Petites méditations sur la

Cult_Arthur

Les romans arthuriens font très clairement mention de DEUX chevaliers nommés Yvain, et étant frères.

Je n'ai pas inventé ce point de détail original, et vous admettrez qu'il aurait été dommage de passer à côté.

L'un des deux est dit "Yvain au lion", l'autre est dit "Yvain Gwri". Parfois, il est spécifié que l'un des deux est un bâtard (ce qui explique un peu le doublon sur le prénom, puisqu'alors, ils n'ont pas la même mère).

Dans mon histoire, le coupable dudit doublon est Uriens, leur père... Mais ils n'ont effectivement pas la même mère. Ceci dit, j'ai fait là une entorse aux coutumes celtes, qui veulent que le nom soit donné par la mère (et uniquement par elle). Dans un monde qui a connu la romanisation (nom donné par le père), ça ne doit pas être trop grave !

Quittons un peu le 1° degré...

Que veut dire "Gwri", tout d'abord ? Je me suis, je l'avoue, beaucoup creusé la tête, a cause de ce mot.

On peut le rapprocher de "gwr" (homme). C'est déjà un sens qui vaudrait d'être retenu, et c'est d'ailleurs celui que j'ai donné au surnom reçu par la premier Yvain, dans ma BD (je lui réserve un bel avenir initiatique, à ce petit Gwri). On pourrait donc s'en tenir là...

Mais, et c'est sûrement beaucoup plus intéressant au point de vue de l'étude du mythe (arthurien?) du chevalier au Lion, Gwri peut aussi, tout simplement, se rapprocher de "gwriffret" (lion).

Un autre chevalier de la Table Ronde s'est nommé Gwriffret (encore un ?). Il s'agit de l'un des cousins de Lancelot. On l'appelle aussi "Lionel". Chez moi (trouvez ça bizarre si vous voulez), cette manie de coller des lions partout a eu pour effet que j'ai évacué autant que possible les noms ayant rapport au lion. Seul épargné : le surnom "Yvain Lion" (reçu tardivement). Une petite allergie à ces gros félins envahissants, en somme !

Et puis, bon sang, qu'est-ce que des lions viennent faire dans les légendes celtes ? Ben non, pourtant... C'est pas une erreur, c'est pas un apport tardif. Ils y sont arrivés très tôt.

Sûrement un résultat des nombreux échanges que les celtes ont eu avec des régions un peu plus chaudes (commerce, pillages, ou envoi de mercenaires...). Le lion, donc, s'est importé dans les légendes, comme le font les animaux fabuleux. Il y est au même titre que le dragon. C'est une créature dont on parle mais que bien peu ont vue. Autant dire : une créature d'Outre-Monde. Plus tard, il détrônera le roi des animaux, l'ours, mais ce temps n'est pas encore venu.

Quand aux "deux Yvains", on peut supposer qu'ils résultent des différentes traditions qui se sont faites dans une langue (celte) ou dans l'autre (normand), et de la volonté d'un auteur, un jour, de réunir les deux personnages.

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