La harpe du driseoc

Puck-le-Fou vous présentera, sur ce blog, la naissance d'une BD celtique et pourquoi pas, quelques vieilles légendes.

12-07-09

Histoire de jambes

Petites méditations sur la

Comme bien souvent, je vais peut-être partir ici un peu sur des pistes pas très orthodoxes du niveau de ce qui est admis par les spécialistes... A ma décharge, que je ne suis pas une experte du monde antique celte mais un auteur qui se demande comment faire pour décrire une société cohérente.

Le problème, aujourd'hui, ça sera le thème des boiteux.

Le premier problème avec cette question, c'est que si on lit parfois qu'aucune inperfection n'était admise pour les charges importantes, on lit aussi, parfois, que le fait de boiter aie pu être considéré comme signe de faveur divine et de sagesse. Et vlan ! Et une contradiction ! Une ! En même temps, ça peut être des peuples différents avec une idée différente sur la question.

En tous cas, partant de là, vous comprendrez que quand on m'objecte ce fameux "aucune imperfection", j'hésite.

D'autre part, qu'est-ce qui est considéré comme une imperfection susceptible de vous écarter d'une charge importante ? Une incapacité de la remplir, je suppose...

Concernant le fait de boiter, il y a des tas de manière de boiter, et des tas de manières de devenir boiteux.

Philippe de Macédoine (Ok, c'est pas un celte, c'est un macédonien, mais on a ses jambières) devait boiter assez profondément, vu l'écart entre les deux jambes. Pas trop gênant, dès lors qu'on est à cheval, vous me direz ! J'ai, une fois, dans je ne sais plus quel numéro d'Archologie, été estomaquée par une photo de tibia mal recollé après une fracture (nécropole de quelle époque, je ne sais plus...). Ce squelette-là aussi, de son vivant, devait être bigrament boiteux... Mais il ne l'avait pas toujours été.

Ce genre de claudiquement-là, je veux bien croire que dans un monde où on se déplace beaucoup à pied (encore que justement, les notables peuvent aller à cheval) il représente un gros handicap. Encore plus dans le combat, où il gêne considérablement le mouvement.

Mais il y a des cas de claudiquements plus légers, et dont j'ai peine à croire que personne n'en souffrait en ce temps-là. Au contraire... Je me demande même si, passé un certain âge, tout le monde n'en souffrait pas peu ou prou.

Voilà dix ans, je me suis mise à boitiller, suite à une entorse qui a laissé une tendinite. Entorse soignée, certes, mais pas assez... Les remèdes de ces temps-là, ou plutôt, l'attention prêtée à l'évolution des petits et gros bobos aurait-elle fait mieux ? J'ai peine à le croire...

Aurait-il fallu exclure tous ceux dont la arche n'était pas mesurable avec un mètre et un compas ? Allons bon ! A ce compte, en très peu de temps, ces pauvres gens n'auraient plus eu le moindre concurrent en lice !

Non... Plus que le claudiquement lui-même, c'est le fait qu'il soit propre à être une gêne qui est en cause, et dès lors, il faut laisser intervenir la force de volonté de la personne en question.

Tel, atteint d'un claudiquement de nature grave, parviendra à vaincre la douleur quand le besoin s'en fait sentir et ne sera pas considéré comme un infirme. Tel autre, atteint d'un claudiquement moins important mais incapable de le surpasser, sera écarté.

Voilà comment j'imagine la chose...

Mais comme en tout ce qui concerne les coutumes et les façons de penser des celtes vivant avant le temps des romains, c'est dur d'avoir une réponse...

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25-04-09

Jeux de force et d'adresse

Petites méditations sur la

Les jeux de force et d'adresse, à notre époque, peuvent paraître de gratuites démonstrations de musculature et de testostérone. Ne dites pas le contraire... Combien de gens considèrent le rugby comme un sport brutal? Hein ? Car, ne vous déplaise, je fais entrer le jeu de choule (ancêtre du foot et du rugby) dans la catégorie "jeux de force et d'adresse", au même titre que la lutte, le tir à la corde, le lancer de tronc, etc. Si on doit faire une subdivision "jeux se jouant en équipes", on y classera le tir à la corde, la choule, et les jeux d'armes qu'au XI° siècle, on nommait "mêlées", ou "tournois".

Les mêlées/tournois, du XI° n'ont rien à voir avec les très polissés et très organisés jeux d'armes du même nom organisés au XV° siècle (avec deux chevaliers qui se ruent l'un vers l'autre en suivant une poutre qui les empêchera de se cogner en plein, et c'est bien utile vu qu'ils sont trop lourdement armés pour bien voir où ils vont). C'étaient de vraies batailles, avec blessés, prisonniers, but à conquérir (il y avait souvent un enjeu à ces mêlées) et même, des morts. On a écrit que les premiers étaient organisés pour entraîner les chevaliers et que les spectateurs (et spectatrices) qui suivaient tout ça le faisaient depuis les rempart et n'étaient, en quele sortes, pas prévus au programme. Possible. Possible aussi que ces entraînement, "musclés" aient eu un rôle de confrontation des hommes d'armes de clans (le haut moyen-age fonctionne encore beaucoup ainsi) voisins.

<<<< Lancer de tronc (un diaporama comportant en "phase video"deux lancers de tronc et un lancer de marteau est disponible sur l'article du 28 mars)

Quand à la choule... Hé bien, la choule, autant le dire tout de suite, elle n'a pas grand-chose à envier aux mêlées armées. Les règles sont assez simples. Rien à voir avec le rugby (qui est plus subtil que ne se l'imaginent les gens qui le réduisent à la seule mêlée). Vous prenez un ballon (la matière et la taille varient, une poche de cuir remplie de paille fera très bien l'affaire), vous vous rendez, en compagnie de tous les hommes valides de votre patelin, au lieu prévu pour la rencontre avec les gars du village voisin. Le nombre importe peu. Plus vous serez, mieux ce sera, mais laissez en arrière les maladroits, les fragiles, les étourdis, etc. Le lieu de la rencontre avec les gars d'à côté (parroisse ou village voisin) sera en général un lieu sur lequel il y a une petite bisbille territoriale. La partie sera l'occasion de la régler. On met le ballon, qui est en fait plutôt un témoin, au milieu. L'équipe qui réussit à l'emmener le plus loin possible dans le camp adverse a gagné et gagne du même coup le petit bout de terrain dont on ne savait pas à qui il était. Les moyens dont on dispose pour en arriver à ce résultat ? Tous, pourvu qu'aucune arme (blanche puisqu'on a pas encore d'armes à feu, en ce temps-là) ne soit employée. L'usage du bâton est autorisé. Normalement, ça doit permettre de frapper le ballon, mais il n'est pas interdit de s'en servir contre l'adversaire. Les études qui ont été menées sur les loisir au Moyen-Age ont relevé des parties de choule s'étant soldées par des morts, y compris parmi les spectateurs (qui n'auraient sûrement pas dû s'avancer pour voir de plus près!). On peut supposer, je crois, sans trop de risque de se tromper que des techniques "d'attaque" étaient élaborées pour améliorer les chances de réussite et que tous ces braves chouleux n'allaient pas chouler sans avoir une petite idée en tête du rôle qu'ils allaient jouer dans la partie... Mais dès lors que rien n'était interdit, les moyens employés pour porter le ballon au bout du champ pouvaient varier presque à l'infini !

Mais pour avoir une chance de donner quelque chose de valable, il ne fallait quand même pas varier trop, du moins, pas sans d'être avant cela, concerté avec les gars du même camp que vous... N'est-ce pas ? Autrement dit : agir de préférence "ensemble". Nous dirions "en équipe" mais j'ai envie de dire "en groupe", car ces activités de loisir qui avaient un petit quelque chose de défouloirs légèrement dangereux avaient aussi quelque chose d'entraînements au combat, au cas où on serait amenés à se battre pour de bon... Viendrez-vous me dire que "mais non, pas du tout!" ?

Et alors ?

Que peut-on voir à y repprocher ?

Les arts du combat, autrefois, c'était la base de la survie. En cas d'attaque d'un ennemi ou d'une bande de pillards, en cas, tout simplement, d'animaux dangereux rôdant autour du village (quand ça ne serait qu'un gros sanglier faisant des boutis plein les récoltes?), il fallait impérativement que les hommes soient bien entraînés.

<<<< Plaquage inspiration rugby... Application à une bagarre entre chevaliers... Je regrette un peu que, sur cette image, ça soit le gars qu'on est "pas sensé voir beaucoup" qui effectue ce mouvement...

Ouais.. Bon... Et pourquoi pas les femmes ?

Bon, là, je sens que je vais partir en hors-sujet si je pars sur cette piste là...

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Quand aux différents "lancer de", ce sont des jeux de force et d'adresse "en solo", c'est à dire qui permettent de dévellopper l'une et l'autre et tant qu'on y est, de se mesurer au voisin immédiat... Les applications directes ? Hummm... Sûrement pas des masses. Par contre, le gars qui sait lancer un tronc, j'ai quelques inquiétudes pour le mec en face de lui quand il est armé d'une pique.

Non ?

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Lien interne au blog

28 mars 09 = article sur les jeux écossais de Luzarches 2008 (Région parisienne) = cliquez ICI.

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<<< Pierre sur l'épaule avant le lancer (avec les petits drapeaux, l'arbitre).

18-04-09

Dieux anciens, dieux romains et dieu nouveau

Quel était, au juste, l'état de christianisation de la Bretagne (Grande) au V° siècle, c'est à dire au temps où est sensé avoir vécu Arthur ?

Sûrement variable...

César est allé en Bretagne, mais il en est reparti, après avoir négocié la "non-intervention" des chefs bretons en Gaule.

Gargouilles de la façade de ND de Dijon (elles datent de Viollet le Duc, parce qu'une légende veut qu'au Moyen-Age, il y en aie une qui se soit fracassée sur la tête d'un usurier qui entrait, et qu'à cause de ça, on les aie retirées...).

Ce n'est donc qu'en 43, sous le règne de Claude, que l'ile voit débarquer des légions. L'une des raisons de ce débarquement est de déraciner le druidisme, qu'on craint de voir ressurgir en Gaule et d'y favoriser les troubles anti-romains.

Cet objectif a sûrement été plus ou moins réussi, selon les lieux et les milieux. Il faut aussi tenir compte de l'acculturation des élites et des mariages mixtes (qui créent forcément un peu de mixage culturel). Les bretons du V° s ne sont pas (ou pas tous, chipotons pas) de purs celtes, mais ils sont bretons avant d'être des sujets de l'empire romains et d'ailleurs, leur statut légal n'est pas le même que celui des habitant de Gaule.

Dans cet univers on voit des dieux étrangers s'installer. Ils ne sont pas tous d'origine romaine. Certains sont des cultes orientaux, amenés par les légionnaires, les marchands ou éventuellement les esclaves. Parmi ces cultes "pas romains et pas celtes", on notera la présence de deux cas bizarres dotés de la même étrangeté : ce sont des dieux uniques. Mithra, d'une part, et le Dieu des chrétiens d'autre part. Une unicité qui ne s'assortit pas de l'appartenance à un peuple précis, notons-le quand même. Mithra est associé au taureau (solaire). Le Dieu des chrétiens à l'agneau christique. L'un et l'autre (et surtout Mithra) ont beaucoup de succès. Pourquoi Mithra a plus de succès ? Peut-être parce que, tout dieu unique qu'il soit, il n'est pas exclusif et accepte même le culte impérial.

306 ap JC : Constantin est proclamé empereur. Il est alors général, en Bretagne (justement) et son père, qui vient de mourir, est (était) l'un des trois empereurs alors en place. Trois empereurs, c'est déjà beaucoup, vous me direz... Oui. Mais cette tétrarchie ne dure pas. En 307, ils sont sept. Inutile de se leurrer, l'Empire est en bien piteux état et se déchire de l'intérieur.

C'est peut-être idiot, mais devant cette constatation, tout à coup, je me demande si cette rivalité entre Arthur et l'empereur de Rome, rapportée par Geoffroy de Monmouth, est si stupide que ça ? Passons...

Calvaire double en Cote d'Or... D'un côté la naissance, de l'autre la mort. Mes photos, normalement, sont "brutes de décoffrage", mais ici, à cause du contre-jour, j'ai augmenté la luminosité et diminué les contrastes... 

313 ap JC: Constantin est seul empereur. Dire que son règne est sans petits soucis de type complot serait hasardeux, mais au moins, c'est un règne qui dure. Après lui, à nouveau, il y a querelle pour le pouvoir, metant en scène ses fils (dont l'empereur Constance) et son frère (Julien, dit "l'Apostat").

Mis à part le règne de Julien (l'Apostat), le christianisme vient de sortir de la succession de périodes discrètes ou sombres qui ont fait ses débuts. Sous Constance (fils de Constantin), un édit interdit le culte des idoles sous peine de mort.

Est-ce bien respecté partout ? Sûrement pas. D'abord parce que l'autorité, fut-elle impériale a autre chose à faire que pourchasser les adorateurs d'idoles dans tous les petits recoins de la vie quotidienne où ils pourraient loger une superstition, ensuite parce que dans les campagnes, les sanctuaires sont parfois un arbre, un rocher, une source...

Pour cela, les "Vies des Saints" regorgent d'exemples de christianisation d'une pratique païenne... Il y a aussi des exemples de destruction d'arbres sacrés, vous me direz. On peut détruire, aussi, ce que l'homme a bâti, même si ça n'est pas toujours facile, mais quand il s'agit d'éléments naturels (sources, rivage, rocher brut, forêt et non pas arbre...) allez donc trouver comment faire ? Au XIII° s, on en sera encore à expliquer aux fidèles qu'il ne faut pas adorer Diane parce qu'elle n'existe pas et que ce culte est un piège du démon pour écarter de Dieu (prière, pénitence et n'y reviens plus, hein?)

Le paysage cultuel de la Bretagne (Grande) au V° siècle est donc sûrement un joyeux mélange, surtout dans les campagnes, car dans les villes, on peut se dire que le culte officiel prend plus facilement le dessus et que les cultes interdits ont tout intérêt à être discrets.

En peu de temps, le christianisme va connaître fondations d'abbayes et violentes querelles théologiques. Les cultes païens, eux, s'enterre, quitte à être l'humus dont se nourriront les discours et l'art chrétiens.

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31-01-09

Sonnailles clinquantes et peaux de chèvres tendues

Petites méditations sur la

J'ai évoqué, voilà quelques temps, la harpe, instrument de l'Harmonie, sur ce blog.

Ce jour, je vais évoquer la musique du Chaos. C'est à dire celle de la guerre, d'une part, et de la joie spontanée d'autre part. Je sais... Ca n'est pas tellement la même chose.

Voire ?

Plus exactement, je vais évoquer le Chaos et très accessoirement, sa musique...

Dans l'article sur la triple Eithne (cliquez ICI), je parlais des liens qui existent peut-être entre la mythologie grecque archaïque et proto-historique (cette dernière ne pouvant être que supposée) et la mythologie celte.

J'avais évoqué Athéna... Mais mes principaux suspects sont Arès et Pan. Des dieux particulièrement remuants, un peu sauvages, barbares, même, et cela de l'avis même des grecs.

Pan, malgré cette caractéristique de "dieu non civilisé" était très populaire, et pas seulement comme dieu des troupeaux, puisqu'on lui attribue la victoire de Marathon. Pourtant, il est bel et bien le dieu des "peurs paniques" et des désordres indescriptibles. Notons au passage qu'il ne se rattache à la généalogie des dieux olympiens que par sa position de frère de lait de Zeus (il est fils d'Amalthée). Ce qui est assez exceptionnel dans l'enchevêtrement généalogique qu'est la mythologie gréco-romaine.

Arès, lui, bien que faisant indiscutablement partie de la famille olympienne, est assez vite devenu un dieu de popularité assez médiocre. Il faut dire que son titre de "dieu de la guerre", il ne l'a pas usurpé. C'est un dieu brutal, impitoyable, et par-dessus le marché, pas toujours très réfléchi (au grand contraire d'Athéna, également déesse de la guerre). Son plus grand titre de gloire (à mon avis) étant d'être peut-etre le père d'Eros (fils d'Aphrodite, dieu de l'amour). Peut-être, parce que ça peut aussi être Apollon (en tous cas, c'est pas Héphaïstos, qui lui, est pourtant marié à Aphrodite).  Bouh... Quel chaos ça peut être, l'Olympe !

Arès et Pan m'ont un peu écartée de mon sujet... Le grand point commun entre ces deux dieux est d'être des entités "chaotiques". Dans le système védique, ils feraient partie des "divinités tourmentés", et justement, au contraire du panthéon grec, le système celtique se divise en sphères qu'il est tentant de rapprocher de celles de l'Inde. Quel que soient leurs noms, les dieux de la guerre celtes sont également des dieux "chaotiques", et les dieux (beaucoup sont cornus) de la fertilité, également.

J'entends par "dieux chaotiques" (c'est plus joli que "tourmentés", et plus parlant, je trouve) des entités qui font appel à toute l'énergie que les vivant ont en eux, sans réflexion d'aucune sorte, comme un jaillissement, comme ça vient et dans le plus grand désordre.

Allez savoir comment ça se fait, quand quand les choses s'entrechoquent dans le plus grand désordre, ça produit toujours pas mal de vacarme.

Les instruments de ce que j'appelle ici la musique du chaos ce sont donc des percussions. Tout d'abord, il y aura les sabots des chèvres résonnant sur les rochers, et les lames qui s'entrechoquent, puis les tôles que le marteau frappe pour les mettre en forme et les boucliers sur lesquels on frappe avec le plat de l'épée. S'y ajoutent le vent de tempête dans les creux de roche et ce drôle de phénomène qui veut que souffler dans une corne produise un son. Et après ça, on verra les tambours de peaux tendues, les clochettes et les instruments à vent en corne ou en bronze.

Allez savoir comment ça se fait, mais la joie de vivre et la guerre, chez les celtes, se rejoignent facilement...

Je comparais plus haut le système des univers celtes à celui de l'Inde (pas sur tous les points, ne me faites pas dire ça!)... Comme celui du christianisme, le système celte pré-chrétien est triple. Monde où nous sommes, monde du dessus, monde du dessous... Mais on ne peut pas (hé oui, là non plus, c'est pas partout pareil) comparer le "monde du dessous" à l'enfer, parce qu'il est celui des divinités "chaotiques" que j'évoque ci-dessus et qu'elles ne sont pas toutes "mauvaises". Même la guerre, chez les celtes, n'est pas, quand on y regarde bien, l'oeuvre d'un dieu mauvais: on fait la guerre pour augmenter les richesses et la goire du clan, ou bien pour les défendre. Pour des femmes ou bien pour des troupeaux.

Au hasard de mes tribulations internautique, je suis tombée sur un texte critique à propos de l'oeuvre du poète James Mac Pherson (XVIII°, voir "poèmes d'Ossian"). Il serait trop long et hors-sujet de reprendre les critiques en question, ici, mais je note quand même que Mac Pherson, semble-t-il, prétendait que les celtes ne se battaient ni pour la domination, ni pour le pillage. Mouais... Et la saga de Cuchulainn ? Elle ne parle pas, clairement, de pillage de bétail ?

Soyez-en choqués si vous voulez... Mais à toutes époques et en tous lieux, la guerre et l'économie ont entretenu des rapports assez étroits. D'une façon ou d'une autre.

Vae victis, comme aurait dit Brennus !

Et puis, tout ce vacarme, ça s'entend de loin ! Qu'il s'agisse d'annoncer une victoire ou de fêter le retour du printemps... Que la fête batte son plein !

C'est un peu pareil, d'ailleurs... Si on part du principe qu'il y a lutte permanente entre les divinités qui règnent l'hiver et celles qui règnent l'été.

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Article sur la harpe = cliquez ICI.
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27-12-08

De la harpe, du harpiste et de leur lien

Petites méditations sur la

La harpe est un élément bien connu de la culture celte. Un cadre triangulaire dont deux côtés servent à tendre des cordes dont le nombre varie, au cours du temps, et en fonction de la taille des harpes. La harpe, au Moyen-Age est fréquent ailleurs que dans le monde celte, en ce qui concerne l'iconographie, mais c'est alors une présence principalement dûe à l'imagerie du Roi David harpiste et des anges.

Dans le monde celte, l'instrument est fortement présent, et les bardes également... Je ne pense pas seulement à la Bretagne, mais aussi et surtout à Cymru (Pays de Galles), à l'Ecosse, à l'Irlande... A l'Irlande, en particulier, où le celtisme a été particulièrement bien conservé.

Jusqu'au XVI° siècle où, sur les domaines dépendant de la couronne anglaise, une loi les interdit (de mêmes que rimeurs et comédiens) et les oblige à se faire discrets. En Bretagne, à cette date, cela fait longtemps qu'ils ont cessé d'être.

Il faut dire que ça n'est pas si dur de faire disparaîte une culture véhiculée par des poètes itinérants. Aux beaux temps des celtes, on leur accordait une escorte lors de leurs déplacements. Ce ne sont pas des combattants. Quand il faut traverser une région dangereuse, que peuvent-ils faire ? Et la Bretagne a souvent connu les guerres internes ou externes et les bandes de pillards.

Dans le monde celte chrétien, la harpe a été l'instrument des missionnaires et des ermites (pas si ermites que ça...) pour chanter les psaumes et a trouvé pour patron Saint Hervé (et non le roi David, tiens donc?). Un enseignement chrétien dans la tradition de l'enseignement druidique via les bardes, donc...

Dans le monde celte païen, qui dit "harpe" dit "Dagda", pour reprendre le vocable des sagas irlandaises. Le Dagda, c'est le premier de tous les dieux, et pourtant, pas vraiment leur roi.

Un article a été consacré, sur ce blog, au Dagda. Pour le voir, cliquez ici.

Dieu de la Sagesse, le Dagda est aussi un dieu harpiste.

Sa harpe se nomme Uaithne, qui veut dire "harmonie"(JM Thibaux, Pour comprendre les celtes et les gaulois). Etrangement, la femme qu'il aime se nomme Eithne.

Doit-on y voir la preuve que la harpe est "la dame" du harpiste ?

Dans certaines histoires, Uaithne est une harpe magique qui a le pouvoir de jouer seule trois airs auxquels nul ne peut résister. Dans d'autres, elle a un harpiste, musicien attitré du Dagda, et qui porte le même nom qu'elle. Il existe aussi, dans d'autres légendes, des bardes nommés Ethné (sans être musicien du Dagda, mais le fait mérite d'être cité quand même)

Dans "les Dames du Lacs", de M Zimmer Bradley, le harpiste Kevin parle de sa harpe comme de "sa dame". C'est, il est vrai, un instrument que le joueur enlace étroitement, et il est difficile de ne pas faire un parrallèle entre les mains du harpiste sur les cordes et celles de l'amant sur la femme aimée.

Extension du harpiste? Dame du harpiste? La harpe est un peu tout cela à la fois, et en même temps, le lien qu'il a le pouvoir d'établir entre les hommes.

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Liens internes au blog

Cliquez ICI pour voir l'article du 29 novembre 08, sur le Dagda.

Cliquez ICI pour voir l'article du 10 janvier 09 sur la déesse Eithne.

Cliquez ICI pour voir l'article du 31 janvier 09 sur la musique du Chaos.

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Liens externes = histoire des harpes

Cliquez ICI = site 100musiques.

Cliquez ICI = blog "madame musique"  .
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20-09-08

A pied et à cheval

Dans un monde de guerriers, le statut d'un individu se définit pour beaucoup par ses capacités à se battre ou à entraîner derrière lui d'autres hommes.

L'art de convaincre et la capacité de penser sagement sont réputés, dans le monde celte, être l'apanage des gens âgés. Il y a bien les bardes, qui acquièrent à chaque changement de statut un peu plus de reconnaissance de leur importance et de droit à être protégés (jusqu'au statut de druide, s'ils y parviennent un jour), mais pour la plupart des gens, la parole ne doit venir qu'après la valeur.

Quelle valeur, au fait ?

La société celte comportait des princes guerriers, qui avaient autour d'eux des guerriers constituant une sorte de garde... Mais ce n'était pas, comme la société médiévale, un monde distingant clairement "ceux qui prient / ceux qui se battent / ceux qui travaillent " (distinction établie, si ma mémoire est bonne, à la fin du XI° siècle ou au début du XII°, en concurrence avec une distinction relative au rapport à la sexualité (pas eu grand succès, celle-là).

Il est, dans les légendes d'origine celte, un type de personnage pour lequel j'ai beaucoup d'intérêt: les forgerons. Ils ont, au Moyen-Age, gardé un peu de la grande importance qu'il ont dans le monde celte, puisque les métiers du feu sont dits "nobles" et autorisés à "ceux qui se battent".
Le feu est une magie... Il transforme la matière.

Le forgeron, si pauvre soit-il, a toujours des armes solides et puissantes pour aller se battre. Il peut aussi (surtout s'il les fait lui-même, sinon il devra les échanger avec son voisin orfèvre contre une réparation d'épée ou un poignard neuf) se permettre de porter des boucles de ceinture et des fibules qui le rapprochent des "premiers" (les princes).

Il y a bien des métiers qui vaudraient que je m'y penche... Comme le faiseur de bouclier, par exemple.? Je le ferai pour le tonnelier, mais ça n'a aucun rapport avec cette histoire de forgeron.

A pied ou à cheval, l'homme libre, dans la société celte, est un guerrier, quand le besoin s'en fait sentir. Et cela est valable pour les druides aussi (on a des exemples dans la littérature latine)

L'arc n'est employé que pour la chasse. Il serait jugé méprisable de l'employer au combat... Les auteurs gréco-latins disent que les gaulois méprisent les scythes pour cela. Le fait est qu'ils n'employaient, en tous cas, pas cette arme et préféraient très visiblement le combat rapproché.

Rien que le personnage du "guerrier fou" se ruant dans la bataille sans aucune protection sur le corps en est un bon signe... De quoi, en tous cas, stupéfier les grecs, dont les hoplites étaient tout de même assez coriacement renforcés (chez les romains, c'est un peu plus léger, et en plus il y a plusieurs types d'armures).

La lance et la pique (sorte de lance courte) sont des éléments importants de l'armement... Mais le terme de "lance", comme avec les armes du Moyen-Age qui portent ce nom, est très impropre (avis perso), puisque la lance... Ne se lance pas.

Elle est même conçue pour être plantée dans le sol afin d'en renforcer l'effet, ce qui est le propre des armes d'hast. Elle a, de plus des ailettes qui sont parfois très développées, afin de déchirer plus la chair. C'est une véritable double lame portée au bout d'un long bâton. Elle n'a pas la forme des hallebardes suisses du XV°, mais finalement, elle en a toutes les fonctionnalités.

Un cavalier ne peut appuyer sa lance sur le sol... Est-ce qu'il en manie une ? Je ne vois aucune raison à ce qu'il n'en manie pas, en tous cas... Dans le 2° épisode de la "Geste", on verra donc la fille de Grisandole faire démonstration équestre de cette arme (restez pas sur son chemin).

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Et... petit rajout mais z-n peu tard (j'y ai pas pensé avant) = Si les jeux écossais vous intéressent, ou bien simplement si vous êtes en région parisienne et cherchez une idée de distraction pour ce WE-là:

http://jeuxecossais.asl.free.fr/

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25-06-08

Musique celtique...

J'ai voulu mettre de la musique sur ce blog (hé oui, c'est quand même "la harpe du driseoc"). Je suis donc allée sur dreezer à la recherche d'une musique celtique qui conviendrait.

Première déception... Il y en a très peu.

Deuxième déception: je suis tombée sur un titre ("Limerick y'ou're a Lady") dont je connais une interprétation sublime (sans la question des droits d'auteur, je l'emploierais pour un montage d'images en diaporama, pour mon site)... Mais pas avec le même interprète.

Et pas de chance... A mon goût, c'est du gâchis, cette version-là. Cette chanson, si pleine de vie, si dansante, mêlant si bien un petit fond de tristesse, de grands espoirs et un un peu de joie, dans l'interprétation que j'en connais est, chantée par lui, déprimante au possible. Larmoyante comme il n'est pas permis. Beau... Oui, si on aime ce genre-là. Mais larmoyant à en déprimer le plus joyeux des korrigans.

J'ai demandé le titre "Greensleeves", sûre de le trouver. Il y est, en effet, et même un très grand nombre de fois. Mais à vrai dire, il ne me convient pas beaucoup. Certes, il est très connu comme "air celtique", mais en fait, ce titre du XVI° porte très fort la marque des échanges qui se sont faits au Moyen-Age entre la musique profane et la musique sacrée.

Des échanges qui se sont faits dans les deux sens... La chanson très connue "J'ai vu le loup et le renard chanter" date du XIV°, dans ses versions les plus anciennement connues, et c'est une parodie du Dies Irae ("Jour de Colère".). Le ton dansant de la chanson montre bien, d'ailleurs, l'intention de renverser l'attitude moralisante de l'Eglise concernant la Mort, le Jugement Dernier etc.

Il y a en musique irlandaise de très beaux morceaux, vraiment... Dommage de ne pas pouvoir mettre en tête de playlist un de ceux qui sont sur les disques dont je dispose.

Mais j'ai trouvé une chanson d'une chanteuse qui reflète très bien l'âme celte...

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Geste de la Haute Table, sur mon site.

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