine, pour être exact... Vous l'aurez compris, c'était Alban, mais un un Alban pas tout à fait comme d'habitude. Un Alban qu'on avait encore jamais vu. Un Alban tout de noir vêtu, portant immense cape semblant de fourrure d'ours, coiffe de feutre noir orné de médaillon d'argent, ceinturon tout de grosses plaques gravées de toutes les phases de la lune, et tenant contre lui un grimoire relié de cuir noir et renforcé de ferrures blanches comme argent pur. Plus inquiétant encore: ses jolies boucles blondes étaient devenues noires. A son côté, le petit poignard tout fin avait laissé place à une dague de belle taille qui valait presque une bonne épée.

- « Holà ! Veuillez lâcher cette demoiselle et venir vous battre, si vous l'osez ! Ce sera aux armes de votre choix!

- Heuuuooonnnn ????

- Aaaagghh ? Mmmmhhh ??? »

Hochant la tête en avalant sa porée, Constance leva un doigt pour donner indication à Bernardine de dire sa pensée.

- « Ils ne parlent pas. »

Pensée qui, si elle était bien celle de Constance fut cependant très vite démentie.

- « Il nous prend pour qui, l'autre, là ?

- On est des bandits, pas des chevaliers.

- Je ne suis pas chevalier non plus, mais cette demoiselle est soeur de celle que j'aime. Je ne laisserai personne lui faire du mal.

- Ah zut... On s'est trompés... Normalement, on doit enlever la fiancée du neveu du roi.

- Le neveu du roi c'est moi, là d'où on vient, vous et moi, mais ici, je ne suis rien, même pas le fiancé de qui que ce soit... Pas encore... Et vu la tête que tirent les parents et les grands-parents de ma mie, je doute que ça change bientôt.

- Ah... C'est notre faute, ça prince Ignacio... On aurait pas dû attaquer comme ça, sans se renseigner avant...

-Pis c'est embêtant, prince Ignacio... On fait quoi, si on peut pas enlever ta promise et que tu peux pas nous ratatiner pour ça ? »

Alban (?) eut alors un petit rictus assez inquiétant, avant de répondre sur le ton le plus courtois qui puisse être :

- « Oh... Si cela peut vous donner satisfaction, je suis tout à fait d'accord pour un combat. Je crois vous l'avoir déjà fait entendre

- Ca va pas, prince... C'est pas comme ça que ça doit se passer.

- Ouais. Il a raison. C'est pas comme ça.. »

Ici, Diogène, désireux, pour une fois, de ne pas être pris de vitesse par ses soeurs, se hasarda à commenter tout haut :

- «  En vrai, dans le livre, le combat, il a même pas lieu. C'est que des vantards, ces deux-là. Dans le livre, quand le prince avec son armée de fantômes, il les poursuit, ils se sauvent comme des lapins et la princesse, elle en profite pour se sauver. »

Un peu inquiet, Théophile regarda son fils un instant, puis, certain qu'il ne mentait pas, se promit, à la première occasion, de demander à son ami copiste ce que c'était que ce prétendu roman de chevalerie où on croisait des princes sorciers et dont les personnages étaient tellement réels.

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Episode 5

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Posté par SeleneC à 07:50 - B- A rire et à suivre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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