04-11-09
L'Auberge du bout du Monde
L'Auberge du bout du Monde
Prugne et Oger
Quand j'ai ouvert cette BD...
C'est bien simple : j'en suis restée sans voix.
Depuis les Compagnons du Crépuscule (Bourgeon), je n'avais plus resenti un tel émerveillement. pas grand-chose en commun, pourtant...
Au niveau graphisme, ça se rapprocherait plus du "Col du vent" (oh que c'est vieux, ça?), c'est à dire que c'est tout en nuances d'aquarelle qui donnent une impression constante que le vent de Bretagne a soufflé sur les pages et que la brume marine y est restée accrochée comme aux rochers.
Au début, tout semble normal, mais ça ne dure pas. Dès l'arrivée à l'auberge, on sent que quelque chose ne va plus, que ce pays n'est pas désert pour rien et que les petites formes sombres dans la cuisine ne sont pas des rats. On sait que l'aubergiste malade ne délire pas.
Mais ça n'est vraiment qu'à la fin, alors que le vieil homme a raconté bien des choses étonnantes, qu'on se rend compte à quel point rien ne va plus dans cet endroit coupé du monde et à quel point, depuis le tout début, rien n'allait dans cette histoire. Parce que... Rien de tout ça n'aurait jamais dû se produire. Un élément crucial aurait dû y manquer...
Et pourtant, tout cela s'est produit.
Mis à part cette narration magistrale sur un scénario somme toute assez simple (c'est ce qui en fait le charme), les costumes sont merveilleusement soignés, les physionomies également. Les dates choisies avec grand soin. L'ensemble est splendide.
Quand au dessin : j'ai dit plus haut ce que j'en pense. Qu'est-ce que je voudrais savoir manier l'aquarelle avec une aisance pareille ! Moi qui suis un manche avec un pinceau !
Ca n'est pas un magazine qu'on trouve très facilement, mais en cherchant un peu, ou bien si on a un marchand de journaux qui, justement, l'a en rayon, ou bien en allant voir sur leur site... Ca peut se faire !
En tous cas, outre que c'est un magazine assez sympa (le site est dans ma colonne de liens), si je fais, un peu de pub pour eux, aujourd'hui, c'est aue j'ai un conte à moi dans leurs pages.
Eventuellement, si le conte vous a plu, vous pourrez venir me le dire ici !
07-10-09
Le dialogue des deux Sages
Le dialogue des deux Sages
Trad et expliqué par Jean Christian Guyonvarch
Je n'aurais sûrement jamais lu ça si je n'étais une abominable tête de mule et si, un jour, je ne m'étais fichu dans le cervelas (ça aide à le couper en tranches) de me documenter un max sur la littérature celtique au plus lointain qu'on aie des sources, parce que c'est là qu'il u a le moins de "parasites" venus s'inscruster au travers des époques chrétiennes.
Et je ne regrette vraiment pas de l'avoir lu...
Ce texte nous est connu par des copies dont les plus anciennes datent du XII° mais qui sont toutes semblables. D'où supposition de fidélité des copistes. Et en effet, mis à part sur la fin à propos de la fin des temps, on y trouve peu de traces pouvant laisser supposer une intervention de l'église chrétienne sur le texte.
Le "dialogue" est une discussion entre un jeune et un vieux "filid" (poètes), discussion compétitive qui doit décider duquel se verra attribuer telle charge à la cour, que tous deux revendiquent (ouais, je sais, ça fait pas très glorieux ni très désintéressé !).
Toujours est-il que c'est l'occasion de découvrir en même temps que les "combats oratoires" celtiques une façon de s'exprimer par images à plusieurs degrés.
Dans le commentaire, J-Ch Guyonvarch cite un autre texte, qui met en scène un "file" se rendant chez un autre "file" en compagnie de son élève. Cette histoire m'a évoqué la tradition d'enseignement des maîtres zen...
Le livre comporte en annexe, les préceptes de Cuchulainn... Qui sont très intéressants !
Aya de Youpogon
Marguerite Abouet (auteur) et Clément Oubrerie (dessinateur)
Ca n'a pas grand-chose de celtique, ni de surnaturel... Mais que voulez-vous ! J'ai bien aimé, et puis, on est aux approches des temps où les portes s'entrouvent par lesquelles toute rencontre devient possible, n'est-ce pas ?
Donc, j'ai bien aimé Aya...
C'est tout bête, comme histoire. Aya vit à Abidjan. Elle rêve de devenir docteur. Ses copines, pendant ce temps, s'amusent et sortent le soir pour aller danser. La vie de tous les ados dans le monde entier, quoi...
Sauf que c'est un monde où tout est plus haut en couleur et plus brûlant, parce qu'il y a du piment et du gingembre, que les pagnes sont noués comme ci par celle-là et comme ça par celle-ci, et qu'il se passe des tas de choses, dans les petites cours derrière les maisons.
09-09-09
Histoire des langues celtiques
Histoire des Langues celtiques
Hervé Abalain
Petit livre très sympa pour comprendre les embranchements entre les vocables celtes...
Bon, ça n'est pas un dictionnaire, et ça n'est pas avec ça qu'on apprendra le gaélique, le breton ou l'irlandais, mais pour ce qui est d'en deviner un peu le pourquoi et le comment des différences, c'est déjà pas mal.
C'est clair, avec des explications sur l'histoire de ces langues et leur évolution... Nan. Sympa. Pour un petit truc de ce format, c'est vraiment pas mal !
12-08-09
Corto en mode celtico-arthurien ...
Est-il besoin, seulement, de présenter ce personnage et son auteur ?
Ils figurent au Panthéon de la BD, en place d'honneur, et je n'ai pas l'impression de pouvoir dire quelque chose de nouveau sur leur compte.
Hugo Pratt a envoyé Corto Maltese se frotter à l'univers celte et à la légende arthurienne à deux reprises... Deux albums assez chronologiquement éloignés dans son oeuvre, et pour cela, sans doute, ils n'ont pas le même ton et pas le même style graphique.
En fait, ils n'ont presque rien en commun !
"Les Celtiques" est un recueil de six histoires courtes. Celle où Corto est confronté à la fée Morgane, à Oberon, au lutin Puck et au vieux Merlin (après avoir peut-être un peu trop bu au pub) est "Songe d'un matin d'hiver". Les êtres surnaturels (omniprésents) mis à part, c'est une histoire de guerre et d'espionnage, avec une Rowena (soeur des saxons Hengest et Horsa et épouse de Vortingern, officier anglais) digne de Mata Hari (ben oui, on est en pleine 1° Guerre Mondiale).
Corto ne sait pas bien, ici, ce qui lui est arrivé, ni même, au juste, comment il en est arrivé à jouer quel rôle. Il est dépassé, et pourtant il vient d'être l'instrument du destin... Ben oui, quand on a pas de roi Arthur sous la main, on prend un marin (un rien paumé) qui passe dans le coin.
Là, c'est une autre paire de manches... Déjà, vous aurez noté que les cases sont plus grandes et le dessin moins précis (à l'aquarelle). Autrefois, je trouvais ça dommage, cette idée qu'il avait eue de passer à l'aquarelle et de tout faire en couleurs... Mais autour de moi, on disait que c'était mieux en couleurs. En lisant "Entretients avec Dominique Petitfaux", je me suis rendue compte que la colorisation des vieux albums et le moment où les nouveaux ont été faits en couleurs date du moment où Pratt "en avait marre" de faire "du Corto" et où pourtant, c'était ce qu'on lui réclamait encore et encore. En même temps, le dessin des autres séries dessinées dans cette période n'est pas beaucoup plus détaillé... Un peu seulement. Possible qu'il y aie eue là une part de problèmes de vieillesse ?
Que dire de cet album, "les Helvétiques" ? Ben... Malgré mon goût pour les mythes arthuriens et pour l'oeuvre de Pratt, je reste sur ma faim, sur ce coup-là. A coup sûr, c'est une exploration (très!) intéressante du mythe du Graal, et de quelques autres légendes, mais... La magie n'est pas la même, chez moi, qu'avec les merveilleuses taches d'ombres et de lumière (tellement merveilleuses!) des albums en noir et blanc. Ca ne veut pas dire que vous n'aimerez pas ! C'est juste que, décidément, j'aime trop le noir et blanc de Pratt... Un nir et blanc tellement lumineux !
16-07-09
. Les sept missionnaires
D'abord, une (très bonne) BD
Les Sept missionnaires
Scénario (impeccable !) = Alain Ayrolles
Dessin (délicieux...) = Lugi Critone
Colorisation (sublime!) = Lorenzo Pieri
Les 7 péché capitaux, vous connaissez ? Les vikings aussi ?
Hé bien, vous prenez sept moines, affligés chacune d'un péché capital (et incapable de s'en défaire), et vous les envoyez évangéliser les terribles "hommes du nord", histoire de leur faire les pieds et parce que, comme ça, peut-être que les côtes auront une chance de ne plus être ravagées par ces je-ne-sais-quoi de barbares...
L'idée peut paraitre idiote, mais au fond, elle ne l'est pas tant, et même, elle est pleine de bon sens.
Et le pire, c'est que... Ca marche !
Superbe BD, aux images envoûtantes de couleurs doucement posées, qui conrtastent souvent avec la rudesse des situations mais s'accorent très bien avec la poésie des âmes humaines, et à l'ambiance très bien plantée.
Dommage que, dans les librairies, elle soit si peu mise en avant !
Le Bleu. Histoire d'une couleur.
Michel Pastoureau.
Alors là... Je dois dire que je ne sais pas par où commencer !
Ca a l'air simple, comme ça, le thème du Bleu... Mais finalement, y'en a fichtrement lourd à dire.
On dirait pas ?
En tous cas, j'ai lu ça rapport à mes interrogations sur les enluminures, et je ne regrette pas parce que c'est lourd en enseignements sur des tas-z-et-des tas de sujets dont même des tas non'ont qu'un lointain rapport avec l'art (mais parfois un rapport plus ou moins étroit avec le lard)
Bref = ça n'est pas une lecture de loisir, je le reconnais, mais je vous la recommande quand même, si vous êtes amateur de Moyen-Age (ou d'Antuitité), ou tout simplement d'Histoire de l'Art...
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Découvrez Dan Ar Braz!
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17-06-09
Contes d'ici, d'ailleurs et d'autrefois ...
Tout d'abord, de la lecture sérieuse =
La Nuit au Moyen-Age, de Jean Verdon.
Quoique les anecdotes et références aux textes et archives médiévaux se suivent parfois de façon un peu trop systématique, ce qui tend à faire perdre le fil du raisonnement général (des "encadrés" sur la page d'à côté, pour certains, auraient peut-être été mieux), l'analyse de la perception de la Nuit, via ses aspects démoniaques, humains et divins est très intéressante et très instructive, même quand on a déjà plus qu'un pied dans le Moyen-Age... Et pourtant, je pense que ceux qui ne sont pas très médiévistes y trouveront quand même de l'intérêt, quand ça ne serait que par les références qui émaillent l'ouvrage et dont certaines sont des anecdotes assez délicieuses.
Ensuite, un petit voyage loin des terres celtes...
avec un recueil de contes vietnamiens = "le Lac né en une nuit"
Que viennent faire ces contes-ci dans un blog d'univers celtique ?
Cela pourrait tenir aux nombreuses fois où j'ai la sensation que la pensée celtique païenne (celle dont on n'a plus que de vagues indices) et la pensée extreme-orientale ont des points communs, mais ça n'est pas ça... Non, pas du tout.
Outre que j'ai été charmée par ces contes, ce qui est le cas de bien des lectures (et je ne peux pas toutes les reporter ici), j'ai été assez amusée de retrouver dans certaines de ces histoires des airs de vieux contes ou légendes de par chez nous.
Celle-ci évoque très nettement Cendrillon, celle-là a un air de parenté avec l'épée Excalibur et la Dame du Lac (en plus élaboré)...
Les mêmes esprits auraient-il soufflé à l'oreille des conteurs, en des lieux tellement éloignés ?
Et tant que j'en suis à faire un petit voyage en orient...
Le sumo qui ne pouvait pas grossir...
D'abord parce que j'ai aimé ce livre, qui parce de différences et d'acceptation de soi, ensuite parce que même si c'est une impression trompeuse, il y a, au premier abord (au tout premier!) quelque chose, entre la lutte celtique, la lutte scandinave, la lutte mongole et le sumo... Par la posture de départ qui place les lutteurs appuyés l'un contre l'autre. Posture qui n'a rien de bien extraordinaire, après tout... Mais les règles et les techniques diffèrent énormément, et de façon peut-être révélatrice.
J'avais, dans un article de l'ancienne forme de mon site, parlé de ces choses. Il faudra que je revienne dessus ici-même, un jour.
20-05-09
Le châtiment de l'Au-Delà
De façon générale, les ambiances sont très bien rendues, tant celles qui concernent le mauvais temps, que celles à propos des attaques dans la campagne ou des marais où on peut s'engloutir comme rien.
C'est prenant, tripant, ça vous met (en tous cas à moi) des tas d'images dans les yeux.
L'Angleterre présentée là est un monde où se cotoient bretons et saxons, païens et chrétiens, où on ne sait plus très bien qui vient de se convertir et à quoi, qui vient de s'allier à qui, où même les religieux, qui sont d'anciens guerriers, pour certains, ne sont innocents ni des haines, ni des massacres, et où, pourtant, il se trouve des hommes (et femmes) de bonne volonté pour sauver des vies et tenter de bâtir la paix.
Mais ceci n'est que le contexte... Car l'histoire, elle, se concentre sur un lieu précis et si, bien avant la fin, j'avais compris qui était la dame en rouge, il faut quand même attendre la fin et les explications de la soeur (plus maligne que tous ces gros durs?) pour en avoir la certitude. Ben oui... C'est usant ! Sans arrêt, on trouve des nouveaux indices, voire des nouvelles pistes... Ah non, c'est la même que l'autre. On revient en arrière. Ah tient, encore un autre indice... On en a combien, là ? Faudrait compter... Mine de rien, et sans ordinateur, et sans petit calepin dans la poche, il a bien du mérite, le frère, de ne rien oublier !
C'est que tout ça, ça va très vite, par moments !
Et qui c'est le coupable , dans cette affaire ? Pas le diable, en tous cas. Rien de surnaturel dans toute cette histoire, je vous assure ! Mais si vous avez déjà lu quelques Sherlock Holmes, je vous laisse imaginer à quel point une enquête tout aussi inextricable peut paraître diabolique à ceux qui croient à ces choses là !
Les "moins", maintenant...
Flatté par cette bande jaune prometteuse "religieuse et détective au VII° siècle", mon féminisme a été un peu déçu... J'avais espéré une sorte de Sherlock Holmes en jupons vivant au VII° siècle. D'où m'était venue cette impression ? Pourtant tenace, d'ailleurs, cette impression ! On a bien, ici, un duo d'enquêteurs, et en effet, c'est elle qui, à la fin, explique tout. Il y a des Sherlock Holmes où toute l'enquête est ainsi menée à distance... Mais Watson, alors est "télécommandé", et n'agit que selon les indications qui lui ont été données. Ici, le frère prend des décisions, va, vient, observe, erre un peu, se pose des questions, trouve des réponses (chose que Watson fait toujours de travers), et par-dessus le marché, s'inquiète de la santé de la soeur (qui est aussi sa femme) parce qu'elle a chopé un mauvais coup de froid. Quand au petit passage à la fin, alors là, si c'est une façon, de la part de l'auteur de rendre hommage aux femmes, solides et tendres à la fois... Moi, ça me fait un effet guimauve. Mais je console en me disant: peut-être que c'est pour suggérer qu'elle est l'ancêtre de Sherlock Holmes ?
2° critique, qui m'est venue quelque part vers les pages 30-35 et m'a un temps écartée du roman pour faire une série de recherches sur le christianisme au Haut Moyen-Age et les règles monacales en vigueur en ce temps-là... De cela, bien que je n'ai pas encore tout bien pigé (c'est fou comme une question en amène toujours deux autres), j'ai au moins ressorti que la manière dont est présentée ici la règle colombanienne me semble être... Une anomalie. Certes, elle autorisait que des hommes et des femmes vivent dans la même enceinte religieuse, mais sur le chapitre de l'abstinence sexuelle, elle était plus stricte et plus sévère que la règle bénédictine. Alors sur le mariage ? ? ? ? ? Les bénédictins, ou plutôt leur abbé, ont ici le mauvais rôle, mais ça n'est pas une raison. J'aurais espéré (encore), dans ce roman qui, par ailleurs, est fort soigné, ne pas avoir à me poser ces questions. Dès lors, ça jette un doute sur le erste de l'ambiance. Bon... Ca, c'était pour la critique méchante...
Je sais, c'est pas bien, d'être méchante comme ça... Alors, reprennez le début de l'article, parce que, quand même, c'est sûrement ce qui ressort le plus quand on ne tatillonne pas autant que j'ai eu faintaisie de le faire !
Bonne Lecture !
22-04-09
Le Lancelot de Ch de Troyes et le Lanval de M de France
Le Lai de Lanval.
Marie de France
Autant Lancelot est connu, autant Lanval ne l'est pas. Autant Chrétien de Troyes a été un auteur glorifié et célèbre en son temps, autant Marie de France est toujours restée un peu en retrait, ce qui, tout en écrivant comme un homme, lui a évitée d'être critiquée de le faire, car ils sont exactement contemporains. Lui vivant en Champagne, elle en Angleterre (d'où son nom car elle était sans doute d'origine française).
Un lai est une oeuvre assez courte. Si la littérature médiévale vous inquiète parce qu'elle est médiévale, pas de panique, donc.
Mais prenez garde, quand même, car la culture courtoise, ça nest pas toujours celle de la cortoisie et le la "fin amor" et les auteurs ne sont pas tendres entre eux. Les coups de pique ne se cachent pas, dans ce livre. A l'évidence, Marie de France, qui écrivait aussi beaucoup de fables moralisatrices, s'en donne à coeur-joie pour accuser d'adultère tous ces prétendus "fin amants" qui, au bout du compte, feraient bien mieux de tomber amoureux d'une jeune fille à marier que d'une femme déjà mariée.
Son Lanval, lui, c'est ce qu'il a fait. Il est amoureux d'une jeune fille. Ou plus exactement, d'une fée. Et c'est là que le bât blesse, parce qu'il la voit en secret et que la reine, repoussée par lui, l'accuse (en privé, mais c'est pas très top quand même) de ne pas aimer les femmes. Pas très chrétien, ça. Et en public, elle l'accuse, par contre, d'avoir voulu la séduire (pas très top, ça non plus). Lanval fait alors une chose qu'un "fin amant" ne doit jamais faire: il se vante d'avoir une dame qui est la plus belle de toutes et qui l'aime aussi (là, c'est lui qui a pas été top, mais il avait pas trop le choix). Pas de pot... La fée, du coup, se fâche.
Bon, rassurez-vous, tout finit par s'arranger, et on peut mettre en face de la dernière page la jolie image des amoureux sur un cheval blanc comme dans les contes de fées.
Une belle histoire qui, bien que courte ne manque ni de suspens, ni de poésie, et qui donne une assez bonne idée, je crois, des liens liants les uns et les autres en fonction de la féodalité et de la courtoisie.
Pas de pot pour Lanval, la tradition lui a préféré le Lancelot de Chrétien de Troyes.
J'aimerais bien savoir qui des deux a été inventé en premier, sérieux ! Je penche pour Lancelot, mais je ne suis pas une experte de la littérature médiévale, donc ? Et puis, j'ai un faible pour Marie de France. Faudrait pas que ça fausse mon jugement sur ce lai-là !
Le Chevalier à la Charrette.
Chrétien de Troyes
Si vous aimez la tradition arthurienne, c'est un incontournable, car c'est pour ce roman que le personnage de Lancelot a été inventé, permettant à l'un des éléments les plus importants du mythe de prendre place.
Il en existe de bonnes versions en livre de poche, qui conservent bien l'esprit du roman et ont des résumés corrects des passages coupés pour raccourcir. C'est clair et agréable à lire. Une bonne approche, pour les jeunes et les moins jeunes. Un peu ardu, quand même, avant le lycée, sauf goût particulier pour le moyen-âge et la lecture (ne découragons pas les jeunes esprits aventureux).
Cependant, si d'aventure, justement, vous désirez vous frottez au texte intégral, en VO ou en VF, faites-le sans hésiter. Le "Chevalier à la Charette" est beaucoup plus passionnant, à mon sens, que "Lancelot du Lac" qui lui fait suite en racontant la vie dudit Lancelot (et est plus long) ou le "Conte du Graal" (très long aussi et encore plus tardif). En "Lettres Gothiques", la traduction est très bonne et de plus, si vous ne connaissez pas le français ancien, ça peut être une façon de vous y initier. Je ne suis pas sûre qu'on trouve le texte intégral dans une autre collection.
Chrétien de Troyes, avec Lancelot, a campé non seulement le "fin amant" mais aussi la "fine dame", en la personne de Guenièvre, qui certes, se donnera a son amant, mais au terme d'un parcours initatique particulièrement impressionant et qui aurait laissé sur le carreau ou fait reculer les plus vaillants (et l'a fait). Une véritable quête du Graal, que cette quête de la dame, et je pèse mes mots, car dans l'esprit des trouvères et troubadours, il y a dévotion envers Amor comme envers un dieu.
Pas très chrétien, cette dévotion envers la dame, d'ailleurs ! Inutile, je pense, de vous expliquer pourquoi sur ses vieux jours, Chrétien de Troyes a orienté ses chevaliers vers le Graal...
28-03-09
Luzarches, il y a 6 mois
Je m'étais déplacée sur l'agglomération parisienne, pour l'occasion... Je me suis mise en route matin, avec dans le sac à dos l'appareil photo, mon éternel matos à dessin, le casse-croûte... Un premier train de banlieue, puis une paire de métros, et encore un train, après attente sur siège de gare un chouia trop dur. Destination Luzarches.
Arrivée là, mauvaise surprise, pour ma sciatique, qui avait déjà pas mal à se plaindre du métro et du train: en plus de la distance entre Luzarches et le lieu de la manifestation, il fallait traverser un sacré bout de patelin. J'ai d'abord stressé... Et puis, finalement, ça s'est fait presque tout seul. Les gens qui m'ont indiqué le chemin étaient sympa, ça mettait à l'aise. Il faisait beau, c'était plus agréable que de marcher quand il fait froid.
Je suis sortie de Luzarches, j'ai suivi le chemin indiqué par mon petit bout de plan, et je me suis retrouvée, vers midi, sur les jeux. Finalement, c'était juste un petit bout de promenade en plus et bizarrement, ma sciatique s'est laissée oublier. J'arrivais à l'heure pour pique-niquer assise sur un bloc de paille en regardant l'épreuve qui allait commencer.
Qu'est-ce que je fichais là, au juste? C'est vrai, quoi... Moi qui bouge si peu de chez moi... Qu'est-ce que je venais faire en banlieue parisienne, dans un champ envhahi de musiques celtiques et de tartans ? C'est bien simple : j'avais appris quelques mois plus tôt, qu'il existait là des jeux écossais. De jeux écossais sans aller jusqu'en Ecosse ? Nan ? C'est vrai ?
Ben oui... Je suis allée en Ecosse, voilà déjà longtemps, mais j'y ai pas assisté à ce genre de trucs, et pourtant, ça fait rêver. En plus, si j'avais eu vent de l'existence de ces jeux, c'est que je m'étais renseignée sur ce type d'activités, dans le cadre de la documentation "Geste de la Haute Table", histoire de trouver de l'inspiration quand aux scènes d'action... Mais ça serait un peu hors-sujet d'en parler, et trop long, en plus.
J'ai pensé à intégrer des dessins à moi dans la vidéo... J'y ai renoncé parce qu'une tentative de mettre sur daylibibule une vidéo faite uniquement à base de mes dessins s'est soldée par une pixellisation horrible. A quelle étape du processus ? Je ne l'ai pas encore éclairci... N'ayant pas envie de tout recommencer, et aussi parce que je préfère d'abord demander l'avis de l'association organisatrice des jeux de Luzarches, je me suis abstenue.
C'est donc un montage photos et vidéos que je vous propose ci-dessous. J'y aurais bien ajouté une bande son, mais j'ai choisi de ne rien mettre qui ne soit de ma production.
Au passage, avant de cliquez, admirez un peu l'élégance du geste, dans ce lancer... C'est bien simple, on dirait qu'il danse !
Jeux ecossais de Luzarches 2008
envoyé par Selene-C
Site des jeux écossais de Luzarches : Cliquez ICI et en cliquant LA, vous êtes tout de suite sur la page des jeux 2008...
Vraiment, je ne regrette pas le déplacement.
C'était superbe, et niveau inspiration, je ne vous dis pas le flot ! J'ai pas encore bien eu le temps de gérer ça, d'ailleurs, mais n'empêche que j'espère bien en tirer un max de dessins, avec plein de mouvement, et tout z-et tout z-et tout !!!!!
Vraiment, un moment sympa et raffaichissant pour la cervelle, avec en prime le dépaysement le plus total pour nos esprits modernes et trop souvent renfermés dans les villes.
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La vidéo a perdu de sa qualité en passage sur Dalimotion... Ca fait longtemps que je voudrais faire des vidéos pour mes contes, avec des dessins. Je vais tâcher d'en faire une et d'avoir un compte "créative". Peut-être qu'alors, j'aurai une chance de pouvoir présenter des diaporamas pas floutés !
25-03-09
Peter Pan. JM Barrie
Peter Pan, je l'ai d'abord connu par Disney, sous la forme d'un gros livre d'images.
Un jour, longtemps après, j'ai lu la BD de Cosey "A la recherche de Peter Pan". Vraiment merveilleux... Et bien qu'en fait, le rapport avec Peter Pan soit assez éloigné (le grand frère dont le héros cherche à retrouver la trace incarnait ses rêves d'enfants à la façon d'un Peter Pan, et en outre il a emmené ce bouquin, offert autrefois par ledit grand frère, dans ses bagages ...) ça m'a donné envie de lire le roman.
Il s'est écoulé de très nombreuses années, encore, avant que, finalement, je le lise, ce roman.
J'ai été très surprise, dès l'achat du livre. Tout d'abord par sa taille. C'est un livre minuscule. Pas une nouvelle, quand même, mais vraiment un roman très petit. Très très petit.
A la lecture j'ai été happée dès la première page. Ce petit livre, je l'ai lu d'un trait.
Pour quel public est-il ? Sans hésitations, je dirais : tous. Les petits enfants y trouveront un conte de fées haut en couleurs et les adultes, s'ils prennent le temps de lire tranquillement, un conte philosophique sur le thème des âges de la vie et du temps qui passe. Choisissez le niveau de lecture que vous préférez !
Quand ça ne serait que pour le plaisir d'apprendre comment les fées meurent si on ne croit pas en elles et rescussitent si on y croit vraiment très fort, rien que pour ça, je vous dis, rien que pour leur faire toucher du doigt le pouvoir de l'imagination, ils doivent le lire.
N'attendez pas, quand même, un Peter trop gentil, à la mode Disney. Il est insouciant, exigeant, capricieux souvent, comme le sont les petits enfants. Comment en serait-il autrement ? Il n'a pas encore perdu une seule dent de lait. Il refuse d'atteindre "l'age de raison". Plus fragile qu'il ne veut bien l'avouer, aussi, car malgré ses dires, il souffre de ne pas avoir de mère.
Quand à Crochet, il est d'autant plus terrifiant qu'il n'est pas foncièrement mauvais et qu'au fond de lui, il a la nostalgie du temps où il était un enfant... Mais ce sont là des choses qu'il ne montrerait à personne.
Crochet est comme l'ombre de Peter : son inverse exact, et le duel entre eux, à la fin, répond étrangement à la perte de l'ombre de Peter au début.
Mais Peter Pan est aussi une "histoire sans fin", comme le montre l'épilogue... A la lecture duquel j'ai la sensation que non seulement la fille de Wendy et plus tard sa fille à elle connaîtront la même histoire, mais que Mme Darling l'a connue aussi et sa mère aussi.
Il y a aussi, sur les passages se rapportant à Mr Darling, une part de satire sociale... Dont certains éléments ne sont pas encore démodés .









































