Actus_Puck

Pillage archéologique. Mediolanum. Mediolanum. (Côte d'Or). Cliquez ICI (site du journal le Bien Public, article paru fin décembre) ou Cliquez ICI (forum évoquant ce même article mais le citant plus longuement que le site du journal).

 

Si vous cliquez sur l'un des liens, vous verrez que l'attaque est portée sur les détecteurs de métaux et ceux qui en font usage. Bien entendu, dans les réactions à l'article, sur le premier lien, il y a des protestations disant que les "détectotéroristes" ne sont pas forcément tous mauvais et que les archéologues emploient aussi les détecteurs de métaux.

 

Alors, petite mise au point... Les archéologues n'ont pas plus que qui que ce soit d'autre de faire le plus petit trou dans le sol (à la recherche d'un objet ou juste pour voir s'il y a quelque chose ou s'il n'y en a pas) sans permission de la DRAC.

 

Quand j'étais étudiante, j'ai vu reboucher un sondage effectué sans autorisation, et pourtant (c'est moi qui en ai fait les relevés) il y avait bel et bien un niveau de sol antique à quarante centimètres sous nos pieds. Le propriétaire du champ (ça n'est pas le cas de tous les agrculteurs) était de notre côté. Il a fait valoir la nouvelle charrue qu'il venait d'acheter et qui allait tout détruire. Le chef du chantier de prospection, blessé par une remarque de l'envoyé de la DRAC, s'est mis dans une colère épique. On a rebouché le trou. Un trou pas profond, d'ailleurs... Pas profond du tout... Ce jour-là, j'étais très triste, très amère, à cause de tous ces objets qu'on avait trouvé partout sur le champ et de ce sol qui était là, juste sous mes pieds et qui allait disparaître. Je crois maintenant que la DRAC avait raison. A l'évidence, les charrues, en ne faisant que l'égratigner ici et là, avaient déjà saccagé le site. On trouvait trop de choses, et trop fragmentées. Ce champ-là était déjà un site détruit. Un chantier là aurait été une perte de temps et d'argent.

Mais il est des chantier où il faut creuser, creuser et encore creuser... Enlever des cailloux, de la terre et encore des cailloux et encore de la terre, avant de voir apparaître un pan de mur ou un niveau de tuiles. Et là, on trouve.

Est-ce que le détecteur de métaux, alors, sert ? Non. Pas forcément. D'abord parce que métal ne signifie pas objet de valeur. Ensuite parce que objet de valeur ne signifie pas forcément objet en métal, non plus. Et puis, il faut s'entendre, aussi, sur ce qu'on cherche. Certains objets, à l'apparence banale, pas exotique du tout, pas amusante, pas fascinnante pour deux sous, sont très riches d'enseignement. L'archéologie est une science qui essaye d'en faire dire le maximum à des choses au départ minimales.

Le détecteur de métaux n'est pas forcément utile, et quand il figure dans la panoplie, le but, si on le met en marche et s'il fait entendre un son, n'est pas de se mettre à creuser aussitôt. A l'un des chantiers auxquels j'ai participé, j'ai vu en action le détecteur de métaux, pour passer au crible le terrain avant que les fouilleurs (éventuellement maladroits) aillent se mettre au travail et l'inspection du sol par résonnance magnétique (technique de prospection qui permet de jauger de la dureté du terrain à ses différentes profondeurs et par là, d'avoir une sorte de cartographie en 3D du sous-sol). Je voudrais vous dire que la précaution d'avoir sondé le sol au détecteur de métaux a permis d'éviter tout incident... Mais je crois me souvenir que malgré cette précaution, une truelle a heurté l'un de ces sacro-saints objets en métal. Du coup, à cet endroit, les fouilleurs ont redoublé de prudence et, comme on ne sait jamais, la brouette se trouvant là s'est vu affecter une "videuse" personnelle (ma pomme... Grrr...) avec ordre pour elle d'examiner les terres mises dans la brouette. Sur un autre chantier, on aurait passé tout ça au tamis, mais je suppose que, dans tout leur superbe équipement high-tech, ils avaient oublié cet ustensile antédiluvien. Ustensile au demeurant fort commode, très efficace et capable de retrouver tout objet de petite taille, même s'il est en os, pierre ou poterie. Par conséquent très amplement supérieur au détecteur.

De façon générale, on ne fait pas de trous inconsidérés, sur un chantier. On essaye de garder une surface plane. Le plus strict que j'ai vu, à ce sujet, a été une fouille en dépotoir mérovingien. Ordre de gratter en passant la truelle sur toute la largeur du carré, et puis, quand tout le carré est gratté, on refait un grattage, et ainsi de suite. Mais toujours un seul grattage. Pour aller plus vite et donner un bon résultat, être coordonés entre voisins, sinon "ça fait des falaises" (je cite la responsable du chantier). Imaginez ma tronche et celle de ma voisine quand, sur notre carré, a commencé à se dégager un os de boeuf planté bien droit ? Et quand, le grattage ayant avancé, l'os déséquilibré s'est cassé la figure en faisant gicler de la terre et un bout de tesson ? Oh... Le joli cratère !

Un cratère, c'est très sympatique sur la lune ou bien quand il s'agit de retrouver une météorite, mais en archéologie, on aime pas ça.

Et c'est pourtant ce que font les "détectoterroristes" (j'aime pas trop le mot mais je sais pas quoi mettre d'autre), à chaque fois qu'ils creusent, et cela même s'ils rebouchent le trou. Tout derangement dans un site, fut-ce une souris qui l'a fait, se voit.

Bien sûr, il y a l'argument-choc "la place de ces objets est dans un musée"... Bon sang ! Quand je lis ça, j'ai l'impression de regarder Indiana Jones. D'abord parce que beaucoup de petits musées (très importants culturellement) sont à la base privés ou associatifs, ensuite parce que les réserves des musées sont, presque toujours archi-pleines, du fait qu'on ne met en vitrine que les mobiliers les plus beaux et/ou les plus représentatifs. Vous me direz, c'est justement ces pièces-là que cherchent les "chasseurs de trésor". C'est pas de chance parce qu'on en trouve pas si souvent que ça et que à chaque tentative ratée, ça fait un saccage en plus dans les données archéologiques. Ce qu'il y a de bien avec les relevés, sur un chantier archéo, c'est que c'est moins encombrant que le mobilier (qui sera quand même à traiter mais des fois, y'en a pas, alors c'est simple: on a pas à le traiter !). Le "hic" c'est que là où y'a des cratères, y'a plus rien à relever ! Ah zut ...

Je pourrais sûrement continuer comme ça encore longtemps... Mais ça va devenir ennuyeux, à la longue.

Une chose, encore, quand même...

J'ai déjà vu des détecteurs de métaux servir en un lieu, certes, occuppé depuis le Néolithique, ayant vu passer César, Vauban et Napoléon, mais surtout, susceptible de cacher des objets métalliques capables de péter à la figure de celui qui voudrait les déterrer. Et pourtant, j'y ai vu un papa faire creuser ses marmots dans les galets, des tout petiots, en les encourageant à creuser toujours plus profond, parce que ça sonnait plus fort. Ah ouiche que ça sonnait plus fort ! Je connais bien cet endroit. C'est une plage du Pas-de-Calais et comme vous vous en doutez, elle regorge de résidus de blokhauss. J'ai essayé de lui expliquer que dans le coin, ça devait être un bout de ferraille de la 2° GM et que ça pouvait même être un obus ou une mine, je me suis fait engueuler et les gosses ont déterré un énorme pieu en fer, au fond d'un trou qui faisait bien soixante centimètres. Ils étaient déçus, les pauvres petits... C'était pas une pièce romaine. Le père avait l'air furieux. J'étais pas trop surprise. A cet endroit, entre la rivière et le fort, c'était évident qu'il y avait de ces saletés-là... Des belles horreurs, ces pieux, surtout quand on les trouve dans des trous d'eau: fait exprès pour marcher dedans ! Les gosses avaient réussi à ne pas se blesser avec. Tant mieux ! Quand aux mines et aux obus, je n'invente pas. On en trouve tous les ans sur les sites archéologiques (puisque on fait déjà de l'archéo de la 1° GM...) des deux guerres mondiales. Très récemment, on a même trouvé un obus de 1870 dans une fontaine du château de Versailles... C'est dire à quel point ces saloperies sont vraiment là où on ne les attend pas !

Quand j'avais onze ans, un petit enfant qui se baignait dans une bache (trou d'eau) a trouvé une mine marine. On a évacué la plage (une autre que celle dont je parle juste avant, mais du PdC, elle aussi). Les gens sont montés dans les dunes et se sont amassés sur les sommets et les crêtes pour voir ce qui allait se passer. On a vu creusé un trou. On y a mis la mine. On a rebouché. Et puis la mine a explosé, et ça a fait un immense bouquet de vase noire et de sable blanc, partant très haut en éventail. C'était beau... Et surtout horrible, quand on pense que cette chose, c'était un tout petit enfant qui l'avait trouvée.

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Ayant vu un site qui explique à ses visiteurs que du moment que c'est pour l'histoire ou l'archéologie, on peut et que donc, on peut le faire partout en France (je résume)  ===> Loi en vigueur sur les détecteurs de métaux.

" Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche. " (Assemblée Nationale, loi du 18 décembre 1989) (Cliquez ICI).

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Et d'autres sujets, moins barbants ...

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Découverte d'un village celte en Pologne. III° et II° av JC. Cliquez ICI.

Que dire, sinon ... Qu'on souhaite à l'équipe de joyeuses fouilles et bien des découvertes qui nous intéresseront tous !

Quoi ? C'est  un peu bref ? Mais... Je suis comme vous: j'attends la suite !

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Fest Noz pour défendre Brocéliande. Cliquez ICI.

Raison de cette fête: défendre la forêt de Brocéliande.

A vous de voir ce qui vous donnera envie de cliquer, de la fête ou de la forêt ?

Mystère !

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Troupe historique des consorani. St Girons (Ariège, Midi-Pyrénées). Téléthon 2008. Cliquez ICI.

Dites-vous que c'est le coin culturel de cette revue "News"...

La page où je vous propose de cliquer évoque une manifestation qui a mis en scène l'univers celte et l'univers gallo-romain. Ma critique : le gallo-romain, sur les photos, me saute bien plus aux yeux que le celtique. Mais ça reste une page très intéressante d'un site très intéressant et la troupe des Consorani a l'air d'être quelque chose qui "vaut le détour" (je vais bientôt singer les guides touristiques, moi, faut que je me surveille).

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