Lecture

KELTOS

tome 1 = Le corbeau des batailles

Pécau, Kordey, O'Grady

J'ai eu connaissance de cette BD sur l'Arbre Celtique... Et je dois dire qu'au premier abord, j'ai été très méfiante.

Dans un grand shaker le roi Arthur, des costumes de la Tène, des guerriers aux musculatures abusivement dessinées et soulignées de tatouages... Ca semblait avoir tout pour me déplaire.

A la lecture, j'ai été conquise, d'abord par le graphisme, qui finalement ne surrabuse pas tant que ça des musculatures supra-héroïques typiques de la Fantasy, mais bien assez pour que les guerriers soient à l'évidence "des surhommes", physiquement sans aucune mesure avec ce pauvre fou rachitique de Merlin (tiens, le voilà, lui?). La colorisation est superbe. Les jeux d'ombres créent une ambiance magique à laquelle on se laisse facilement prendre.

Les jeux de densité aussi, sont mis en oeuvre. Densité  humaine, durant le banquet, où on devine les cris et les rires dans la couleur de la page. Densité naturelle dans la forêt.

Les apparentes anomalies de chronologie s'expliquent, une fois qu'on est un peu attentif à l'histoire....

Car pour lire cette histoire de roi Arthur, il faut oublier ce que l'on sait du "roi Arthur" historique qui aurait combattu les saxons au V° siècle après JC, si on en croit la légende... OUBLIER ! Car ici... Nous sommes au III° siècle avant JC.

La légende ne dit-elle pas que quand le besoin s'en fait sentir, un roi est donné aux bretons et qu'Excalibur lui est confiée ?

Donc, après avoir été ravie par le dessin et la colorisation... Me voici achevée par la piere angulaire du scénario.

Lequel est par ailleurs bien mené, quoique certains le trouveront un peu lent, peut-être, du moins au début. Mais une lenteur voulue, car elle reflète l'état d'esprit du héros qui fuit et attend tout à la fois.

Bref... Au moins concernant le tome 1 = correspont bien à la définition du genre fantastique : la frontière entre réel et irréel y est floue et intangible. L'aventure est au rendez-vous, aussi, mais ce sont plutôt les caractères, très étudiés, des personnages, qui m'ont frappée, et la délicatesse avec laquelle tous les moyens possibles sont employés pour faire éprouver au lecteur leur ressenti.

Et ça, c'est le point bonus final...

 

"n'aie pas le coeur froid envers tes amis,

sois énergique contre tes ennemis,

n'aie pas une figure de querelle dans les assemblées

ne sois pas bavard et injurieux"

Préceptes de Cuchulainn. Trad J.C Guyonvarch.