Lecture

De façon générale, les ambiances sont très bien rendues, tant celles qui concernent le mauvais temps, que celles à propos des attaques dans la campagne ou des marais où on peut s'engloutir comme rien.

C'est prenant, tripant, ça vous met (en tous cas à moi) des tas d'images dans les yeux.

L'Angleterre présentée là est un monde où se cotoient bretons et saxons, païens et chrétiens, où on ne sait plus très bien qui vient de se convertir et à quoi, qui vient de s'allier à qui, où même les religieux, qui sont d'anciens guerriers, pour certains, ne sont innocents ni des haines, ni des massacres, et où, pourtant, il se trouve des hommes (et femmes) de bonne volonté pour sauver des vies et tenter de bâtir la paix.

Mais ceci n'est que le contexte... Car l'histoire, elle, se concentre sur un lieu précis et si, bien avant la fin, j'avais compris qui était la dame en rouge, il faut quand même attendre la fin et les explications de la soeur (plus maligne que tous ces gros durs?) pour en avoir la certitude. Ben oui... C'est usant ! Sans arrêt, on trouve des nouveaux indices, voire des nouvelles pistes... Ah non, c'est la même que l'autre. On revient en arrière. Ah tient, encore un autre indice... On en a combien, là ? Faudrait compter... Mine de rien, et sans ordinateur, et sans petit calepin dans la poche, il a bien du mérite, le frère, de ne rien oublier !

C'est que tout ça, ça va très vite, par moments !

Et qui c'est le coupable , dans cette affaire ? Pas le diable, en tous cas. Rien de surnaturel dans toute cette histoire, je vous assure ! Mais si vous avez déjà lu quelques Sherlock Holmes, je vous laisse imaginer à quel point une enquête tout aussi inextricable peut paraître diabolique à ceux qui croient à ces choses là !

Les "moins", maintenant...

Flatté par cette bande jaune prometteuse "religieuse et détective au VII° siècle", mon féminisme a été un peu déçu... J'avais espéré une sorte de Sherlock Holmes en jupons vivant au VII° siècle. D'où m'était venue cette impression ? Pourtant tenace, d'ailleurs, cette impression ! On a bien, ici, un duo d'enquêteurs, et en effet, c'est elle qui, à la fin, explique tout. Il y a des Sherlock Holmes où toute l'enquête est ainsi menée à distance... Mais Watson, alors est "télécommandé", et n'agit que selon les indications qui lui ont été données. Ici, le frère prend des décisions, va, vient, observe, erre un peu, se pose des questions, trouve des réponses (chose que Watson fait toujours de travers), et par-dessus le marché, s'inquiète de la santé de la soeur (qui est aussi sa femme) parce qu'elle a chopé un mauvais coup de froid. Quand au petit passage à la fin, alors là, si c'est une façon, de la part de l'auteur de rendre hommage aux femmes, solides et tendres à la fois... Moi, ça me fait un effet guimauve. Mais je console en me disant: peut-être que c'est pour suggérer qu'elle est l'ancêtre de Sherlock Holmes ?

2° critique, qui m'est venue quelque part vers les pages 30-35 et m'a un temps écartée du roman pour faire une série de recherches sur le christianisme au Haut Moyen-Age et les règles monacales en vigueur en ce temps-là... De cela, bien que je n'ai pas encore tout bien pigé (c'est fou comme une question en amène toujours deux autres), j'ai au moins ressorti que la manière dont est présentée ici la règle colombanienne me semble être... Une anomalie. Certes, elle autorisait que des hommes et des femmes vivent dans la même enceinte religieuse, mais sur le chapitre de l'abstinence sexuelle, elle était plus stricte et plus sévère que la règle bénédictine. Alors sur le mariage ? ? ? ? ? Les bénédictins, ou plutôt leur abbé, ont ici le mauvais rôle, mais ça n'est pas une raison. J'aurais espéré (encore), dans ce roman qui, par ailleurs, est fort soigné, ne pas avoir à me poser ces questions. Dès lors, ça jette un doute sur le erste de l'ambiance. Bon... Ca, c'était pour la critique méchante...

Je sais, c'est pas bien, d'être méchante comme ça... Alors, reprennez le début de l'article, parce que, quand même, c'est sûrement ce qui ressort le plus quand on ne tatillonne pas autant que j'ai eu faintaisie de le faire !

Bonne Lecture !

Si vous avez aimé, vous pouvez voter sur