Petites méditations sur la

Cult_Arthur

Le Graal est un des éléments les plus incontournables du folklore arthurien.

2008-12-13-a

Le "Saint Graal", comme on dit en général... Il serait descendant, si j'ose dire, du "Chaudron d'Or" des légendes plus anciennes. Chaudron assez difficile, d'ailleurs, à définir, car selon les légende, il n'est pas attribué au même dieu (déesse) et n'a pas le même rôle.

Un article est prévu, sur le thème du "Chaudron d'Or". Je placerai un lien ICI quand il sortira.

On peut d'abord l'attribuer au Dagda / Sucelllus. Ces dieux comportent en effet parmi leurs attributs,  dans les histoires ou la statuaire, un chaudron qui, parfois, devient un tonneau, voire une amphore (avec Sucellus et son homologue Silvanus). De ce chaudron et parce que son contenu est sensé révéler cer qui est invisible et donner la Connaissance, certains pensent qu'il contenait une potion hallucinogène. Sans aller jusque là, il peut, du moins, être le lien entre les hommes et les dieux, par le biais de l'ivresse.
Dans une autre légende, Cerridwen confie le chaudron empli d'une potion de sa fabrication, à Gwion. Le pauvre Gwion y gagnera une chevelure et un doigt en or, ainsi que la connaissance de toutes choses. Mais je connais cette histoire par une version visiblement très tardive et très éloignée du paganisme celte.

Et...

Et qu'est-ce qu'il y a eu d'autre que le "Chaudron d'Or" ?

2008-12-13-b

Le titre de cet article parle de la "coupe de Nestor".

Que le Chaudron d'Or renvoie au Dagda ou à Cerridwen, il est lié à la Connaissance.

Par là, il est lié à la coupe du héros grec Nestor réputé pour son intelligence et sa mémoire. En ce temps-là, précisons-le, une éducation soignée passe invariablement par l'apprentissage par-coeur de nombreux vers, que ce soit chez les grecs ou chez les celtes. La coupe de Nestor serait alors son esprit.
Mais ce n'est pas le seul sens qu'on peut donner à ces récipients...
Invariablement apportée par une jeune fille (vierge, bien sûr) dans les romans d'aventure courtois, le Graal est sensé n'être porteur que d'une mystique religieuse. Les chevaliers qui le cherchent sont en quête religieuse et point barre, à la ligne... Mais est-ce bien certain ?
Ne peut-on pas trouver dans ce vase que nul ne peut toucher et qui est associé à une pure jeune fille, une signification sexuelle, par identification de la jeune fille porteuse et de l'objet porté ?
D'autant qu'il y a, dans la "fin amor" des trouvères un paraxode amoureux très difficile à démêler : l'amant insatisfait aime celle qui se refuse parce qu'elle est "de grand prix" (femme de grande valeur morale), tout en espérant, bien sûr, satisfaction un jour alors que l'amant satisfait (trop tôt à son goût, sûrement variable selon les uns et les autres) est insatisfait d'avoir été satisfait parce que... Bref... Laissons ce pauvre trouvère en faire une chanson, et sa dame aussi, tant qu'ils y sont... Et revenons à nos chaudrons.
L'identification de la jeune fille au Graal ne serait que conditionnelle, d'une part à sa pureté, d'autre part, au fait qu'elle aie l'objet en main. Une identification par extension, en somme, fonctionnant en inversé du chaudron, du tonneau, de l'amphore ou de la coupe qui étaient autrefois attributs de Sucellus. L'objet representé n'est pas la jeune fille, c'est le Graal. L'objet représenté n'est pas le tonneau, c'est Sucellus.
Quatre chevaliers, d'après les différents romans, ont vu le Graal. Un seul l'a touché. Ledit chevalier élu n'étant autre que... Le fils de la demoiselle qui, autrefois, portait le Graal.

2008-12-13-c

Je vais essayer de résumer l'histoire de la naissance de Galaad...
- Prédiction a été faite qu'Elaine serait mère du chevalier qui acheverait la quête du Graal et que le père serait le plus grand chevalier ayant jamais vécu. Pour trouver ledit chevalier, le roi Pellès conduit sa fille à Camaloth. Elaine se heurte à la jalousie de Guenièvre. Lancelot devient fou et disparaît dans les bois.
- Lancelot ayant été capturé et mené à Pellès, il est soigné de sa folie, mais la mémoire lui a échappé. Il épouse Elaine, laquelle, du coup, ne peut plus toucher ce fichu Graal (c'est susceptible les vases magiques!)
- Petit à petit la mémoire revient à Lancelot, et surtout quand il revoit la reine. Bon, ben tant pis, c'est pas grave, de toutes façons, le futur héros du Graal est né, on peut se passer de son papa... Il retourne donc à  ses quêtes héroïques et ses tournois et ne reviendra au domicile conjugal que vingt ans plus tard, et encore , parce que la "quête du Graal" l'y aura amené. Mais faut croire que c'est pas si grave que ça parce que même si ça lui a fallu de rester douze jours dans les pommes, le quatrième de ceux qui aient vu le Graal, c'est lui.
Les trois autres = Galaad (seul autorisé à le toucher, à force que je le répète, vous allez me trouver gâteuse), Bohor (champion d'escalade sur donjon et de résistance à la tentation devant belle païenne) et Perceval (marié, deux enfants, un peu naïf, mais du bon sens et ce qui ne gâte rien, des valeurs, un gars bien pour compléter l'équipe, donc).

2008-12-13-aa

Passe-t-on, pour autant, du vase-esprit à un sens plus... Matériel, voire grivois ?
Pas forcément, car dans la mystique celte, la sphère amoureuse est d'une importance non négligeable et remplie de symboles. C'est aussi un monde très complexe qu'il faut apprendre à décoder. Hors-sujet dans cet article... Donc je passe, pour cette fois, et je poursuis mon chemin.
Il reste la triple image du vase comme symbole de "boisson de la Connaissance", "sexe féminin" (la Connaissance ayant souvent été incarnée par une femme, chez les celtes) et, "Moyen d'accéder au Monde Invisible", en passant par la Sagesse et l'Immortalité.
Les trois images, finalement, n'en formant qu'une seule, quand on les regarde bien...
Ouais, bon.... D'accord... Peut-être qu'il faut vraiment très bien... Mais alors vraiment très très très bien les regarder... Essayez quand même, vous voulez bien ?
*
*
*

*

Cliquez ICI pour voir l'article du 29 novembre 08, sur le Dagda.

Un article sur le Chaudron est prévu le 30 mai. D'autres aspects y seront abordés.

*