Actus_Puck

Ci-après, un copié-collé tiré  d'Agoravox.

J'ai hésité, quand au bien-fondé de consacrer un article à cette nouvelle, mais il me semble que, sérieux ou pas sérieux, poète ou historien, et quelles que soient les orientations que certains lui prêtent, Jean Markale, par l'importance qu'il a eue dans la littérature celtique, ne peut pas être négligé.

Et ceci, même si (hé oui) je serais bien incapable de citer de lui une seule phrase ou de donner un avis sur un seul chapitre d'un de ses bouquins.

Que voulez-vous... J'ai trop de livres à lire.

Jean Markale, spécialiste des Celtes, est mort

 

Il s’appelait Jacques Bertrand. Mais c’est Jean Markale qu’on connaissait. Jean Markale était le pseudonyme du plus célèbre spécialiste français de l’histoire celte. Il était l’auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Il vient de disparaître à l’âge de 80 ans à Auray, dans le Morbihan.

Jean Markale « avait, avant de se lancer dans l’écriture, exercé, pendant vingt-cinq ans, le métier de professeur de lettres classiques dans un collège parisien. Mais, en 1979, fort de son succès avec « La femme celte » (Payot), il avait arrêté l’enseignement et était venu s’installer à Camors, près d’Auray, le pays de ses ancêtres. C’est là qu’il écrira, à une cadence pour le moins soutenue, tous ses livres. Ses grandes spécialités : les Celtes, le mythe du Graal, l’histoire de la Bretagne, l’ésotérisme et les énigmes historiques », rappelle le Télégramme.

Le quotidien souligne aussi que ce chercheur n’avait pas que des amis. Ses détracteurs lui reprochaient notamment son manque de rigueur scientifique. Mais Jean Markale n’en avait apparemment pas cure qui expliquait : « Je préfère être considéré comme poète plutôt que comme chercheur ».

L’Agence Bretagne presse, de son côté, précise que « sa production aura été depuis 40 ans tout à fait considérable puisqu’elle dépasse la centaine de titres, avec des tirages souvent impressionnants. Il aura abordé les sujets les plus divers : « Monségur et l’énigme cathare », « Gisors et l’énigme des templiers », « Carnac et l’énigme de l’Atlantide », « Brocéliande et l’énigme du Graal », « La Bastille et l’énigme du masque de fer », « Rennes-le-Château et l’énigme de l’or maudit », « L’énigme du Triangle des Bermudes », « Le Mont Saint-Michel et l’énigme du dragon », « L’énigme des vampires », « L’Atlantide et ses secrets », « Les mystères de la sorcellerie », « Halloween », « Amour et sexualité chez les Celtes », « Les Mystères de la sorcellerie », « Les Mystères de l’après-vie », sans compter de nombreux ouvrages sur les Celtes, sur les Druides et sur la matière arthurienne. Il avait aussi réécrit à sa façon le cycle du Graal ».

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Je ne peux pas dire que je n'ai jamais croisé le nom de Jean Markale dans mes recherches bibliographiques. Ca serait absolument faux. Il figure même sur une petite liste de livres relatifs à la légende arthurienne que j'ai "en attente (un peu "en plus", il est vraicar je ne suis pas sûre de trouver là ce que je désire). Pourtant, le voir qualifié de "plus célèbre spécialiste français de l'histoire celte" me choque un peu.

La raison en est résumable à la phrase de Markale citée ci-dessus : "Je préfère être considéré comme poète plutôt que comme chercheur".

Et franchement, à cela je n'ai rien à redire.

Quand je cherche un auteur sérieux concernant la mythologie, l'histoire ou d'archéologie celte, je dois dire que Markale n'est pas le premier nom qui me vient. Préjugé? Peut-être... En tous cas, il y a bien d'autres grands spécialistes, eux, sont des personnes dont l'oeuvre n'est pas remise en question pour manque de rigueur.

Ceci dit...

L'oeuvre que j'ai, en ce moment, pour une part en attente d'éditeur, pour une autre part en préparation, n'est pas non plus reluisante de rigueur scientifique. Le fantastique est un domaine où on peut fort agréablement se laisser aller, car tout y est possible.

Si vous avez le courage de parcourir ce blog, ou même d'y revenir, car j'ai en préparation de nombreux articles fort soignés, vous constaterez que je suis capable, pourtant, de rigueur à cet égard et que l'étude de l'univers mythologique et intellectuel celtique m'occuppe beaucoup et fort sérieusement. Ceci, vous le pensez ben, dans le but de créer à partir de cela mes histoires... Mais je commence à envisager très sérieusement la possibilité de rédiger un ouvrage illustré de mythologie celte. Dès lors, et ayant la certitude quasi-absolue qu'on me fera le même genre de repproches, de quel droit me permetrais-je de critiquer la rigueur scientifique de Jean Markale ou de tout autre auteur ?

Repprocher à quelqu'un qui a vacation de raconter des histoires et par là de faire foctionner l'imaginaire, de n'être pas assez solidement ancré dans la réalité est toujours une question de goûts et de point de vue.

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Par contre, devant un article tel que celui que j'ai trouvé lundi en débarquant sur canalblog (cliquez ici) (je pense sutout à la formule finale), si au début, je m'interroge, ensuite, je grince des dents. Je ne sais rien des opinions politiques de Markale, mais il est exact que les écrits relatifs aux mythes celtes se prêtent à des détournements de type racisme ou ésotérisme sombre.

N'ayant pas lu Markale, je ne peux pas donner un avis. Par contre je sais que, concernant ma "Geste", je suis terrifiée à l'idée des interprétations quasiment premier degré et pas très sympas, à mon goût, qu'on pourrait donner aux apparences de mes personnages lunaires, solaires ou ténébreux.

Et là... C'est simple: puique je ne sais pas quoi penser de Markale, ça me donnerait envie de le lire, rien que pour pouvoir juger par moi-même. J'ai horreur qu'on fasse parler, surtout en mal, ceux qui ne sont pas là.

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Une page de Wikipédia rapporte un témoignage d'un ancien élève de Jacques Bertrand / Jean Markale =

« J'ai eu Jean Markale comme professeur de français à Paris au collège privé Massillon dans les années 70. J'ai le souvenir d'un conteur brillant qui fascinait son auditoire, qui fumait en classe en nous encourageant à faire de même (nous n'étions pas loin de 68...) Je ne sais pas s'il parlait Irlandais, celte ou un vague dialecte du Krapouchistan oriental, mais je sais une chose, il nous a appris à tous une chose essentielle en litterature: l'analyse de texte. Grand, maigre et entouré de fumée de gitanes, il nous faisait rêver en nous parlant des mystères de Brocéliande. C'était un vrai professeur, pas un type austère qui suivait le programme à la lettre, un type un peu filou certes (un jour il est arrivé avec un carton rempli de son dernier livre (la tradition celtique) qu'il nous a vendu en nous disant que c'était le livre qui nous servirait de base de travail pour l'année... Mais il nous a éveillé à la litterature à travers sa passion. »

Témoignage qui me conforte dans mon impression que Markale n'était pas un scientifique mais un faiseur d'histoires ce qui n'est pas, de ma part, dévaluant, croyez-le. D'abord parce que la rigueur scientifique est une contrainte à l'imagination fort déprimante, ensuite parce que, comme je le disais, il y a quelques temps, en postant un conte: les contes vivent au fil des conteurs. Quand à l'autre côté de lui, celui que nul ne voyait sinon lui-même, ça, c'est une autre affaire ...

 

 

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