La harpe du driseoc

Krrrââââââ !!!! On disait autrefois que les corbeaux étaient messagers des dieux... / Puck-le-Fou vous présentera, sur ce blog, la naissance d'une BD celtique et pourquoi pas, quelques vieilles légendes.

31-10-09

Le Corps Sans Ame

Le "Corps sans Tête" remonte aux traditions celtes.

Cette étrange créature (et encore plus étrange du fait qu'elle a, en fait, une tête) entre dans la catégorie des monstres errants dans la nuit et qu'il est dangereux de croiser sur son chemin.
Selon certains, le Corps Sans Tête serait unique et serait né d'une sirène violentée (ou séduite puis abandonnée) par un loup-garou. Dans tous les cas, il se reconnaît de loin à sa tête très ronde et au fait qu'il marche sans but. On peut assez aisément le comparer à l'image qu'on a de nos jours des zombies, car finalement, cet être erre en but de ce qui lui manque: une âme.

Quittons les légendes celtes et les traditions transmises rendues floues par les siècles et la christinisation qui est passée sur les populations des régions de la zone "celtique", pour l'est de l'Europe (celtique aussi, à une époque, d'ailleurs...) et le XVI° siècle.
Trois croyances, alors, s'y cotoient, qui, à la fin du XVII°, se seront fondues pour n'en faire plus qu'une.
- Les vrykolakas ou broucolaques,  sortes de fantômes, âmes en peine échapées de leurs sépultures, défunts morts en état d'excommunication et qui sont, en général rendus à la paix par une simple réintégration en la communauté chrétienne.
- Les lycanthropes ou loup-garou, humains capables de communiquer avec les loups et d'en prendre l'apparence. Réputés avoir de grands appétits sexuels et être très violents (donc facilement accusés de bien des choses). Soupçonnés facilement aussi de sorcellerie, mais pas automatiquement. Le mythe est entretenu par l'existence de personnes qu'une maladie héréditaire fait avoir une pilosité  hyperdévellopée.
- Les "prédateurs", créatures qui aspirent la vie (et le sang) non pas en mordant pour sucer le sang mais à travers la peau ou même à distance. On peut les associer aux "masticateurs", apparus en différents endroits d'Europe depuis le XIV° (étrangement partout là où passe la peste), et aux "cadavres suceurs" apparus en Angleterre au XI° (encore des histoire d'excommuniés comme les vrykolakas, mais avec ceux-là, le seul remède était la destruction du corps par le feu)
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Comme le "prédateur", "le Corps Sans Tête" aspire l'essence vitale... Ou plus exactement, l'âme, qu'il n'a pas. Car il n'a pas besoin d'aspirer la vie, étant lui-même immortel. En cela, il diffère grandement du vampire.
Est-ce que le "Corps sans Tête" (je traduirais plutôt "Corps Sans Ame") a un défaut à sa cuirasse ? Je n'en ai jamais trouvé mention nulle part, mais il est vrai que le mythe est assez peu connu, comme bien des mythes anciens.
S'il n'en a pas, il n'en est que plus dangereux... Mais ne tremblez pas trop, quand même, car il est unique et le mythe ne fait pas non plus mention de la possibilité d'une contagion.
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Il en va autrement des "cadavres suceurs" du XI°, des "masticateurs" du XIV° et des "prédateurs" du XVI°. Ceux-là sont des dévoreurs avides à qui il faut des victimes fréquentes et qui, de plus, semblent de reproduire, puisqu'on en voit de véritables épidémies.

Il sont, en cela, très semblables aux vampires de certaines légendes de la fin du Moyen-Age (origines du mythe). Dans ces versions, point de crocs, ni de morsure, ni même de succion du sang. Le vampire dévore l'âme de sa victime à distance, ce qui le rend encore plus redoutable. Comment, en effet, échapper à un monstre qui peut vous tuer sans même se lever de sa tombe ?
Quand au broucolaque,, en sa qualité d'âme errante sortie de la tombe pour attaquer les vivants et boire leur sang, il tient une position intermédiaire entre le fantôme, le vampire et le loup-garou et porte en lui pas mal d'éléments du mythe vampiresque actuel.

Pleine Lune = 2 novembre

Nouvelle Lune = 16 novembre

05-09-09

Lancelot du lac dans les sources

Par là, il y a une vraie merveille, en ligne sur le site de la BNF...

Mais, siouplait, ne cliquez pas tout de suite. Lisez quand même mon article !

http://expositions.bnf.fr/livres/lancelot/index.htm

Le personnage héroïque de Lancelot a été créé à la fin du XII° siècle, soit sept bons siècles après que la tradition arthurienne aie commencé à se former, et depuis, il y est devenu incontournable.

Le premier roman où il apparaît n'a pas grand rapport avec la "Historia" de Geoffroy de Monmouth, qui est à peu près contemporaine et qui relate la lutte des rois "bretons" (celtes quoi) de Bretagne contre les saxons. C'est un roman courtois dans toutes les règles.

On s'y émerveille, même n'étant pas initié à la symbolique médiévale ou celtique, des exploits de ce jeune homme. On le suit, on guette ce qu'il va advenir (cliquez ICI pour la fiche-lecture sur le roman)... Mais ce n'est pas là mon propos aujourd'hui.

La succession des épreuves imposées à Lancelot par son créateur et devenues, au fil des auteurs, "ses" épreuves à lui, "ses" quêtes, est encore plus effrayante quand on y cherche le message codé.

- Tout d'abord, la charrette qui lui vaut son nom de "chevalier à la charrette". Chrétien de Troyes l'explique par le fait qu'il était infamat d'y monter parce qu'on y promenait les gens qui avaient mal fait, comme on aurait pu les mettre au pilori. L'explication est plausible. on voit beaucoup, dans les archives médiévales, de peines d'infamie et certaines se font en se déplaçant... Très longtemps, j'ai donc accepté cette explication et je m'en contenterais s'il n'y avait que ça.

- Ensuite, il y a le fait que de ce fameux royaume de Gorre, personne ne revient jamais... C'est déjà symptomatique d'un changement d'univers, ça, dans les textes du moyens-age, mais pas suffisant, encore.

- Puis les deux ponts infranchissables : le pont de l'épée et le pont dessous l'eau (un gué, quoi)... A noter que celui qui tombe du pont dans la rivière reste sous l'eau sans se noyer. Nous sommes dons dans un endroit où on ne peut pas mourrir (c'est rassurant, vous me direz)

- Les tombes de personnes encore en vie que découvre Lancelot... Dont la sienne.

- Et là-dessus, s'ajoute que certains auteurs donne pour éthymologie à "Gorre" le royaume des morts (via le même mot que celui qui a donné la très belle expression "mer de verre")...

Ca devient tout de suite plus clair, cette quête, non ?

Ah ? Non ? C'est pas clair ? Du tout ?

Ouais... Peut-être bien... Faut être un peu marteau, pour aller dans le monde des Morts pour une paire de jolis yeux... Il est complètement siphonné, le Lancelot.

Un truc, quand même... Puisque Chrétien de Troyes n'en est pas encore à écrire sur des sujets hautement édifiants comme le Graal, est-ce que vous avez remarqué que dans cette histoire, l'Autre Monde n'a rien de chrétien ? Pas d'enfer, pas de paradis...

Bien sûr, Chrétien de Troyes est un trouvère français, qui n'avait pas forcément connaissance de toutes les légendes bretonnes (anglaises) ou armoricaine (à parier que les notions celtes relatives à l'autre monde devaient y être assez voisines). Mais je serais assez surprise qu'il aie été complètement ignorant de cet univers.

15-08-09

Fol clamé !

Au XIII° siècle, pour qu'un individu soit considéré comme fou, il faut qu'il aie été publiquement "fol clamé", et pour cela, que deux personnes de bonne réputation se soient portées témoins que ledit individu n'a pas le sens commun et l'aie juré devant Dieu.

Deux personnes, c'est très peu... Bien sûr, il y a la caution apportée par le fait de jurer devant Dieu, mais ça reste un statut qui peut vous tomber dessus assez facilement, quand même.

Mais... Que signifie, au juste, être "fol clamé" ?

Au Moyen-Age, on n'enferme pas les fous. Ca ne viendrait à l'idée de personne. C'est une chose qu'on ne fera qu'au XVII° siècle. Au Moyen-Age, ils sont gardés dans les familles, ou bien ils errent de maison en maison. Eventuellement, ils peuvent être des sortes d'hommes des bois (la littérature médiévale regorge de fous vêtus de haillons et armés d'un gourdin). Etrangement, on les respecte et on écoute ce qu'ils disent. D'ailleurs, fol vient de "folios", le fou vivant hors de la société et étant réputé chercher refuge dans les bois... C'est très fréquenté, la forêt, en ces temps-là ! On y croise aussi bien des ermites que des brigands ou des fous. C'est le lieu de toutes les rencontres !

Le fou est avant tout un innocent, au sens religieux du terme. Un être semblable à Adam et Eve avant qu'ils aient mangé le fruit de l'arbre de la Connaissance. De ce fait, il est tout à la fois plus proche de Dieu et plus susceptible d'être atteint de possession, que ne le sont les personnes dotées de Raison.  Par conséquent, deux possibilités : ou bien le fou est violent et doit être exorcisé, ou éventuellement (quand même) enfermé, ou bien il ne l'est pas et il est impensable de ne pas le laisser agir à sa guise (et de ne pas écouter ses divagations).

Quels sont ces "fol clamés", au juste ?

De nos jours, tout est défini, compartimenté, étiqueté. Il y a un vocabulaire médical de la folie complexe et précis. Au Moyen-Age, comme dans l'Antiquité, c'est moins facile à déterminer.

Bien sûr, il y a la terrible "mélancolie" ou "langueur", considérée comme folie, mais dont on sait que ça n'est pas définitif et qu'elle se guérit (ces termes désignent la dépression, qui était considérée comme un état de possession diabolique).

Mais quand on y regarde bien, des individus "n'ayant pas le sens commun", finalement, il y en a beaucoup... A commencer par les artistes et les méditants. Tous ces jongleurs courrant les routes, qu'on désignait si aisément du nom de "compagnie folle" et ces ermites perdus au fond des bois (je pense à St François, et surtout à ses prêches aux animaux) étaient-ils considérés comme "ayant le sens commun" ?

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Voir aussi l'article sur la Folie et la Sagesse dans le monde celtique (à venir)

Posté par SeleneC à 06:45 - D- Culture médiévale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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06-06-09

Les deux Yvain

Les romans arthuriens font très clairement mention de DEUX chevaliers nommés Yvain, et étant frères.

Je n'ai pas inventé ce point de détail original, et vous admettrez qu'il aurait été dommage de passer à côté.

L'un des deux est dit "Yvain au lion", l'autre est dit "Yvain Gwri". Parfois, il est spécifié que l'un des deux est un bâtard (ce qui explique un peu le doublon sur le prénom, puisqu'alors, ils n'ont pas la même mère).

Dans mon histoire, le coupable dudit doublon est Uriens, leur père... Mais ils n'ont effectivement pas la même mère. Ceci dit, j'ai fait là une entorse aux coutumes celtes, qui veulent que le nom soit donné par la mère (et uniquement par elle). Dans un monde qui a connu la romanisation (nom donné par le père), ça ne doit pas être trop grave !

Quittons un peu le 1° degré...

Que veut dire "Gwri", tout d'abord ? Je me suis, je l'avoue, beaucoup creusé la tête, a cause de ce mot.

On peut le rapprocher de "gwr" (homme). C'est déjà un sens qui vaudrait d'être retenu, et c'est d'ailleurs celui que j'ai donné au surnom reçu par la premier Yvain, dans ma BD (je lui réserve un bel avenir initiatique, à ce petit Gwri). On pourrait donc s'en tenir là...

Mais, et c'est sûrement beaucoup plus intéressant au point de vue de l'étude du mythe (arthurien?) du chevalier au Lion, Gwri peut aussi, tout simplement, se rapprocher de "gwriffret" (lion).

Un autre chevalier de la Table Ronde s'est nommé Gwriffret (encore un ?). Il s'agit de l'un des cousins de Lancelot. On l'appelle aussi "Lionel". Chez moi (trouvez ça bizarre si vous voulez), cette manie de coller des lions partout a eu pour effet que j'ai évacué autant que possible les noms ayant rapport au lion. Seul épargné : le surnom "Yvain Lion" (reçu tardivement). Une petite allergie à ces gros félins envahissants, en somme !

Et puis, bon sang, qu'est-ce que des lions viennent faire dans les légendes celtes ? Ben non, pourtant... C'est pas une erreur, c'est pas un apport tardif. Ils y sont arrivés très tôt.

Sûrement un résultat des nombreux échanges que les celtes ont eu avec des régions un peu plus chaudes (commerce, pillages, ou envoi de mercenaires...). Le lion, donc, s'est importé dans les légendes, comme le font les animaux fabuleux. Il y est au même titre que le dragon. C'est une créature dont on parle mais que bien peu ont vue. Autant dire : une créature d'Outre-Monde. Plus tard, il détrônera le roi des animaux, l'ours, mais ce temps n'est pas encore venu.

Quand aux "deux Yvains", on peut supposer qu'ils résultent des différentes traditions qui se sont faites dans une langue (celte) ou dans l'autre (normand), et de la volonté d'un auteur, un jour, de réunir les deux personnages.

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07-03-09

Les (premiers) auteurs arthuriens

Les plus anciens textes arthuriens sont, peut-être, des poèmes figurant dans un manuscrit gallois du XIV° dit "le livre de Taliesin". Certains de ces poèmes dateraient du VI° siècle et auraient pour auteur Taliesin, un barde contemporain de la conquête saxonne.

Hélas... Peut-être, seulement, car le manuscrit qui nous les rapporte n'est pas d'époque et la datation n'est donc qu'une estimation. Pire encore, ils sont mêlés à des écrits postérieurs et c'est par les travaux de spécialistes de la littérature médiévale qu'on considère ceux-là comme étant à considérer autrement.

La chronique de Nennius "Historia Brittonum" (Histoire des Bretons) est plus correctement datée: IX° siècle. Soit déjà pas mal de temps après les faits et pas mal de bardes ou de scribes. D'où, sans doute, des incohérences comme celles relatives aux origines de Merlin.

Si on trouve des extraits du Livre de Taliesin assez aisément, sur le Net ou dans tel ou tel ouvrage (quoique sans indiquer toujours l'origine des poèmes), la chronique de Nennius, elle, relève de l'introuvable, en cet an de grâce 2008... Et cela malgré une édition en français en 1999. Vous me voyez donc grandement marrie de n'avoir pu la consulter.. Et fichtrement désolée de ne pouvoir en parler, crénom d'un casque à ailettes !

A deux semaines de parution de cet article, j'ajoute ici que les forums sont un moyen plus efficace que les mot-clé (et les moteurs de recherche) pour trouver des textes celtiques... Grand merci à l'arbre celtique ! Je vais pouvoir combler un peu mes lacunes, en ce qui concerne Taliesin, déjà, et quelques autres textes aussi, d'ailleurs... 

Passons à la suite...

Le sermon de St Gildas "De exidio Britanniae" (La ruine de la Grande-Bretagne) m'est également encore inconnu. C'est pourtant, semble-t-il, une source importante et qu'il me faudra impérativement consulter. Cliquez ICI pour Wiki. Cliquez ICI pour le texte de Gildas en anglais. Et là (cliquez ICI), il est question d'une traduction de Gildas dont j'ai, après recherche, réussi à savoir qu'elle était parue en 2001 et d'un autre livre, qui a l'air, lui aussi très inéressant... Piste à explorer.

Au XII° (1135 selon certains, 1138 selon d'autre, entre les deux, ailleurs, 1136 si j'en crois l'Arbre Celtique), le moine Geoffroy de Monmouth, faisant preuve d'une rigueur rare à l'époque, rédige la "Historia Regum Brittanicae" (Histoire des rois de Bretagne) (disponible en librairie, ou sur commande, sauf si mon exemplaire était un des derniers) . Une oeuvre beaucoup plus longue que la "Vie de Merlin", écrite pas le même dix ans plus tard... Et moins agréable à lire, de mon avis personnel. C'est en effet une chronique dans toutes les règles du genre, c'est à dire une relation rigoureuse mais pas toujours exacte (les chroniqueurs d'autrefois étaient plus des écrivains que des chercheurs). L'ouvrage m'a semblé émaillé, surtout concernant cette très longue généalogie et l'histoire des ancêtres des rois les plus importants du récit, d'emprunts à la littérature gréco-latine et au légendes chrétiennes. Ecrit par un auteur celte, dédié à un roi normand (Etienne), dans un pays dont l'élite sociale était depuis longtems saxonne, le livre a, cela a déjà été dit, des relents revendicatifs. Il s'achève avec la demande que les auteurs qui parleront des rois saxons n'évoquent pas les rois bretons, n'ayant pas sous la mains les sources dont dispose Geoffroy pour son livre à lui. Nous sommes ici en 1135-37, soit une soixantaine d'années après la conquête de la (Grande) Bretagne par les normands... Mais d'assez longues anées avant que Henri Plantagenêt, devenu roi, aie l'idée  un peu saugrenue de se positionner en successeur d'Arthur (il est pourtant normand).

On a ici la généalogie complète des rois de Bretagne d'origine bretonne, avant et après Arthur (il y en a très peu après lui), ainsi que l'histoire détaillée de la période du traitre Vortingern (qui s'étale sur trois règnes), du règne d'Uther et du règne d'Arthur. Il y a trop à dire... A l'occasion, il faudra que je fasse des articles séparés. Je note pourtant qu'Uther est un roi SENSATIONNEL. On notera aussi que Geoffroy, dans l'affaire "Ingern", a donné à Uther des scrupules quasiment cornéliens. Ce qui ne l'empêche pas, une fois qu'elle est veuve (il n'y est d'ailleurs pour rien) de filer le parfait amour avec elle. Quand à son attitude, vieillissant... Quel roi ! Quel roi ! Mais il laisse la tâche inachevée. Son fils lui succède (sans difficulté notable). Arthur, donc, chasse les saxons. Ah tiens ? Et il ne s'en tient pas là. Le voilà parti à la conquête du Danemark, de la Norvège, de la Gaule... Sous couvert de porter assistance, bien sûr, mais on sent la domination féodale qui pointe son nez, dans ces guerres-là. L'assistance militaire fait partie des droits et devoirs seigneuriaux et celui qui demande aide doit en retour assistance sous une forme ou une autre.

Au passage, il se querelle un coup avec l'empereur de Rome qui n'aime pas trop tout ça. Toutes ces conquêtes s'agrémentent de luttes contre les géants et de protection aux chrétiens contre les vilains païens. On en est là quand il est avisé que l'amant de sa femme lui a piqué son trône en son absence. Non, je ne pas de Lancelot. Je parle de Mordred, qui est aussi le neveu du roi (la faute n'en est que pire!). Bataille... Guenièvre va s'enfermer au couvent. Arthur doit mener d'autres batailles (moins glorieuses, c'est le temps du déclin, dirais-je!), puis meurt en laissant le trône à un autre de ses neveux (heureusement qu'il n'en manque pas).

Autre élément très important de ce livre : les prédictions faites par Merlin étant enfant. On en profite, au passage, pour apprendre que sa mère est nonne et fille de roi. Chez Nennius, ai-je cru comprendre, il y avait contradiction entre "enfant sans père" et "fils de patricien". Il s'agit d'un très long passage qui, pour le début, se rapporte à Vortingern et à des faits immédiats, puis aux temps d'Uther et à ceux d'Arthur, inclut des éléments mystérieux sans aucun rapport avec les saxons, mais ancrés dans les mémoires depuis longtemps au temps de Geoffroy. Se poursuit avec l'asservissement des saxons par les normands (déjà là) et se poursuit encore et encore... Très longtemps et de façons très obscure.

Mais une chose est certaine: Geoffroy, à un autre passage, déclare ne pas rapporter un oracle parce qu'il ne croit pas à ce qui a été dit. Il faut donc penser qu'il accorde foi aux prédictions de Merlin et invite ses lecteurs à en faire autant.

Quand à la "Vita Mirdini" (disponible en librairie, ou sur commande) c'est un conte initiatique dont la trame principale s'éloigne beaucoup des histoires de lutte bretons-saxons et des questions éventuellement politiques, car vraiment, la folie de Merlin le conduit à ne plus avoir aucun rôle dans les histoires humaines. Il n'entre en contact avec ce monde-là que de façon épisodique, tandis que les faits de guerre se déroulent pour la plupart très loin de lui et sans qu'il s'en soit occuppé. Un texte où le merveilleux est présent, quoique délicatement christianisé, mais sans contradictions de l'oeuvre avec elle-même.

Le livre raconte comment Myrdin, roi et chef de guerre, devenu fou et devin à la suite d'une bataille, se met à fuir les hommes, préférant vivre dans la forêt et à prophétiser. Ce n'est pas un personnage unificateur des celtes, ni rattaché au Bien ou au Mal. Il est détaché de toute logique humaine. Les luttes contre les saxons ne l'intéressent plus. Il est devenu un "innocent", un être proche des animaux par le fait qu'il n'a pas l'uage de la raison, et par là même, tout à la fois plus proche de Dieu et plus fragile aux attaques des démons. C'est sûrement là qu'est la logique de l'histoire et en même temps sa non-logique. Il ne faut pas chercher. Il faut abandonner la Raison.

Les gens qui furent autrefois les proches de Myrdin sont le lien entre lui et le reste du monde. Ce sont eux qui tentent de le ramener à une vie normale et recueillent ses prédictions. Sa guérison n'aura cependant lieu qu'à la veille de sa mort. C'est alors sa soeur qui prend sa place (le don de divination devait être héréditaire?).

Posté par SeleneC à 18:42 - D- Culture médiévale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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14-02-09

Ourson et Valentin

Valentin, tout le monde connaît. On ne présente plus. Il revient tous les ans.

Ourson... Lui aussi, il revient tous les ans, mais dire que tout le monde connaît, ça serait peut-être un peu osé.

Au Moyen-Age, Valentin est le saint des ? Des ? Des amis fidèles (qui, dans la salle a dit le saint des amoureux ?) et ce titre, il le doit, disons-le, un peu à son frère Ourson.

La légende raconte que, se rendant à la rivière (pour prendre de l'eau ou laver le linge?) avec ses jumeaux, une jeune mère les déposa dans l'herbe et les laissa jouer, s'écartant un peu d'elle. Elle vit alors une ourse sortir du bois. Paniquée, elle se jeta sur le plus proche des deux enfants, tandis que l'ourse se dirigeait vers l'autre, et courrut au village.

A quelques années de là, une créature étrange fut signalée dans la région, ni homme, ni bête. Les jeunes gens des envrions se réunirent pour mener une battue par le monstre était fort comme un ours, rusé comme un renard et causait énormément de ravages.

La créature, traquée, fut bientôt encerclée par les chasseurs, mais Valentin, qui était de la chasse, s'avisa que c'était un homme, très velu, très sale, très musclé, ne parlant que par grognements et qui, pourtant, devait avoir à peu près le même âge que lui. Il se souvint de son frère disparu et demanda qu'on le capture vivant.

On nomma le jeune homme "Ourson", et il serait hasardeux de dire que ce fut facile d'être son frère, car les plaintes à son sujet étaient fréquentes. Pourtant, Valentin ne l'abandonna jamais.

De patron des amis fidèles, Valentin est devenu, par extension, celui des amoureux...

Peut-être aussi à cause d'un autre aspect de cet ours rattaché à son culte.

En effet, l'ours, qui est assez fréquent dans les légendes du Haut-Moyen-Age, et est rattaché à plusieurs saints, était dans les temps pré-chrétiens et est resté dans les temps chrétiens, un rival de l'homme.

Rival non seulement au niveau de la domination de la forêt, mais aussi, rival en amour... La tradition lui attribue une grande vigueur sexuelle et les contes populaires l'accusent d'enlever des jeunent filles pour les épouser.

Vous l'aurez compris l'ours n'est pas vraiment un animal: c'est presque un homme. C'est un peu notre migou à nous. Peut-être le troll des légendes, qui sait ?

Un homme sauvage... Et un enfant normal enlevé par lui ne peut que devenir tout à fait semblable à lui.

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Etant donné la date à laquelle à été fixée la St Valentin, dur, quand même, de ne pas faire le lien entre Ourson et les fêtes du Renouveau, annonçant le retour du printemps, comme l'Imbolc celte, à date du 2 février ou les Lupercales romaines (fête du dieu Faunus, liée au loup) à date du... 15 février.

Drôle, quand même, mais sur ce coup-là, je les sens un peu hypocrites, ceux qui ont fait de St Valentin le "saint des amis fidèles"... Ils croyaient sincèrement que ça n'allait pas donner un "saint des amoureux", au final ? A d'autres !

Mais bon... On allait pas refiler un saint patron au péché de chair, quand même ?

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Article sur l'Imbolc = Cliquez ICI.

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31-12-08

La Fête des Fous

Non. Ceci n'est pas une fête celtique. Nous faisons, ici, un petit détour par les origines romaines de la civilisation médiévale.

Ceux qui, parmi vous, ont lu les excellents "Compagnons du Crépuscule" de Bourgeon savent qu'il est, entre Noël et les rois, 12 jours de folie où toutes valeurs se renversent.

Cette tradition remonte aux très anciens temps de la Rome antique et et à la fête des Saturnales.

Les Saturnales, qui avaient lieu le 15 décembre (hé oui, c'est passé!) étaient, comme leur nom l'indique, un jour voué à Saturne.

Je précise quand même qu'il s'agit là du 15 décembre du calendrier romain, et qu'avant que César, en tant que grand pontife, le modifie selon les calculs de Sosigène d'Alexandrie, il avait d'énormes variations par rapport à l'année solaire... Et à la nôtre!

Ce renversement des valeur serait un peu "après moi le déluge"... Saturne étant le dieu du temps et sa fête, tout à la fin de l'année, devant avoir, quelque part, des accents de rappel de la fragilité humaine.

Puis venait le mois de Janus, dieu des portes et des passages. Image hébergée par servimg.com Plus exactement, c'est à partir du VII° s av JC que Janus a vu son mois devenir non pas le premier de l'année, mais le onzième, venu se rajouter, ainsi que février (douzième), à un calendrier originel de 10 mois.

Comme c'est un peu compliqué, je récapépète : la fête des Saturnales se trouve sur la fin de l'année dans le calendrier romain du VIII° siècle, sans doute d'origine étrusque, mais deux bons mois avant dès le VII°. On va pas déplacer la fête pour autant, hein ?

Une histoire de fous...

Et puis, plus important que les calculs de calendrier que font les humains pour leurs petites affaires, il y a un truc qui ne se déplace pas: le solstice d'hiver. Le moment où, comme je l'expliquais dans un autre article, depuis la nuit des temps, l'homme tend à être saisi de crainte devant quelque chose qu'il perçoit comme "la fin" ou tout au moins l'image d'une fin possible. Important, que les Saturnales soient en décembre, donc...

Ah ouiche... Et là, j'imagine les pontifes de la Rome Antique, tous les ans, se grattant le crâne devant les décalages des saisons astronomiques et du calendrier officiel. Nom d'une oie capitoline et crénom d'une amphore ! Y'a un problème à résoudre, là...

Decembre deviendra douzième mois au V° siècle, lors d'un nouveau remaniement.

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En tous cas, les Saturnales étaient, comme le sont toutes ces fêtes où on laisse à chacun le droit de s'exprimer comme il l'entend (comme les carnavals), de bons défouloirs et mieux encore, d'excellents moyens de "sentir la température", c'est à dire d'estimer les ressentiments des uns et des autres et de calculer sa propre attitude dans les temps à venir, en conséquence.

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13-12-08

De la coupe de Nestor au Saint Graal... Histoires de contenants et de contenus

Le Graal est un des éléments les plus incontournables du folklore arthurien.

Le "Saint Graal", comme on dit en général... Il serait descendant, si j'ose dire, du "Chaudron d'Or" des légendes plus anciennes. Chaudron assez difficile, d'ailleurs, à définir, car selon les légende, il n'est pas attribué au même dieu (déesse) et n'a pas le même rôle.

Un article est prévu, sur le thème du "Chaudron d'Or". Je placerai un lien ICI quand il sortira.

On peut d'abord l'attribuer au Dagda / Sucelllus. Ces dieux comportent en effet parmi leurs attributs,  dans les histoires ou la statuaire, un chaudron qui, parfois, devient un tonneau, voire une amphore (avec Sucellus et son homologue Silvanus). De ce chaudron et parce que son contenu est sensé révéler cer qui est invisible et donner la Connaissance, certains pensent qu'il contenait une potion hallucinogène. Sans aller jusque là, il peut, du moins, être le lien entre les hommes et les dieux, par le biais de l'ivresse.
Dans une autre légende, Cerridwen confie le chaudron empli d'une potion de sa fabrication, à Gwion. Le pauvre Gwion y gagnera une chevelure et un doigt en or, ainsi que la connaissance de toutes choses. Mais je connais cette histoire par une version visiblement très tardive et très éloignée du paganisme celte.

Et...

Et qu'est-ce qu'il y a eu d'autre que le "Chaudron d'Or" ?

Le titre de cet article parle de la "coupe de Nestor".

Que le Chaudron d'Or renvoie au Dagda ou à Cerridwen, il est lié à la Connaissance.

Par là, il est lié à la coupe du héros grec Nestor réputé pour son intelligence et sa mémoire. En ce temps-là, précisons-le, une éducation soignée passe invariablement par l'apprentissage par-coeur de nombreux vers, que ce soit chez les grecs ou chez les celtes. La coupe de Nestor serait alors son esprit.
Mais ce n'est pas le seul sens qu'on peut donner à ces récipients...
Invariablement apportée par une jeune fille (vierge, bien sûr) dans les romans d'aventure courtois, le Graal est sensé n'être porteur que d'une mystique religieuse. Les chevaliers qui le cherchent sont en quête religieuse et point barre, à la ligne... Mais est-ce bien certain ?
Ne peut-on pas trouver dans ce vase que nul ne peut toucher et qui est associé à une pure jeune fille, une signification sexuelle, par identification de la jeune fille porteuse et de l'objet porté ?
D'autant qu'il y a, dans la "fin amor" des trouvères un paraxode amoureux très difficile à démêler : l'amant insatisfait aime celle qui se refuse parce qu'elle est "de grand prix" (femme de grande valeur morale), tout en espérant, bien sûr, satisfaction un jour alors que l'amant satisfait (trop tôt à son goût, sûrement variable selon les uns et les autres) est insatisfait d'avoir été satisfait parce que... Bref... Laissons ce pauvre trouvère en faire une chanson, et sa dame aussi, tant qu'ils y sont... Et revenons à nos chaudrons.
L'identification de la jeune fille au Graal ne serait que conditionnelle, d'une part à sa pureté, d'autre part, au fait qu'elle aie l'objet en main. Une identification par extension, en somme, fonctionnant en inversé du chaudron, du tonneau, de l'amphore ou de la coupe qui étaient autrefois attributs de Sucellus. L'objet representé n'est pas la jeune fille, c'est le Graal. L'objet représenté n'est pas le tonneau, c'est Sucellus.
Quatre chevaliers, d'après les différents romans, ont vu le Graal. Un seul l'a touché. Ledit chevalier élu n'étant autre que... Le fils de la demoiselle qui, autrefois, portait le Graal.

Je vais essayer de résumer l'histoire de la naissance de Galaad...
- Prédiction a été faite qu'Elaine serait mère du chevalier qui acheverait la quête du Graal et que le père serait le plus grand chevalier ayant jamais vécu. Pour trouver ledit chevalier, le roi Pellès conduit sa fille à Camaloth. Elaine se heurte à la jalousie de Guenièvre. Lancelot devient fou et disparaît dans les bois.
- Lancelot ayant été capturé et mené à Pellès, il est soigné de sa folie, mais la mémoire lui a échappé. Il épouse Elaine, laquelle, du coup, ne peut plus toucher ce fichu Graal (c'est susceptible les vases magiques!)
- Petit à petit la mémoire revient à Lancelot, et surtout quand il revoit la reine. Bon, ben tant pis, c'est pas grave, de toutes façons, le futur héros du Graal est né, on peut se passer de son papa... Il retourne donc à  ses quêtes héroïques et ses tournois et ne reviendra au domicile conjugal que vingt ans plus tard, et encore , parce que la "quête du Graal" l'y aura amené. Mais faut croire que c'est pas si grave que ça parce que même si ça lui a fallu de rester douze jours dans les pommes, le quatrième de ceux qui aient vu le Graal, c'est lui.
Les trois autres = Galaad (seul autorisé à le toucher, à force que je le répète, vous allez me trouver gâteuse), Bohor (champion d'escalade sur donjon et de résistance à la tentation devant belle païenne) et Perceval (marié, deux enfants, un peu naïf, mais du bon sens et ce qui ne gâte rien, des valeurs, un gars bien pour compléter l'équipe, donc).

Passe-t-on, pour autant, du vase-esprit à un sens plus... Matériel, voire grivois ?
Pas forcément, car dans la mystique celte, la sphère amoureuse est d'une importance non négligeable et remplie de symboles. C'est aussi un monde très complexe qu'il faut apprendre à décoder. Hors-sujet dans cet article... Donc je passe, pour cette fois, et je poursuis mon chemin.
Il reste la triple image du vase comme symbole de "boisson de la Connaissance", "sexe féminin" (la Connaissance ayant souvent été incarnée par une femme, chez les celtes) et, "Moyen d'accéder au Monde Invisible", en passant par la Sagesse et l'Immortalité.
Les trois images, finalement, n'en formant qu'une seule, quand on les regarde bien...
Ouais, bon.... D'accord... Peut-être qu'il faut vraiment très bien... Mais alors vraiment très très très bien les regarder... Essayez quand même, vous voulez bien ?
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Cliquez ICI pour voir l'article du 29 novembre 08, sur le Dagda.

Un article sur le Chaudron est prévu le 30 mai. D'autres aspects y seront abordés.

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06-12-08

Il était trois petits enfants ...

Difficile de faire remonter le bon Saint Nicolas (cliquez ici pour avoir la chanson de Saint Nicolas) à "nos ancêtres les gaulois"... Même si son imagerie est, comme la leur, très marquée de ces jolies couleurs un peu trop tranchées que les imprimeurs d'autrefois employaient pour les feuilles que l'on vendait ici et là et qui égayaient les chaumières.

Saint Nicolas c'est, bien sûr, le patron des enfants, dans les régions du nord et de l'est. C'est l'ancêtre du Père Noël et avec sa figure d'éternel voyageur, sa grande barbe blanche et sa sagesse, il a quelque chose d'odinesque... Mais cela s'arrête là. La ressemblance avec Sucellus, le dieu au tonneau, ou à la marmite ou à l'amphore est plus marquée. Encore une fois, une figure de sage barbu et voyageur. La crosse d'évêque a remplacé le maillet, mais (je dois avoir trop d'imagination, moi), l'imagerie n'est pas bien éloignée: digne, majestueuse, sage, imposante...  A rapprocher aussi de celle d'Odin, dieu sage et néanmoins guerrier, lui aussi, mais qui comporte aussi des éléments d'autres dieux celtes que le Dagda.

Nicolassucell01La légende de Saint Nicolas est longue et complexe. Que comporte-elle de vrai ? Sans doute pas grand-chose...
On prétend souvent que son iconographie le représente avec les enfants sauvés du saloir... Mais le prétendu tonneau ressemble beaucoup aussi à la tour de Sainte Barbe (à ce détail près que sa tour à elle ne contient rien, puisque c'est celle où elle est sensée avoir été enfermée, je crois). Alors ? Tour ? Tonneau ? Et pourquoi pas une tradition, chez les sculpteurs, de maintenir une ambiguité entre les deux ? Après tout, la légende de Saint Nicolas reprend aussi le passage des homme injustement emprisonnés et liberés par lui.
Mais comme il ne faut jamais perdre une bonne occasion et que celle-là était trop belle, on aura repris l'iconographie de Sucellus pour attirer les âmes simples tentées de s'égarer sur le chemin du paganisme (recyclez, recyclez, vous dis-je...).
Saint Nicolas était aussi, autrefois, le patron des écoliers (comptez dans le lot des petits clercs turbulents qui pouvaient avoir 20, voire 25 ans...).


A Dijon, au XIV° et au XV°, le 6 décembre était le jour où la chambre de ville votait le budget des fêtes de Noël. Tous les ans, à cette date, on voit apparaître entre telle et telle affaire, ou bien isolé, si rien de bien particulier, ce jour-là, n'a été porté à la connaissance des échevins, la mention des pièces de toiles achetées pour "vestir" les musiciens qui animeront la ville.
Je dois dire que quand j'ai constaté le fait, en faisant les recherches destinées à ma maîtrise d'Histoire, la chose m'a surprise. Le délai me semblait un peu bref pour réaliser des habits. Mais je n'avais pas le temps de m'en étonner vraiment, ça n'était pas mon sujet...
Et puis, en regardant des enluminures de cette époque, une réponse s'est imposée à moi, toute bête: les armoirires de la commune de Dijon étant un écu "de gueules, uni" (à ne pas confondre avec le très complexe écu de Dijon, ville ducale), et la coutume, à la fin du Moyen-Age, étant que les musiciens portent par-dessus leurs habits, un rectangle de tissu armorié plié en deux et percé d'une ouverture pour la tête... Rien de plus simple, en effet, que de distribuer des pièces de tissu rouge aux musiciens et de leur demander d'être prêt à temps pour les fêtes !
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Et pour en revenir à Saint Nicolas : Le "trois", il est chrétien ou païen, dans cette histoire ?

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Image de Saint Nicolas prise sur cette page (si vous voulez en savoir plus sur les traditions à son propos, cliquez, c'est une belle page).

Image de Sucellus tirée de "les dieux de la Gaules et des gaulois"

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Article sur le Dagda = cliquez ICI.

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Images de St Nicolas et de Sucellus =

Google (quelle adresse?) pour l'une, "A la rencontre" des dieux gaulois" pour l'autre.

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Sur un autre sujet, et parce que le bouquin dont il était question (celui du dessinateur dont vous voyez ci-dessous; à gauche, l'avatar internet) sort lundi 8 (finalement) cliquez ICI, pour revoir l'article du 30 octobre ou ICI pour voir les références (vous pouvez aussi les avoir en cliquant, ci-dessous à droite, sur la miniature du livre).

Arskaron Ceci était une page pub amicale...

01-11-08

Les 3 morts et les 3 vifs

La fin du Moyen-Age (ce qui en est le plus connu) a été une période d'omniprésence de la Mort. En avait-on plus peur qu'avant ou après ? Difficile à dire... En tous cas, on vivait avec elle en permanence et on la représentait de façon très réaliste, aux abords des cimetières, dans les cimetières, aux frontons des églises, dans les églises, dans les livres d'heures, etc.

Image hébergée par servimg.com C'est le temps des cadavres qui marchent au-devant des vivants et qui dansent avec eux.
C'est l'âge d'or de contes issus sans doute de très vieilles traditions, mais renouvellés, retravaillés, variés d'une région à l'autre, selon les conteurs et selon les peintres.

Celle qui, parmi ces traditions mortuaires est la plus connue est, bien sûr, celle de la danse macabre. Ca n'est pas une illustration d'une légende mais une figuration allégorique du temps qui passe. On en connaît de très nombreux exemples et de façon générale, l'idée est simple: la Mort, égale pour tous, entraîne avec elle sans arrêter sa ronde tout aussi bien les riches que les pauvres, les hommes que les femmes, les vieux que les jeunes. En un temps où sévissent les épidémies (à commencer par la peste) comment s'étonner de telles fresques?
D'autres traditions, moins connues sont plus élaborées, mais renferment le même message.
Image hébergée par servimg.com Le "dit des trois morts et des trois vifs" a été fortement décliné sous forme de fresques.
L'histoire est d'une structure assez simple qui donne lieu a bien des variantes possibles, selon les lieux, les temps et les conteurs... Trois jeunes gens, passant par une route proche d'un cimetière ou tout simplement en un point où se trouve un calvaire, croisent trois squelettes qui leur rappellent, le temps de ce croisement, la fragilité de leur existence, et puis chacun des deux groupes poursuit son chemin.
Il y a, bien sûr des contes variant sur le thème, où un vivant plaisante sur une tombe en invitant à dîner son occupant, et en est cruellement châtié quand la mort, répondant à l'invitation... Vient chercher le vivant.
De ces traditions médiévales tardives, quelle est la part celte ? Quelle est la part chrétienne ? Et quelles sont les autres parts, d'ailleurs ?
Les invitations d'être d'Outre-Monde sont fréquentes dans les légendes celtes, et de façon générale, les univers païens antiques ont des frontières d'outre-monde assez perméables (encore que dans bien des cas, il soit plus facile d'entrer que de sortir).

Le chiffre "trois" a fait son apparition dans l'imaginaire spirituel occidental très tôt et n'en est jamais sorti. Récurrent chez les celtes, qui lui accordent plusieurs significations (chiffre à différent degrés de lecture, comme à peu près tout ce qui relève des chants des bardes), il a été repris par les prêtres chrétiens (de même que le chrisme grec, et la croix solaire celte). A leur décharge, avouons qu'il n'était pas facile de choisir des symboles en ces temps où tellement de dieux étaient passés par là. Le poisson, lui-même, symbole des premiers chrétiens (choisi parait-il parce que la constellation du poisson désignait les hébreux [c'est là-dedans que se serait manifesté l'étoile annonçant la naissance du Christ] et à cause de la multiplication des poissons par Jésus) existe déjà dans la symbolique celte (décidément!) où figure, et en bonne place, s'il vous plaît, le Saumon de la Connaissance (un chouettement adorable poisson qui donne la Connaissance Absolue à celui qui en bouffe et qui en plus, se régénère quand on en coupe un morceau: même pas besoin de le tuer).
Donc...
Image hébergée par servimg.com Malgré la très évidente tonalité tardive et chrétienne de cette tradition, je n'ai pas trop de remord à la dire "celtique"... A l'inverse de certains contes (ou légendes) celtes qui nous parviennent tellement marqués par le christianisme que la seule tonalité qui en ressort est celle des vilains démons (dieux païens) et des gentils héros (chrétiens bien sûr), celles-ci font flirter le Visible et l'Invisible sans évoquer la question du Bien et du Mal. Mais il est vrai que la question envisagée est celle de la Mort...
Ce qui m'évoque un autre conte... Mais comme cet article est déjà bien long et que c'est un conte qui mérite d'être conté, il sera posté ici même la semaine prochaine !

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Coloriages sur l'articles "Allo Ouigne?"

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