Comment en suis-je arrivée à ces dessins en traits surrépaissis, qui désormais me collent au crayon et dont, je le sens, je vais avoir le plus grand mal à me défaire pour revenir à une plus grande simplicité ?

En dessin, Trait et Couleur sont deux éternels rivaux inséparables. Ce sont des frères ennemis. Des alliés qui se détestent.

Même dans un pur dessin "au trait" (c'est à dire en noir et blanc) ou dans un pur encrage à l'encre noire uniquement, il y a toujours une composante de couleur, car la couleur, c'est le spectre lumineux et la manière dont il se réparti ou est évoqué.

Comment en suis-je venue à rêver de ces dessins au trait qui portent en eux leur lumière ? Parce que le problème est là, je crois...

Peut-être de l'écoeurement vis à vis de la couleur et de la manière dont on me demandait de la traiter pour des illus que j'avais à faire, l'an dernier. C'est, en effet, après ça, que ça m'est venu.

Et alors, ce type de trait dont je n'avais jusque là que très peu usé, je l'ai lâché sur mes pages comme Eole lâche les vents quand il est en colère.

C'était au moment où je m'attaquait, pour de bon, au 2° épisode de la "Geste". Très vite, j'ai imaginé une colorisation qui, par contraste, serait très floue et laisserait au trait toute sa vigueur.

Là, je suis allée un peu loin.

A l'évidence, Trait et Couleur ne sont plus à égalité, là. Ils ne sont plus très copains. Y'en a un qui a pris tout pour lui.

Pourtant... Avec les enluminures et les dessins simples du 1° épisode, j'avais essayé de trouver cet équilibre entre les deux qu'ont les enluminures carolingiennes.

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