Dans le calendrier romain antique, le mois d'Avril est celui d'Aphrodite, déesse de l'amour, le mois de Mai celui de Maia, déesse de la terre. Deux aspect de la fécondité qu'il était bienvenu de fêter !

La coutûme des "arbres de Mai" se perd à présent... Mais quand j'étais enfant, elle existait encore, et celle des farce de 1° mai également. Celle des reines de Mai s'est perdue aussi, et depuis plus longtemps disons-le. Pourtant, ça pourrait plaire si on essayait de relancer ça, vu le succès que ça a dès qu'il est question d'élire une "miss quelque chose".

De tout cela il ressort que la période du printemps, période de renouveau, a été (et cela pendant des siècles et plus encore) celle de festivités autour de la fécondité. Logique.

La fécondité dormante est célébrée en hiver. Période de gestation, mais d'une certaine façon, période de mort.

La fécondité renaissante est célébrée au moment des premières pousses, soit en février-mars.

La fécondité victorieuse et en sa plénitude est célébrée au moment des fleurs, des premiers fruits se formant sur les arbres, de la verdure dans les champs et des légumes frais.

Il faut reconnaître une chose : c'est pratique, les calendriers des anciennes cultures... On retrouve à peu près les même cycles de fêtes partout. A croire qu'ils s'étaient mis d'accord pour nous faciliter la compréhension de tout ça.

Parce que, c'est fou, hein, mais dans le calendrier Aztèque, hé ben c'est comme dans le calendrier romain : on trouve l'idée de pousée des plantes, celle de floraison, celle de fructification et celle de déssèchement. Pas croyable, hein ? Devait y avoir le téléphone entre les pyramides d'Egypte et celle du Mexique...

Bon... Les calendriers ont longtemps été calqués sur les saisons, je l'ai déjà évoqué sur le blog. Celui de Fabre d'Eglantine (dit aussi "calendrier révolutionnaire") était encore bâti sur une volonté d'aller en ce sens-là, les jours ayant des noms de plantes, d'outils agricoles ou (pour l'hiver) de minéraux et les mois des noms bâtis sur la météo attendue pour cette période de l'année.

Au fond... Il aurait peut-être suffi d'enseigner aux enfants  le sens originel des noms des mois du calendrier romain (qui n'était pas si religieux que ça). En effet, les noms des jours (lundi-mardi-mercredi-etc.) sont encore ceux du calendrier païen (sauf "dimanche", mais en anglais "sunday" est encore le jour du soleil). de même que les noms de mois. Les fetes de saints chrétien qu'on a collé tout au long du calendrierne font pas partie du calendrier civil mais dépendent du bon vouloir de l'Eglise et de l'habitude bien ancrée qu'on a de les inscrire sur les calendriers imprimés. C'est tenace, les habitudes... D'ailleurs, le calendrier de Fabre d'Eglantine, à la 2° république, on a oublié de le remettre en usage, de même qu'à la 3°, et... C'est marrant, mais sauf en 1989 sur des calendriers édités pour le bicentenaire de la Révolution, je crois qu'on y a pas encore pensé.

Je m'égare... Où en étais-je ?

Ah oui... Les festivités de printemps, les arbres de mai, tout ça...

La vie d'autrefois (comme la nôtre?) était ponctuée de "jour de ceci" et de jour de cela".

Mais là où nous faisons une journée du fromage, eux fêtaient la déesse Flore et les courtisanes (oui, oui, l'odeur n'est pas la même !). Là où nous fêtons l'Europe et la lutte contre l'hypertension artérielle, eux fêtaient les lemuriae (pour apaiser les fantômes).

A chaque civilisation ses petits soucis et ses fêtes...

La différence...

C'est que la plupart de nos "journée de" à nous sont complètement indépendantes d'un quelconque point de repère naturel. Parfois, la date est une référence à une date-anniversaire de quelque chose. Parfois c'est un peu saisonnier et parfois... Ben parfois, on ne sait pas du tout.