Petites méditations sur la 

 

Je crois que la première fois que j'ai croisé, en contexte celtique, une épée brisée, c'était dans un livre d'image retraçant l'histoire du roi Arthur. Un livre fort bien fait, d'ailleurs, même se je regrette qu'il compile dans un style "conte pour enfants" de nombreuses versions dont certaines sont très tardives.
Le passage auquel je pense répond à celui de la "Mort Artus", et est, je pense, assez tardif d'écriture.
Arthur, au début de son règne, combat ses ennemis quand son épée se brise. Il se trouve alors près d'un lac, et une fée apparaît, tenant une autre épée. Elle la lui donne assurant que celle-là ne se brisera jamais. C'est Excalibur, l'épée que, au soir de la bataille de Camlaan, Arthur ordonnera de jeter à l'eau.
Ici, une contradiction avec d'autres versions : en effet, dans bien des cas, Excalibur est l'épée tirée de l'enclume.
Dans un de mes vieux classeurs, il y a un dessin de cette scène: Arthur, à cheval auprès d'un lac, tenant l'épée brisée, et la dame émergeant de l'eau avec l'épée.


Le fait de jeter une épée à l'eau ou bien de la briser et de l'enterrer n'est pas, chez les celtes, une simple légende. L'archéologie nous l'a prouvé: c'était pratiqué. On a trouvé de très nombreuses épées, voire même des lances, détruites de façon telle qu'il est impossible que cela n'aie pas été intentionnel, puis enterrées ou bien jetées en milieu aquatique (en général au niveau de ponts ou de gués).
Est-ce pure imagination de ma part, dûe à mon goût pour les épées anthropomorphes ? Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y avait entre l'arme du guerrier et son âme un lien étroit et que la destruction de l'épée relève de la même démarche que le fait de couper la tête de l'ennemi tué (siège de son âme) et de la conserver.

epee_age_du_ferEpée. Age du fer, musée départemental de Gap (cliquez ICI)
Et... Qui sait ? Peut-être même que l'épée, elle-même, a une âme, et qu'il importe de l'empêcher de nuire autant que celle de son compagnon d'arme (peut-on, vraiment, prétendre que le guerrier est le maître de son arme?). Pour cela, pour "tuer" l'arme en même temps que le guerrier, il faut la briser ou la noyer.
Bien sûr, ça n'est peut-être que pour l'offrir aux dieux, au travers des portes qu'on traverse en passant à travers la surface de la terre ou au travers la surface de l'eau... Mais pourquoi, alors, la détruire ?

L'un des hors-textes actuellement en attente d'achèvement pour un épisode ultérieur (ni le 1° ni le 2°) de la Haute Table est basé sur cette idée. Pas proritaire, donc, ce dessin, et de loin... Je le regrette un peu.

Je ne m'en serais de toutes façons pas servir pour illustrer cet erticle. On y voit pas la moindre épée (dans le texte du hors-texte, seulement)
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Petite pause le temps d'un site où vous trouverez un texte arthurien où il est question d'une épée brisée.

Cliquez ICI

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Qu'il s'agisse d'offrande, soit, mais quelle arme est offerte ? Celle d'un ennemi tué ? Celle d'un allié tué mais méritant (l'épée alors, mourrant avec lui) ? Son arme propre ?

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Devant tant d'interrogations, je dois dire que j'hésite, quand à la rubrique où classer cet article.